• Un premier bilan

     

    4 vainqueurs F1 4 GP

    Quatre vainqueurs en quatre courses, rarement début de championnat n'aura été si passionnant et incertain. Avec le retour de la F1 dès demain pour le Grand Prix de Barcelone, tour d'horizons du paddock.

    Red Bull (101 points) : La victoire de Sebastian Vettel à Bahreïn a permis à l’écurie double championne du monde de se rassurer. En retrait lors des premières courses (comprenez sans victoires), l’Allemand avait perdu l’habitude de se battre dans le peloton. Sa monoplace, moins dominatrice qu’en 2011, lui permet tout de même d’être en tête du classement pilote. Mark Webber, de son coté, est l’assurance tout risque du team autrichien. Quatrième lors des quatre premières manches, l’Australien fait pour l’instant un sans-faute. Pas de coup d’éclat mais suffisant pour rester dans la course au titre. Il n’est qu’à cinq points de son coéquipier au championnat. On attend quand même plus de lui. Avec pourquoi pas un premier podium dès dimanche ?

    McLaren (92 points) : Sur les talons de Red Bull à l’orée de cette cinquième manche, le team de Woking démarrait pourtant la saison en étant la seul écurie de pointe sans « nez cassé » sur sa monoplace. Après quatre courses, les hommes de Martin Witchmarch ont décidé de changer de stratégie mais le pari s’est révélé (presque) gagnant. A Montmelo, la MP4-27 aura un nouveau museau, plus bas sans pour autant copier les becs de canards des autres écuries. Et Jenson Button et Lewis Hamilton apparaissent encore une fois comme le duo le plus homogène de la grille. Si Button l’a emporté lors de l’ouverture de la saison à Melbourne, il est pourtant devancé par son équipier au championnat. S’il n’a pas encore signé de victoires, Hamilton découvre cette année la régularité. Troisième en Australie, en Malaisie et en Chine, l’Anglais s’est planté à Sakhir, avec une pauvre huitième place. Sur un tracé catalan où il ne s’est jamais imposé, il voudra se rattraper.

    Lotus (57 points) : La bonne surprise de ce début de championnat. Souvent qualifié de « bien née », l’E20 de Räikkönen et Grosjean est plus que jamais en course pour s’offrir sa première victoire. Deuxième et troisième à Bahreïn, l’écurie anglaise veut continuer à créer la surprise et troubler la hiérarchie. En perdition à Melbourne et Sepang, auteur de deux abandons, Sébastien Grosjean a fait taire ses détracteurs. Son Finlandais de coéquipiers, lui, a raté la victoire de très peu il y a trois semaines. A Enstone, l’objectif est clair : gagner, et le plus rapidement possible. Avec une victoire dimanche, Lotus deviendrait la cinquième écurie à s’imposer en cinq courses cette saison. Il faudrait remonter à 1983 pour retrouver pareil cas de figure. A l’époque, les heureux élus s’appelaient Brabham, McLaren, Renault, Ferrari et Williams. Williams ? Oui, décidément une lointaine époque.

    Ferrari (45 points) : LA déception. Si Ferrari est encore dans le coup au classement, elle le doit à un homme : Fernando Alonso. Le double champion du monde fait avec les moyens du bord, et s’en tirent plutôt bien. Une victoire en Malaisie dans des conditions dantesques en guise de cache-misère et des places dans les points arrachées au talent. La Ferrari F2012 est un tracteur, indigne du rang de la mythique Scuderia. Pour redresser la barre, Stefano Dominicali et ses hommes travaillent d’arrache-pied à Maranello pour rattraper le retard sur la concurrence. Au Mugello, Ferrari est venu avec beaucoup de nouvelles pièces.  A seulement 10 points de Vettel, tous les espoirs sont encore permis pour Alonso au championnat. Mais la rédemption doit débuter dès dimanche, à domicile en Catalogne. Inutile de s’attarder sur Felipe Massa, à la ramasse depuis Melbourne et incapable de suivre le rythme de son coéquipier. Un formulaire pour Pôle Emploi l’attend à la fin de la saison. Ou peut-être même avant.

    Mercedes (37 points) : Avec un premier succès depuis 1955, les Flèches d’Argents ont déjà réussi leur saison 2012. Bien trop inconstante avec ses pneumatiques lors des deux premières manches du championnat, la W03 a réglé ses soucis en Chine et rendu possible la première victoire de la carrière de Nico Rosberg. Rapide et efficace sur un tour, la monoplace a encore quelques soucis à tenir sur la durée du Grand Prix. Michael Schumacher, pour sa part, n’a pas été épargné par la malchance. Problème de transmission en Australie, harponnage pas Grosjean en Malaisie,  avant un nouveau problème de roue en Chine qui l’a contraint à l’abandon, le septuple champion du monde en a vu de toutes les couleurs. A Bahreïn, un DRS défaillant l’a condamné à partir en fond de grille. 10e sous le drapeau à damiers, le retour en Europe devrait permettre à Schumi de marquer enfin de gros points. A 33 longueurs de Rosberg au classement, le temps lui est déjà compté.

    Sauber (31 points) : On rentre maintenant dans le ventre mou du peloton. Là où la bataille est sans doute la plus acharnée. L’écurie suisse est avec Lotus l’une des satisfactions de ce début de championnat. L’extraordinaire deuxième place de Pérez à Sepang a propulsé l’équipe de Peter Sauber sous le feu des projecteurs. Toujours économe avec ses gommes, le Mexicain devrait avoir encore quelques bons coups à jouer sur les tracés européens. Pour Kamui Kobayashi, c’est plus compliqué. Une sixième place en Australie et depuis, plus rien ou presque. Moins entreprenant que l’année passée, le Japonais souffre de la comparaison avec son jeune équipier. Plus agressifs avec les pneus Pirelli que Pérez, il ne parvient pas pour l’instant à rivaliser en performance. Pour l’instant.

    Williams (18 points) : Sur le papier, le tandem Senna-Maldonado ne fait pas rêver. En course, c’est à peine mieux. Mais Bruno Senna prend petit à petit l’ascendant sur son coéquipier et s’affirme comme un bon pilote de milieu de grille. Après ses expériences chez HRT et Lotus, c’était loin d’être gagné. Sa belle sixième place en Malaisie suffit à son bonheur. Pour Pastor Maldonado, c’est l’inconnue. 13e en ouverture en Australie, abandon à Sepang et à Bahreïn, sa seule éclaircie est venue d’une huitième place en Chine. Problème de voiture ou de talent pour le Vénézuélien ? On attendra encore un peu pour juger.

    Force India (17 points) : Si on ne doute pas de la qualité de ces pilotes, force est de constater que l’écurie indienne déçoit pour l’instant. Sa fin de saison en trombe l’année passée augurait de grands espoirs pour Vijay Mallya. Il n’en est rien. Inconstante semble le meilleur terme pour désigner la VJM05. Capable du meilleur avec la sixième place à Bahreïn de Di Resta, comme du pire une semaine avant sur le circuit chinois (12e place pour Di Resta, 15e pour Hülkenberg). Seule certitude : l’Anglais a clairement pris l’ascendant sur son équipier allemand. 15 points sur 17, le score est sévère. Hülkenberg doit se reprendre au risque de voir sa cote de popularité s’effriter rapidement. Il en a les capacités.

    Torro Rosso (6 points) : La petite Scuderia est en apprentissage cette année. Enfin, surtout ses pilotes. Vergne et Ricciardo. Ricciardo et Vergne. Entre les deux jeunes loups, la concurrence est rude. Et c’est le Français qui mène la bataille aux points jusqu’à présent. Le team de Faenza possède peu de moyens pour développer son package. Mais chez Torro Rosso, l’essentiel est de former ses deux pilotes pour prendre la succession de Webber dans le baquet de la Red Bull. Dès la saison prochaine ? Cela semble compliquer mais avec quelques coups d’éclats de l’un ou de l’autre, rien n’est impossible. Une chose est sûre : ils sont à bonne école pour apprendre le métier. Vettel en sait quelque chose.

    Caterham (0 points) : On espérait mieux de l’écurie de Tony Fernandes. Presque à la lutte fin 2011 avec le fond du peloton, l’écurie n’a pas connu le bond en avant espéré de l’apport du moteur Renault et du Kers. Résultat : Kovalainen et Petrov trainent leur peine, bien loin des points. Sans de profond changement sur la monoplace, on voit mal comment cela pourrait changer. Dommage.

    Marrussia et Hispania (0 points). Pas grand choses à dire pour ses deux teams, abonnés aux abandons et aux dernières positions. Carton rouge pour Hispania qui n’a même pas profité des essais au Mugello pour améliorer sa voiture et à préféré terminer le déménagement de ses installations à Madrid. Chez Marussia, Charles Pic commence à se rapprocher de plus en plus du niveau de Timo Glock, en qualification mais aussi en course. Encourageant pour le jeune pilote français.

    Nicolas Sarnak


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