• CASTRES_BRENNUS

    Après le football, c’est au tour du rugby français de faire sa rentrée. Ce soir, le Top 14 reprend. Avec le champion d’Europe Toulon, le champion sortant Castres mais aussi Clermont et Toulouse, cette saison s’annonce riche.

    Quelques mois après avoir fermé ces portes sur l’inattendue victoire du Castres Olympique en finale face au champion d’Europe toulonnais, le Top 14 bat le rappel pour cette nouvelle saison. Entre un Toulouse avide de titres et en quête au minimum d’une 21e participation consécutive aux demi-finales, un Clermont revanchard après sa défaite en finale européenne, en passant par un Racing Métro armé jusqu’aux dents, sans oublier un Toulon plus imposant que jamais, un Montpellier toujours solide sous la houlette de Fabien Galthié, mais aussi Biarritz, Perpignan et les autres, le spectacle ne devrait pas manquer dans un exercice qui s’annonce des plus disputés.

    Jonny-WilkinsonLa dernière de Jonny Wilkinson ?

    Le 31 mai prochain, le Top 14 pourrait bien se sentir orphelin. Comme peu de joueur avant lui, Jonny Wilkinson a marqué de son empreinte le championnat de France. Par sa rigueur, son sens du sacrifice et du collectif, par son talent exceptionnel, par la précision de son pied et sa lecture du jeu, l’ouvreur anglais de Toulon s’est imposé comme un personnage à part dans le paysage du rugby hexagonal. Arrivé en 2009 sur la Rade, le bourreau du XV de France en Coupe du Monde et dans le Tournoi des VI Nations a été adopté par le bouillonnant public de Mayol.

    Toujours aussi déterminant dans les gros matches (il a marqué la totalité des points de Toulon en quart de finale et en demi-finale de la H Cup l’an passé, ndlr), « Wilko » est en fin de contrat. « Je joue chaque match comme si c’était le dernier match de ma carrière. Et c’est peut-être encore plus vrai cette année », explique l’ouvreur de 34 ans dans L’Equipe. Ce dernier s’octroie toutefois une porte de sortie, concluant sur la notion que « rien n’est jamais sûr » en rugby. Cette saison, plus que les autres, il va falloir profiter des inspirations cliniques du légendaire buteur du Surrey.

    Oyonnax, plus petite ville du championnat

    Dans un rugby français de plus en plus professionnel et clivant, Oyonnax fait figure d’exception. Là où Toulon et Boudjellal voit Oyonnaxtout en grand, Oyonnax se contente du petit. Plus petit budget de l’élite (9,2 millions d’euros), le champion de Pro D2 l’an passé sera également la plus petite ville représentée (23 000 habitant. « Nous sommes une anomalie », s’amuse Christophe Urios, le manageur de l'Union sportive Oyonnax (USO). Ne pouvant pas s’appuyer sur un effectif pléthorique, le club entend miser sur sa solidarité et ses valeurs. « Plus qu'ailleurs, je crois, notre équipe dégage de l'émotion. Elle est simple, les mecs sont disponibles, humbles. Il y a une vraie harmonie. Deux choses vont nous sauver: l'envie d'y aller et rester unis », abonde Urios.

    Pour aborder cette saison, les dirigeants d’Oyonnax ont misé sur la continuité avec quelques petits ajouts comme le troisième ligne tongien Viliami Ma’afu et le trois-quarts centre Boussès en provenance d’Auckland et du Racing Metro.

    Attention au Racing

    Jonathan SextonSi Toulon et Clermont font, à nouveau, figure de grands favoris pour le Bouclier de Brennus, ils devront se méfier du Racing Métro. Le club parisien souhaite changer de dimension et s’en est donné les moyens. Exit Gonzalo Quesada et bienvenue à Laurent Labit et Laurent Travers. Une paire d’entraîneurs qui a fait ses preuves l’an passé en menant Castres au titre national, faisant mentir Pierre Berbizier qui les avait traités dans L’Equipe de simples « champion du Tarn ».

    Outre le banc, les dirigeants des Ciel et blanc ont également investi pour renforcer leur effectif. Résultat, toute l’animation offensive a été modifié ou presque. Si Benjamin Fall, Maxime Machenaud et Fabrice Estebanez ont survécu, ce n’est pas le cas des autres. Ses trois ont vu débarquer le successeur de Ronan O’Gara au sein du XV du Trèfle, Jonathan Sexton, les internationaux tricolores Marc Andreu et Vincent Planté aux ailes et l’international gallois Jamie Roberts au centre. Rajoutez l’autre Gallois Dan Lydiate et le Sud africain Juandré Kruger et, le Racing obtient une équipe taillé pour jouer le Championnat. « Je ne suis pas là depuis longtemps mais je sens déjà le potentiel de cette équipe. Le Racing peut remporter le Bouclier », déclare Lydiate.

    Un niveau en constante hausse

    Comme chaque année, Toulon s’est encore renforcé. Soucieux de prolonger le rêve et d’asseoir la domination des siens, Mourad Boudjellal s’est offert les services de Bryan Habana sur l’aile droite. A gauche, une nouvelle tête également avec l’ailier australien drew Mitchell. Autres recrues de poids, l’expérimenté Michael Claassens et surtout le champion du monde néo-zélandais Ali Williams qui formera une paire dévastatrice avec Bakkies Botha.

    Derrière Toulon, Clermont a misé sur l’effectif de la saison passée avec seulement trois arrivées. La continuité est de mise pour la dernière saison de Vern Cotter en Auvergne. Idem à Toulouse avec simplement 5 achats.  Peu de mouvement aussi àMourad-Boudjellal-profession-provocateur Castres. Avec Nicolas Mas en tête de proue de son recrutement, Montpellier a opéré plusieurs ajustements afin de retrouver la finale.  Avec le recrutement flamboyant du Racing, le niveau global du Top 14 va encore s’élever.

    Les bons mots de Boudjellal

    Jamais avare d’une bonne phrase, Mourad Boudjellal devrait encore faire le show cette saison dans l’Hexagone. L’an passé, sa passe d’arme avec Clermont avait animé l’avant finale de Coupe d’Europe. Le dirigeant toulonnais avait critiqué les moyens clermontois et le sponsoring de Michelin. Ce à quoi, les supporters des jaunards avaient organisé une collecte de fond pour Boudjellal. Que nous réserve-t-il pour cette saison 2013-2014 ?

    Christopher Buet


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    Demain, tous les clubs de TOP 2+12 Orange seront sur le pré. Et on va pas le cacher, cette dernière journée de championnat ne sera pas des plus palpitantes. Clermont et Toulouse sont assurés de terminer devant et de participer aux demi-finales. Toulon et Castres sont eux, surs de recevoir pour les barrages. Montpellier et le Racing Métro 92 sont surs à 90% de faire un voyage chez les deux sus-nommés précédemment. Enfin Lyon est déjà en Pro D2 et Brive y a un pied et quatre orteils. Mais comme on est sympa. On vous décortique chaque match : enjeux, tactiques, vacances. C'est parti pour le toutim.

    Clermont - Brive :

    Le duel. Le choc du Centre. Au-delà, rien de plus. Clermont est deuxième et tentera, pourquoi pas de récupérer la première place du championnat, pour le kiffe. De son côté, Brive, actuel premier relégable est en passe de retrouver l'antichambre de l'élite. Ce club haut en couleurs et qui a connu comme président notre maître à tous : Patrick Sébastien ! "Ah Ah ! C'est pas génial" qu'il dirait Patoch à la vue du classement. Si la LNR nous pousse à croire au maintien. Il semble difficile à imaginer que Brive vienne gagner avec le bonus offensif à Michelin. Mais bon, comme la Corrèze est on fire en ce moment ... Note du match attendu : 3/10. Mention : Aucun suspens.

    Biarritz - Stade Français :

    Au milieu des années 2000, on aurait pu voir cette affiche en finale du championnat. A elles deux, ces formations ont remportées 18 fois le titre hexagonal. Mais le TOP 2+12 a bien changé ces dernières années. Aujourd'hui, Biarritz se sauve à deux journées de la fin et Paris a lutté jusqu'au bout pour accrocher les barrages. Que nenni, c'est l'honni racingmen qui devrait, selon toute vraisemblance, prendre le dernier billet pour les barricades. Mais au moins, cette rencontre pourra fêter dignement ses papys : Marconnet (Biarritz), Roncero et Milloud (Stade Français), joueront leur dernière rencontre pro. Note du match attendu : 6/10. Mention : Quoi qu'il arrive, y'a Damien Traille.

    Agen - Racing Métro 92 :

    Là, on pourrait s'amuser. Chez l'opérateur TOP 2+12 Orange, ces deux équipes ont pris le forfait "Pas de calcul". Au final : des attaques de folies et des défenses de minis. Pas ou peu d'enjeu (une fois encore) sur cette pelouse d'Armandie. Agen est sauvé et le Racing ne devrait pas être inquiété par le Stade Français. On s'attend donc à un bon petit match, et beaucoup de points marqués, en tout cas, ça devrait envoyer ! Note du match attendu : 6/10. Mention : On joue !

    Toulouse - Montpellier :

    Remember la dernière finale. Toulouse premier, Montpellier quatrième, ce match pourrait faire saliver n'importe quel amateur de ballon ovale ce week-end. Cependant, Toulouse assuré de faire les demies à domicile et Montpellier, certain de terminer parmis les barragistes ne devraient pas jouer à fond cette partie. Calcul, calcul, quand tu nous tiens... Mais ne doutons pas de la volonté des Montpelliérains de battre les leaders du championnat, au moins pour leur faire comprendre qu'ils seront bien là, jusqu'au bout. Pour l'anecdote, c'est la troisième année consécutive que Toulouse et Montpellier s'affrontent lors de la dernière journée. Note du match attendu : 4/10. Mention : Personne doit se blesser.

    Bordeaux - Perpignan : 

    Si dans les autres rencontres on pouvait chercher un leitmotiv à travers un enjeu minime. Cet UBB - USAP n'aura pour enjeu que la huitième place. En gros, ce match ne sert pas à grand chose. Dommage car si l'USAP n'avait pas été maintenu officiellement, il aurait été chouette de tester les nerfs de Marc Delpoux, actuel coach bordelais et futur boss de l'effectif catalan. Au lieu de ça, nous assisterons surement à une large revue de banc, Perpignan ayant annoncé que de très nombreux jeunes devraient débuter cette rencontre. Note du match attendu : 5/10. Mention : Samedi, c'est fini.

    Lyon - Toulon : 

    Jeanne Mas (aucun lien de parenté avec Nicolas, joueur de l'USAP), aurait pu chanter "En rouge et noir, j'écrirais ma peur ...", bref. Ce Lyon a les crocs et Toulon, a la peau. Attention, car si les Lyonnais sont surs de descendre, le RCT pourrait se voir, se faire chiper sur le fil, sa place de troisième en championnat, voire la quatrième même. Et ce ne serait plus la même histoire. Jouer un barrage à l'extérieur n'est pas chose simple. Sur le terrain, on pourrait assister à un match sympa, du jeu est à prévoir. Note du match attendu : 5/10. Mention : Quoi qu'il arrive, y'a Wilko.

    Castres - Bayonne :

    Feu de paille, sans la paille. Ce match aurait du être décisif pour l'une des deux équipes. Mais Bayonne, a complètement raté sa saison. Malgré de nombreuses arrivées, la mayonnaise n'a jamais pris. De son côté, Castres s'appuie sur une formule chiante, mais qui marche : Romain Teulet. Le robot a franchi la barre des 3000 points avec son club, soit le record mondial. Chapeau bas, à ce joueur d'un mètre 63. Bayonne lui, aura ramé toute l'année. On devrait assiter au match le plus ennuyant de cette 26ème journée. Note du match attendu : 2/10. Mention : Castres CO, Bayonne pas KO.

    Mickaël MARTIN-HAIM.


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  • L'an prochain il y aura du spectacle au Stade des Alpes, enfin, au moins pendant quatre matches. Oui, car cette saison, un club grenoblois a réussi à faire quelque chose de bien dans le domaine sportif. Vous n'y croyez pas ? Récit. 

    L'an passé, on les avait quittés tristes, sur leur terrain de Lesdiguières. Battus en demi-finale d'accession au TOP 14 Orange par l'Union Bordeaux Bègles, les joueurs du FCGR ont cette saison, rétabli l'ordre. Au menu, une balade de santé, du moins pour eux, car leurs adversaires ont pris vraiment très chers cette saison. Les statistiques parlent d'elles-mêmes : cent points en vingt-sept journées, seulement cinq petites défaites et quatorze points de bonus engrangés, c'est ce qu'on appelle une razzia.

    Au coeur de cette remontée dans l'élite, un homme. Fabrice Landreau. Arrivé à la tête du club en 2010, il reprend vite ses marques dans le club qui l'a fait débuter et avec lequel il a joué entre 92 et 97. Dès sa première saison en Pro D2, et après une solide expérience en tant qu'entraineur des avants du Stade Français, il montre tous ses talents de meneurs d'hommes. Première saison, il rate de peu les phases finales, puis 2010-2011, élimination cruelle en demi-finale d'accession. Mais cette année, vient l'apogée.

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    S'il définit son rôle à Grenoble comme celui de "la présentatrice de M6 qui met la déco" (Valérie Damidot dans l'émission D&CO, ndlr), surement pour leurs physiques comparables, il est plus judicieux de renommer l'émission : "destruction", tant la démonstration de forces des Grenoblois s'est faite tout au long de la saison.

    L'an prochain, le club aura pour but principal de se maintenir en TOP 14 Orange. Une étape importante dans la construction du club, qui passera par un été où il faudra bien travailler sur le plan du recrutement. Car même s'ils ont survolés l'antichambre cette saison, la Pro D2, n'est pas l'élite. La Rochelle il y a deux ans, Lyon cette année avaient dominés l'antichambre avant de s'écrouler en TOP 14 Orange. Sept ans après son dernier round avec les meilleurs clubs français, Grenoble fait son retour. Et pour bien se faire, les Grenoblois ont déjà annoncés qu'ils joueront quatre rencontres au Stade des Alpes, l'actuelle antre des -mauvais- footeux. Sont déjà attendus, les Toulousains, les Toulonnais, les Clermontois puis des Parisiens ... ceux du Racing Métro 92, ou ceux du Stade Français Paris, la question se pose encore. Mais nul doute que ces opérations "grands stades", seront un succès.

    Alors, les hommes de Fabrice Landreau seront-ils capables de rester parmi l'élite ... la question peut déjà se poser. La réponse, sera sans cadrage-débordement.

    Mickaël MARTIN-HAIM.


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  • Qui a dit que le rugby était un sport réservé uniquement aux hommes ? Pour vous, nous sommes allés à la rencontre de la section féminine du Stade Français Paris. Dans l'ombre du club professionnel masculin, Virginie, Camille, Charlie et consorts, tentent depuis septembre dernier de faire parler d'elles. Reportage.

    20 heures, mardi 10 avril 2012, pelouse d'entrainement du Haras Lupin Vaucresson. C'est dans la pénombre et sous les projecteurs d'un stade champêtre de banlieue, que deux fois par semaine les joueuses du Stade Français viennent s'entrainer. Sous la houlette de leurs trois coaches, elles travaillent, deux heures durant, exercices de mêlée pour les unes, formations d'attaque pour les autres, rien n'est laissé au hasard.

     

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    Créée en septembre 2011, la section "rose" parisienne évolue en Fédérale 3, l'équivalent de la cinquième division. Au coeur d'un projet sportif bien rôdé, l'entente est parfaite entre les filles : "On parle beaucoup des valeurs du rugby, certains pensent que ce ne sont que des bétises, mais avec les joueuses c'est vraiment ça. On s'aide, on se soutient, on veut toutes aller dans le même sens", avoue Virginie Duport, qui alterne entre ses trois casquettes de joueuse, capitaine et manager de l'équipe.

    Après six mois de compétition, et deux phases de poules jouées, l'heure est au premier bilan pour François Jover, l'entraineur des lignes arrières : "C'est ma première saison à coacher une équipe de filles, et je remarque qu'il n'y a pas beaucoup de différences. Elles se donnent à fond, voire même plus que les hommes. Elles ont vraiment envie de prouver". Prouver, le mot est lâché. Car le Stade Français Paris n'est plus qu'un simple club du championnat de France masculin, le rose ne se juxtapose plus qu'à la simple musculature des athlètes hommes, il se dessine aussi sur les formes longilignes des Pink Rockets. Mais pour ces dernières, porter les couleurs d'un club professionnel treize fois champion de France, confère autant de fierté que d'appréhension : "La première fois qu'on a enfilé le maillot en match, on s'étaient toutes mises une vraie pression. On savait que ce n'est pas un club comme les autres, les filles en face nous attendaient toutes au tournant. Elles avaient cette volonté de battre Paris, et pour nous, jeune équipe, c'était compliqué...", raconte Amesh Mahé, arrière et buteuse de l'équipe.

    En décembre et après des débuts compliqués en championnat (six défaites en six matches, et seulement cinq points marqués), l'heure était à la réflexion. Comment cette formation pouvait faire trouver au SF, ses lettres de noblesse : "On avait honte, c'était dur ! Il faut savoir que le site officiel du club ne voulait pas parler de nous tant que l'on n'avait pas gagné un match... Alors dès qu'on a remportée notre première victoire, ça a été beaucoup mieux dans nos têtes et on a pu enchainer", explique Georges Coudane, alias "Jo la bonne humeur". Et enchainer, elles l'ont fait avec brio. En phase retour les Pink Rockets n'ont connu qu'une seule fois la défaite en six rencontres. Un parcours historique pour une nouvelle formation en Fédérale. Plus réservées sur les objectifs en début de saison, et aujourd'hui qualifiées pour les play-offs du championnat, les Pinks Rockets ne se fixent plus de limites : "La Fédérale 2 ? Oui, non, je sais pas ... n'essayez pas de me faire dire ce que je n'ai pas dit ! On verra quand ça viendra ..." admet avec sourire Virginie. Step by step, voilà la philosophie d'un groupe qui saura grimper très haut.

     

    Mickaël MARTIN-HAIM


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