• Caroline Garcia plane depuis le début du printemps
    Grand espoir du tennis féminin français, Caroline Garcia semble avoir trouvé les clés de son jeu et la régularité indispensable au plus haut niveau. Après un quart de finale à Rome, un sauvetage réussi de la France et un premier titre conquis, la Parisienne de 20 ans est en train d’éclore.

    Caroline Garcia

    C’est un geste qu’elle commence à connaître et que l’on ne se lasse plus d’apprécier. Comme après chacune de ses victoires, Caroline Garcia ouvre les bras, les tend de part et d’autre et mime les ailes d’un avion ou d’un oiseau, après tout qu’importe. Un geste comme une signature pour la jeune tricolore qui, du haut de ses 20 ans, commence à planer au-dessus des courts de la WTA. En effet, en ce printemps 2014, la Française a choisi de s’épanouir en remportant son premier trophée sur le circuit professionnel du côté de Bogota. Plus que ce titre, elle s’est mue en sauveuse de la nation et en prétendante aux hautes sphères du jeu en atteignant son premier quart de finale dans un Premier Mandatory (équivalent féminin du Masters 1000, ndlr). «Elle vit un tournant, elle a acquis une confiance qu’elle n’avait pas avant », croit Jean Wallach, proche de Garcia et son père Louis-Paul. Plus qu’un envol, ce signe peut se lire autrement, s’interpréter comme l’éclosion d’une fleur dont les bourgeons promettaient une belle floraison. Une floraison lente et patiente, voulue par une nature généreuse.

    L’impératrice Sharapova a vacillé

    En effet, il faut remonter 3 ans plus tôt pour apercevoir les premiers signes de cette éclosion. Encore inconnue du grand public, la native de Saint-Germain-en-Laye ne pointe même pas dans le top 100 mondial (188ème) quand elle obtient une invitation de la part des dirigeants de la Fédération Française de Tennis pour participer à Roland-Garros. Une chance que joueuse tricolore ne va pas laisser passer. Face à son public et comme en janvier à l’Open d’Australie où elle fut invitée également, Caroline Garcia franchit le 1er tour en écartant la tchèque Zusana Ondraskova, 91ème mondiale (6-3 6-4). Un succès qui lui offre la chance de défier Maria Sharapova…sur le court Philippe Chatrier.

    Caroline Garcia secoue Sharapova

    Ce match, Caroline Garcia ne va pas le subir. Portée par un public parisien acquis à sa cause, ainsi que par la fougue de ses 17 ans, la Française ne se pose aucune question et engage l’échange avec sa prestigieuse adversaire. S’appuyant sur son puissant coup droit et profitant de la fébrilité russe, elle crée la sensation en s’emparant de la première manche. Le rêve va se poursuivre jusqu’à 4-1 en sa faveur dans le second acte, moment choisit par Sharapova pour se ressaisir. « À 4-1, il y a la ola, c'était un super moment, mais ce n'était pas très facile à gérer. J'avais beau prendre mon temps et essayer de respirer, je ne jouais plus pareil et j'ai un peu perdu le fil. Plein de choses me sont passées dans la tête. Je menais, je jouais bien, elle n'était pas trop dedans. Elle a réagi comme une championne. À partir du deuxième set, elle tapait plus fort et elle ne faisait plus d'erreurs ''bêtes'' », reconnaissait à l’époque la timide Garcia. Tendue, la jeune joueuse n’allait plus marquer le moindre jeu (3-6 6-4 6-0). Qu’importe, elle venait de faire vaciller ainsi Maria Sharapova, triple lauréate en Grand Chelem, et de gagner du crédit aux yeux de ses pair(e)s. Ebahi par la prestation de la jeune femme, Andy Murray se hasardait à un peu de divination et prophétisait que Caroline Garcia deviendrait un jour n°1 mondiale. Une prédiction appuyée par Martina Navratilova, 59 titres du Grand Chelem à son palmarès dont 18 en simple. « Sa frappe est assez exceptionnelle et, en plus, très sûre. Sa vitesse de balle est impressionnante. Elle accule ses  adversaires », remarque Alexandre Fusai, responsable du haut niveau féminin à la Fédération française de tennis (FFT).

    Le temps au temps

    Garcia apprend durant 2 ans

    Des propos flatteurs et des encouragements qui vont avoir du mal à trouver un écho par la suite. Passé l’enchantement de ce début de quinzaine parisienne, Caroline Garcia renoue avec l’indifférence du circuit secondaire. Douée d’un coup droit plus qu’intéressant, celle qui officie sous les ordres de son père pratique un jeu résolument offensif. Une gageure pour le public mais un fardeau difficile à porter. Comme toutes les joueuses prônant un style similaire fait de prise de risques, Garcia peine à canaliser ses élans et à faire les bons choix. Rien d’insurmontable toutefois car à 17 ans, le temps joue en sa faveur. Après deux ans de travail et d’échecs, une embellie se dessine dans le ciel tricolore. En avril, Amélie Mauresmo décide de l’appeler en Fed Cup face au Kazakhstan. Une première sélection en Fed Cup où elle va répondre aux attentes, en remportant le point du double aux côtés de l’autre espoir du tennis féminin français Kristina Mladenovic.

    Derrière, Garcia se rappelle aux bons souvenirs de tout le monde en franchissant 3 fois le premier tour en Grand Chelem, à Roland-Garros puis Wimbledon, stoppée à chaque fois par la future vainqueur la n°1 mondiale Serena Williams, et à l’US Open où son aventure est écourtée par Laura Robson, la talentueuse britannique de 20 ans également. Non contente de cette nouvelle régularité, elle couronne son année par un premier trophée…en double avec Yaroslava Shedova à Taïwan.

    Caroline Garcia s'impose à Bogota

    « Elle a trouvé un équilibre »

    Dès lors, les choses vont s’accélérer pour celle qui s’entraîne du côté de Bron dans la banlieue lyonnaise. Si son séjour à Melbourne pour le premier majeur de la saison 2014 n’est pas une réussite avec une défaite presque honteuse face à la qualifiée russe Alla Kudryavtseva (188ème), la suite est plus plaisante. À l’autre bout du globe, à Bogota, Caroline Garcia se distingue en s’imposant avec autorité en finale face à l’ancienne n°1 mondiale Jelena Jankovic pour empocher son premier titre en simple sur le circuit. Un dimanche saint (dimanche 13 avril célébrait le dimanche des Rameaux, début de la semaine sainte dans la religion chrétienne, ndrl) venant conclure un tournoi exemplaire où la Française n’aura perdu qu’un petit set.

    S’appuyant sur la confiance accumulée, Caroline Garcia enchaîne. La semaine suivante, toujours sur le continent américain mais aux Etats-Unis, cette fois, elle est sollicitée par Amélie Mauresmo pour le barrage d’accession au groupe mondial en Fed Cup. Propulsée en simple par sa capitaine, Garcia ne déçoit pas et endosse même le costume de patronne suite à la défaillance d’Alizée Cornet. Sûre de son jeu et de ses capacités, elle réduit à néant l’équipe américaine, certes privée des sœurs Williams, et apporte 3 points à la France, lui permettant de réintégrer l’élite du tennis féminin. «Je n’ai pas de mots pour décrire ce qu’elle a réussi ici. Elle a tout simplement été super. Elle n’a jamais eu peur, elle a pris ses responsabilités », apprécie une Mauresmo admirative. La série victorieuse allait se poursuivre jusque début mai à Madrid.

    La patronne Caroline Garcia en Fed Cup

    Sur la terre battue espagnole, Angélique Kerber (8ème mondiale, abandon, Maria Kirilenko et Sara Errani (11ème mondiale) tombait sous les coups de l’impétueuse tricolore. Il fallait finalement toute la roublardise, l’intelligence et la ténacité d’Agnieska Radwanska pour défaire Garcia en quart de finale. Une défaite au goût amer pour cette dernière qui voulait tout de même retenir le positif et se projeter vers l’avenir. « Je suis déçue mais très fière de mon attitude (…) Je n’obtiens pas la victoire mais beaucoup d’expérience. Cela me conforte dans la façon dont je dois imposer mon jeu et dans la façon dont je travaille depuis quelques mois », assure-t-elle. Une observation partagée par Alexandra Fusai qui note une nette amélioration dans le jeu de la Française. « Caroline n'attaque plus sur toutes les balles comme elle le faisait auparavant. Elle avait tendance à se précipiter. Elle jouait avec fougue, réalisait énormément de choses, mais pas forcément au moment juste. C'était encore décousu. À présent, elle a trouvé un équilibre. Elle varie tout en agressant l'autre, pas avec des balles anodines. Elle travaille le point, temporise quand il le faut », analyse-t-elle.

    Un niveau de jeu et des performances qui lui permettent de pointer à présent au 46ème rang mondial. Une simple étape dans sa quête de grandeur. « Je sais où je dois aller (…) Si les gens peuvent me craindre avant même de commencer, c’est mieux ! », dit-elle. Pas de quoi toutefois lui mettre la pression pour Roland-Garros à la fin du mois. « Elle n’a pas l’objectif de gagner un titre du Grand Chelem maintenant », assure son entraîneur de père. À défaut de titre, elle visera plus certainement une place en deuxième semaine, un objectif beaucoup plus crédible pour la jeune fleur de Saint-Germain-en-Laye qui dans son jardin d’ocre parisien va vouloir continuer à s’épanouir à la lumière de ce doux printemps 2014.

    Christopher Buet


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  • Marion Bartoli
    Après 8 ans d’absence, Marion Bartoli retrouve (enfin) l’équipe de France. Aux côtés des Cornet, Parmentier, Razzano et Mladenovic, elle défiera, le week-end prochain, l’armada allemande lors du premier tour du Groupe Mondial II à Limoges.

    Marion Bartoli a fini par plier. Après une année 2012 marquée par des polémiques notamment quand elle avait réclamé de jouer les Jeux Olympiques en contradictions avec la réglementation olympique (ndlr : il faut avoir un minimum d’une sélection au cours de la dernière olympiade pour prétendre à représenter son pays au tournoi olympique) et presque une décennie d’entêtement, la Française a accepté de faire un gros effort pour retrouver l’équipe de France et être appelée par Amélie Mauresmo. Car depuis 8 ans et sa dernière convocation lors de la finale perdue de 2004 (face à la Russie), la n°1 tricolore avait choisi de s’enfermer dans un système ultra individualisé, basé autour d’une relation fusionnelle avec son père et entraîneur Walter. En effet cette dernière refusait strictement de se rendre en équipe de France si son père ne l’accompagnait pas. Hors n°1 française ou pas, les règles en Fed Cup en France sont claires, les entraîneurs ne sont pas autorisés à interférer durant la compétition et doivent s’effacer derrière le Capitaine. Faute de consensus, Marion choisit la famille et donc sa carrière individuelle.

    L’entrevue australienne

    Mauresmo-n-a-pas-convaincu-Bartoli

    Le déclic est intervenu, en janvier dernier, à l’Open d’Australie. Au soir de son élimination au 3ème tour par Ekaterina Makarova, elle convoque Amélie Mauresmo pour un entretien et lui a fait part de son « envie de faire un gros pas vers cette équipe de France, en me disant qu'elle était prête à s'intégrer dans notre dispositif. » indique la nouvelle capitaine de Fed Cup. Touchée, la lauréate de Wimbledon 2006 envisage son retour avec l’accord des autres joueuses françaises. « Avant de prendre cette décision, j'ai évidemment discuté avec toutes les filles de l'équipe et la réaction a été très positive. Toutes sont évidemment conscientes que Marion peut être un atout extraordinaire. » explique-t-elle. La co-directrice du tournoi Paris GDF-SUEZ a également indiqué que la n°1 mondiale s’est pliée strictement aux règles de vie de l’équipe. « Il n'y a eu aucune concession de mon côté (…) Son papa ne sera pas là pendant toute la semaine de préparation. » précise Mauresmo.

    Un retour qui va donc faire du bien à une équipe de France appelée à défier l’Allemagne de Kerber ou Georges au premier tour du Groupe Mondial II. Un groupe que la France avait rejoint en son absence en 2011 et qu’elle espère quitter avec son retour.

    Christopher Buet


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  • Clijsters

    Pour commencer cette année 2013, je voulais vous faire cadeau de ce portrait d'une joueuse qui m'a profondément marqué et ému depuis que je suis le sport. Parce que Kim Clijsters m'a enchanté, voici donc son portrait.

    Roland Garros a son Rafael Nadal, Wimbledon, son Roger Federer, New-York a sa Kim Clijsters. Entre la Flamande et le Majeur américain, c'est plus qu'une histoire de tennis, c'est une histoire de coeur.

    « Je suis trop vielle physiquement pour jouer le jeu auquel je veux jouer. J'ai mis mon corps à rude épreuve. Ce style de vie, j'essaye de le maintenir pour le moment, le style de vie que j'ai eu lors des quinze, vingt dernières années. Je pense que pour moi, la chose la plus importante est que j'ai toujours suivi mon cœur. Il y a tellement plus important dans la vie que le tennis. » avoue aujourd'hui lucide Kimi.

    Mais avant de raccrocher, elle a une histoire à terminer, la sienne. Car la Reine de New-York, c'est  elle. A 29 ans, Kim Clijsters est assurément la plus américaine des Belges. Entre elle et Flushing Meadows, c'est une love story semblable dans une moindre mesure à l'idylle qu'entretient Roger Federer avec Wimbledon.

    Joueuse douée au talent précoce, Kim Clijsters n’a que 18 ans quand elle atteint sa première finale de Grand Chelem à Roland Garros. Après 2h21 de jeu, elle doit s’incliner face à l’une des références de l’époque, l’Américaine Jennifer Capriati. Le talent ne fait pas tout. Friable mentalement, la Flamande sera longtemps une joueuse douée mais pas titrée en Grand Chelem, la faute également à une Justine Hénin implacable qui lui barre la route. C'est à New-York, qu'elle trouve finalement sa scène. En 2005, Clijsters y remporte son premier titre majeur avec l'US Open. Depuis lors, elle n'y a plus perdu.

    Une histoire contrariée

    Kimi

    Mais Kim Clijsters n'est pas une joueuse de tennis comme les autres. Très spectaculaire notamment en défense où elle fait du grand écart un art, la Belge est souvent trahie par un physique qui va écrire sa carrière en pointillées. Lasse des blessures à répétition (forfait pour l'édition 2006 de l'US Open) et désireuse d’avoir un enfant avec son compagnon, le basketteur américain Bryan Lynch, la joueuse de 24 ans met un terme à sa carrière.

    Après un mariage en juillet 2007, elle donne naissance à Jada, l’année suivante. On la croit comblée. Mais très vite, un vide se fait sentir. Le tennis lui manque. Et si elle se défend d’un retour arguant son retour à l’entrainement par la volonté de digérer sa grossesse, son acharnement fini de convaincre la planète tennis. L’été 2009 marque son retour aux affaires. Comme un symbole c'est sur le dur américain qu'elle reprend. Non classée, maman Clijsters est invitée sur la tournée américaine, elle fait main basse sur son second US Open (troisième tournoi depuis son retour), devant un public aussi médusé que conquis par ce come-back, aux allures de série américaine, marquée par le sourire de sa petite Jada sur court après la finale. « Je ne m'attendais évidemment pas à revenir après avoir eu Jada, je ne m'attendais pas à ce que les choses aillent aussi bien et aussi vite. » concède-t-elle.

    « C'est le dernier tournoi »

    La Flamande a trouvé un nouvel équilibre entre tennis et vie de famille qui la porte. « J’aime être à la maison. Cela me prépare mentalement à vivre pleinement pour le tennis une fois que je suis en tournoi. J’ai besoin de cet équilibre, car lorsque je suis sur le circuit, je ne peux pas être la maman que je voudrais être pour ma fille... ».L'année suivante en 2010, elle fait à nouveau régner sa loi sur le ciment new-yorkais. On la croyait définitivement revenue et prête à se poser en reine omnipotente mais les blessures la rattrape et comme 5 ans avant, elle déclare forfait avant l'édition 2011. Le temps passe et Kim Clijsters sent que son heure est venue. Revenue par manque, la championne du plat pays  a décidé de remiser les raquettes à la cave à l'issue de la saison 2012. Aussi, ces internationaux des États-Unis auront une saveur particulière. 

    Kim Clijsters

    Ils marqueront son ultime sortie. « Je sais que c'est la dernière fois. Je suis consciente que je vais arrêter. C'est planifié, c'est encore différent d'autres athlètes qui doivent arrêter pour blessure par exemple. Je vais essayer de profiter pleinement de mon tournoi. Bien sûr que je suis motivée, peut-être même encore plus parce que je sais que c'est le dernier tournoi. » apprécie la championne avant d'ajouter. « Ces trois, quatre dernières années furent une incroyable aventure. Je me sens comme si j'étais capable de clôturer le chapitre de mes années de tennis sur une bonne note. »

    Invaincue depuis 7 sept ans à Flushing Meadows, Kim Clijsters (41 titres WTA) a fait ses adieux au tennis et au vibrant public américain, en septembre dernier battue pas la prometteuse gauchère britannique de 18 ans, Laura Robson (7-6 7-6). Comme un passage de témoin. Sur cette terre qui l'a consacrée Reine, la Belge aura toujours son trône, celui d'une reine de cœur dont l’éternel sourire manque déjà au tennis mondial.

    Christopher Buet


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  • 11+11+19+a+Sara+Errani
     
    Enjouée et passionnante, Sara Errani (25 ans) vit sa vie comme elle l’entend. Entre satisfaction et ambition, elle se raconte un peu. Extrait d’une interview réalisée par rolandgarros.fr.

    Votre père était marchand de fruits et légumes, pourtant c’est lui qui vous a initié au tennis. C’est un peu improbable, non ?

    Pour vous oui, pas pour moi. Car il est fan de tennis et l’a toujours été. Il a commencé avec mon frère Davide, et quand je l’ai vu s’amuser, ça m’a donné envie. J’ai commencé à cinq ans et j’ai tout de suite aimé. En outre, mon père était courtier pour des supermarchés, pas vendeur (sourire). 

    Quand avez-vous réalisé que vous pourriez devenir professionnelle ?
    À 12 ans. La fédération italienne avait organisé un tournoi avec les meilleures joueuses de ma catégorie d'âge. Nous étions 64 et je suis allée en finale. Là, j’ai pris conscience que, peut-être, je pouvais faire une carrière. Dans la foulée, je suis partie un an à l’Académie Bollettieri, puis j’ai commencé à voyager pour disputer des tournois. 

    Qu'auriez-vous fait si vous n’aviez pas été joueuse de tennis ?
    J’aurais été professionnelle en basket ou en football. J’ai joué trois ans au basket en club, et un an au foot. Ce sont mes deux sports préférés avec le tennis, donc si ça n’avait pas été l’un, ç'aurait été l’autre (rires)

    Vous avez passé quatre saisons de suite dans le top 50, mais en ne gagnant, avant cette année, que deux tournois, dont le dernier en 2008. Avez-vous inventé le concept de régularité frustrante ?
    Pas du tout (rires) ! Je n’ai jamais été frustrée. Même quand, après 2008, je n’ai rien gagné (elle a depuis, cette année, remporté trois titres sur terre, ndlr), j’ai réalisé de belles saisons, avec des demi-finales et quelques finales. J’ai toujours senti que je progressais, et mon approche c’est de prendre les choses comme elles viennent. Là, en ce moment, je joue vraiment bien, je me sens à l’aise dans mon tennis. C’est encore plus important que les résultats, même si c’est un grand bonheur d’être en finale.

    Vous aimez les sports collectifs, est-ce pour ça que vous avez du succès en double (8e mondiale de la spécialité) ?
    C’est surtout parce que je joue avec Roberta Vinci, ma meilleure amie (ndlr : elle disputera la finale du double par ailleurs). Elle est plus vieille que moi et a beaucoup d’expérience, donc en plus cela m’aide à progresser et être une meilleure joueuse en simple. J’adore le double, je m’amuse et comme ça marche bien, automatiquement ça donne envie de continuer. 

    Votre tournoi préféré est Acapulco. Est-ce parce qu’il se déroule sur terre battue, votre surface favorite, ou pour sa soirée des joueurs sur la plage ?
    (rires) Parce que je l’ai gagné, surtout ! C’est un super tournoi, et c’est vrai que le cadre extra-tennistique est fantastique, avec la plage et les paysages. Quand tu n’es pas sur le court, tu es contente d’être là. Et puis il y fait chaud et c’est un climat que j’aime bien, pour jouer ou non. 

    Qui étaient vos idoles lorsque vous étiez adolescente ?
    Michael Jordan et Andre Agassi. 

    Le premier privilège dont vous aimeriez disposer maintenant que vous êtes plus connue ?
    Aucun, j’aime ma vie comme elle est et j’ai envie de garder les gens bien qu’il y a autour de moi. 

    Vous ne quitteriez même pas Massa Lombarda, votre petite ville de 8000 habitants près de Bologne ?
    Non (rires) !


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  • f_06-07-ErraniSara30

    Dans des styles radicalement différents, Maria Sharapova et Sara Errani se sont qualifiées pour la finale dame de Roland Garros aux dépends de Petra Kvitova et Samantha Stosur. Une histoire de première entre les deux jeunes femmes puisque l'Italienne disputera sa première finale en Grand Chelem quand la Russe cherchera à remporter son premier Roland Garros, le dernier manquant à son palmarès.

    A chaque jour son histoire, à chaque jour ses émotions. En cette journée dédiée à la femme (le court n°1 avait été spécialement affublé d'une saillante terre battue rose), le tournoi parisien a réservé de nouvelles émotions à ces spectateurs. De belles émotions pures et sincères de femmes différentes mais liées par un destin finalement commun. L'une est la surprise du tournoi, une illustre inconnue du grand public mais une joueuse de tennis remarquable, l'autre est la "diva" du circuit WTA, une star planétaire rêvant du trône du tennis féminin. Entre Sara Errani et Maria Sharapova, c'est donc tout un monde qui se pose et pourtant aujourd'hui, il n'y avait qu'un pas entre elle.

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    Première à entrée en piste, Sara Errani confirma les belles impressions qu'elle avait laissé à tous les observateurs et spectateurs du tournoi. Proposant un tennis chatoyant, tout en variété à l'image de son aîné Francesca Schiavone mais avec moins de puissance, la jeune femme de 25 ans a imposé son jeu en patronne sur le court. Guère perturbée par le report d'une heure de la demi-finale, Errani mis simplement deux jeux pour entrer dans son match et mettre en place son tennis. Porté par un jeu de jambe efficace et une combativité de tous les instants, l'Italienne parvenait à contrer la puissance adverse et à orienter le jeu sur le revers de Stosur. Loin de s'écrouler face au service kické de l'Australienne, c'est elle qui faisait la différence à 5-5. Variant le jeu, elle poussait son adversaire à la faute comme elle le fit avec Kerber au tour précédent. Après avoir pris le service de Stosur, elle concluait la manche avec autorité (7-5). Le rêve continuait.

    Mais Samantha Stosur n'eest pas une débutante. Aussi, la vainqueur du dernier US Open qui fut également finaliste ici en 2010, se rebiffa dès l'entame de la seconde manche. Harcelant, la 24ème mondiale, elle se mit à lâcher ses coups. Assomée par la première balle de service retrouvée de Stosur et saoulé de coups, Errani vit les jeux défilés comme les nuages dans le ciel. 6-1, l'Australienne venait de revenir dans le match. Pas pour longtemps néanmoins. Retrouvant ses jambes et son punch, la Bolognaise se détachait rapidement dans l'ultime set pour mener 3-0. Pour l'honneur, la 6ème mondiale allait recoller avant de céder sous le poids des fautes directes (48 au total). Hermétique à la pression (un comble pour celle qui tirailler par la pression ne peut s'empêcher d'aller aux toilettes à maintes reprises avant ses matches), c'est Errani qui venait chercher sa victoire après 2h01 de jeu. A 25 ans, elle venait de s'offrir sur cet ultime coup droit gagnant (le 22ème de sa partie) et pouvait s'effondrer sur le court. Deux ans après Schiavone, Errani représentera l'Italie en finale d'un Grand Chelem.

    Sharapova en patronne

    Et samedi, c'est une valeur sûre du circuit qu'elle retrouvera face à elle en la personne de Maria Sharapova. Entre les gouttes et sous un ciel tantôt menaçant tantôt ensoleillé, la Russe n'a pas laissé la moindre chance à une Petra Kvitova, bien trop maladroite pour prétendre à mieux. Visiblement pas en rythme, la lauréate du Masters ne saisissait pas ses occasions en début de match sur les deux premiers jeux de service adverse et concédait finalement son engagement sur une faute grossière en coup droit, résumé de la rencontre disputée par la Tchèque. Loin de son niveau de l'an passé où elle avait notamment écrasé Sharapova en finale de Wimbledon, Kvitova concédait la première manche 6-3.

    Plus tranchante, plus sereine, plus précise et certainement plus préparée, Sharapova ne baissait pas de pied dans le 

    f_06-07-Sharapova-Maria10

    second acte et enfonçait même le clou, dictant son rythme à l'échange. Dans le vent, elle s'emparait à nouveau de l'engagement de la Tchèque pour se détacher à 3-1 en sa faveur. Refaisant son retard, la numéro 4 mondiale cédait à nouveau sous la pression et l'intensité de la Russe. Lâchant son service à 3-4, elle offrait à Sharapova l'occasion de conclure. Une occasion que la numéro 2 mondiale saisissait sans se faire prier en expédiant un ace magistrale sur seconde balle au T (6-3). Maria Sharapova pouvait lever les bras au ciel. Avec cette victoire, elle s'offrait sa première finale à Paris, pas si mal pour une joueuse qui se comparait à "une vache sur de la glace" en évoquant sa relation à la terre battue. Une finale synonyme de première place mondiale. En effet grâce à son beau parcours et à la défaite prématurée de Victoria Azarenka, elle retrouve un trône qu'elle avait occupé en août 2005. Mais l'esprit de la russe est déjà tourné vers samedi où elle tentera de remporter son premier titre du Grand Chelem depuis 2008 et surtout son premier Roland Garros, seul titre Majeur manquant à son illustre palmarès.

    Une journée pleine d'émotion donc comme le tennis nous en offre si souvent. Samedi, ce sont deux joueuses radicalement différentes qui se feront face. La petite nouvelle face à la nouvelle patronne. Dans un tableau féminin follement réjoussiant, la finale de samedi sera une opposition des genre quand l'intelligence de jeu rencontre la puissance. Mais qu'importe, à Paris, la terre est une terre ocre de joie, pour le plus grand bonheurs des filles.

    Christopher Buet


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