• Une fin en beauté

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    Défaits 3-0 à l’aller sur leur pelouse, les joueurs de l’Apoel Nicosie ont fait leurs adieux à la Ligue des Champions, ce soir, dans l’enceinte de Santiago Bernabeu (2-5). Une sortie digne et pleine de panache saluant une campagne exceptionnelle et historique.

    Madrid, son histoire, son Real, son Bernabeu. Quel plus beau décor que cette cité qui abrite le plus grand club de football du monde, à ce jour. Au milieu de ce folklore, de ce peuple tout de blanc vêtu, au cœur de ce stade gigantesque et merveilleux où résonne le cuir et s’essouffle les cœurs, une petite colonie incrédule et ébahie se présente. Il est difficile pour un club de rêver cadre plus grandiose surtout quand on s’appelle l’Apoel Nicosie et que l’on vient d’écrire la plus belle page de l’histoire du football de son pays.

    Comment un petit club venu de la lointaine île où serait apparue la déesse Aphrodite a-t-il pu atterrir en quart de finale de la Ligue des Champions et défier d’égal à égal le puissant Real Madrid, entité mythique du football ? A force de travail, d’abnégation mais aussi de talents. Car la route menant à la capitale espagnole fut des plus tortueuses.

    De Skënderbeu à la phase de poule

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    En effet, tout a commencé un soir d’été. Venant d’un petit championnat, l’Apoel a débuté sa campagne en juillet à l’occasion de l’obscur 2ème tour préliminaire de la Ligue des Champions face au non moins obscurs albanais du KF Skënderbeu Korçë. L’obstacle est franchi sans encombre. 6-0 scores cumulés des deux rencontres, Nicosie a lancé son aventure européenne sans savoir encore jusqu’où elle va le mener. Au tour suivant (ndlr : où l’année prochaine le troisième de la Ligue 1 aura droit de figurer), les Chypriotes héritent du Slovan Bratislava. Si au match aller, aucune des deux formations ne parvient à inscrire le moindre but, au retour, les hommes d’Ivan Jovanovic parviennent à faire la différence en trouvant par deux fois l’ouverture avec Ailton et Manduca. Frâce à ce succès en terre slovaque, Nicosie se donne le droit de disputer le tour qualificatif pour la phase de poule de la Ligue des Champions. Après avoir échoué l’an passé face aux futurs huitièmes de finaliste, les Danois de Copenhague, cette année, ils tombent sur les polonais du Wisla Cracovie. Défait 1-0 en Pologne à l’aller, l’Apoel retourne la situation à domicile. Devant son public incandescent, la formation chypriote mène assez vite 2-0 avant d’encaisser à 20 minutes du terme un but. Les minutes passent et les phases de groupes semblent s’envoler. C’était sans compter sur Ailton qui dos au but réceptionne le ballon et l’envoie en pivotant dans le but adverse. Le GSP stadium chavire, Nicosie disputera les phases finales de la C1.

    Devant Porto, Donetsk et le Zénith

    Si le tirage au sort ressemble à un cauchemar avec un groupe composé du FC Porto (double champion d’Europe et champion du Portugal), du Shaktior Donetsk (quart de finaliste 2011 et champion d’Ukraine) et du Zénith Saint-Pétersbourg (Champion de Russie), la phase de poule va se transformer en un rêve éveillé. Contre toute attente, le petit poucet de la compétition entame sa compétition par une victoire à domicile face au Zénith (2-1). Le début d’une folle série car s’il enchaine par deux nuls en Ukraine et au Portugal (1-1 à chaque fois), le club de Chypre surclasse Porto lors de la phase retour crucifiant des portugais hagards en toute fin de partie (2-1). En tête de son groupe après ce résultat, l’Apoel ne lâchera plus. Un nul en Russie (0-0) lui octroie sa qualification avant de perdre dans un match sans enjeux face à Donetsk lors de la dernière journée. Plus que la qualification, il finit en tête de son groupe et s’assure d’éviter un « gros » comme Barcelone ou le Real Madrid. Une place lui permettant de rêver à un destin, qui sait plus glorieux.

    Lyon se perd au GSP

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    Pour son premier huitième de finale de son histoire, l’Apoel est opposé à un vieux briscard à ce stade la compétition, l’Olympique Lyonnais. A Gerland, les chypriotes se contentent du minimum syndical et s’arcboutent en défense avec dans l’optique de débarquer sur leur île en position de jouer la qualification. Leur plan fonctionne puisqu’ils n’encaisseront qu’un but, œuvre du jeune attaquant français, Alexandre Lacazette. Une excellente opération au regard de la domination lyonnaise tout au long de la rencontre. Une domination que les septuples Champion de France regretteront de ne pas avoir concrétisée au tableau des scores. En effet, dans l’enfer de Nicosie face à ce public et cette ferveur unique, les Lyonnais vont se montrer tétaniser et vont céder dès la 9ème minute. Suite à un centre venu de la droite, Manduca surgit au second poteau et ramène les deux équipes à égalité sur l’ensemble des deux matches. Plus aucun but ne sera marqué dans une soirée sous tension mais au niveau technique affligeant à ce niveau de la compétition. Faute de pouvoir se départager avant la fin du temps réglementaire, les deux équipes repartirent pour 30 minutes supplémentaires. Insuffisant. C’est donc la fatidique séance des tirs aux buts qui allait décider du sort de cette rencontre. Un exercice dramatique qui sourit aux locaux. Porté par son public, Chiotis stoppa les tentatives de Lacazette et Bastos quand Lloris ne réalisait qu’une parade. Inoubliable. L’improbable s’est produit. L’Apoel Nicosie est en quart de finale en compagnie du gratin européen.

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    La suite on la connaît. Le Real Madrid et son armada débarque sur l’île coupée en deux. La fête est à la hauteur de l’événement mais il y a un monde d’écart entre le plus grand club du monde et le plus grand club de Chypre. Les champions de l’île encaissent trois buts dans le dernier quart d’heure. Une évidente punition quand dans le même temps les partenaires d’Ailton n’effectuèrent pas le moindre tir. Ce soir à Bernabeu pour le match retour, sur une pelouse grasse et humide, l’Apoel a fait son match avec ses moyens et son cœur. Insuffisant pour inquiéter l’équipe de José Mourinho mais suffisant pour tromper l’arrière garde madrilène par deux fois, dont un pénalty (justifié). D’accord la défaite 5-2 (8-2 au cumul) est lourde et sans appel, mais ici peu importe la score. Dans le monumental Santiago Bernabeu, Nicosie a baissé le rideau sur sa saison européenne. Une pièce colorée et improbable achevée dans un théâtre digne des plus grandes tragédies.

    Christopher Buet


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