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    C’est quoi ? La voile olympique est un sport réunissant différents types d’embarcations qui ont évolué au gré du temps et des technologies. Ainsi en 2012, pas moins de 8 bâtiments vogueront et s’affronteront de l’autre côté de la Manche. Parmi eux, on retrouve (du plus petit au plus grand) : la planche à voile RS : X, le Laser et la Laser radial femmes, le Finn, le 470, le 49ers, l’Elliott 6m et le Star. Les quatre dernières embarcations réunissent des binômes alors que les premières se manœuvrent en solitaire. Lors de l’évènement olympique, les différents équipages s’affrontent lors de régate en flotte. Pas moins de 11 régates sont alors organisées. Les dix premières sont chargées d’établir un classement provisoire visant à sélectionner les dix meilleurs navigateurs de chaque catégorie. Durant ces dix premières courses, des points sont attribués. Un point pour le premier, deux pour son second et ainsi de suite. Les dix navigateurs comptant le moins de points à l’issue de ses dix courses sont qualifiés pour la « Medal Race » (ou course à la médaille). Durant cette dernière épreuve, les points sont doublés et ajoutés aux points déjà emmagasinés lors des 10 régates précédentes. Au terme de cette « Medal race », le navigateur ayant le plus petit total de points est déclaré vainqueur.

    Cependant, si les régates en flotte constituent l’épreuve de base de la compétition olympique, les instances ont décidé d’innover à Londres en 2012. Ainsi, le « Match Racing », directement inspiré de la Coupe de l’America (troisième plus vieille compétition internationale, après le Jeu de Paume et The Boat Race, avec une première édition en 1851), fait son apparition. Il sera expérimenté, uniquement, par la gente féminine puisque seule la catégorie Elliott 6m dame sera concerné par ces « Match Racing ».

    Rétro 2008 : Une fois n’est pas coutume, la bannière britannique flotta fièrement au-dessus des autres lors des épreuves de voile olympique. Comme à Sydney ou à Athènes auparavant, ce 

    Julien Bontemps pékin

    sont bien les navigateurs de sa Majesté qui dominèrent leurs homologues, se parant de 6 médailles dont 4 d’or en Laser hommes, en Finn mixte, en Star hommes et en Yngling. Derrière l’Australie se distingua avec 3 médailles dont 2 d’or devançant les Etats-Unis et l’Espagne tous deux auréolé de deux médailles (une en or et l’autre en argent). De son côté, la France est revenu de Pékin avec trois breloques. Pas loin d’un titre Julien Bontemps, en tête à l’issue des 10 premières manches, dut finalement se contenter de l’argent, l’or échouant au Néo-zélandais Tom Ashley. A cette belle deuxième place, il fallait rajouter les deux médailles de bronze de l’équipage Nicolas Charbonnier-Olivier Bausset en 470 et de Guillaume Florent en Finn mixte.

    La Star : Ben Ainslie, officier navigant de sa Gracieuse Majesté. Difficile de sortir une star dans une discipline aussi éparse mais il se pourrait que ce Britannique, de Maccesfield dans le centre-Ouest du pays, à la frontière du Pays de Galles, soit l’un des animateurs des régates olympiques. A 35 ans, celui qui fut élevé au rang de Commandeur de l’Empire Britannique par la Reine en 2008 n’est pas un inconnu du milieu. En effet, l’homme qui prépare le défi britannique à la prochaine 

    Ben-Ainslie-007

    Coupe de l’America, est un compétiteur acharné et un redoutable marin. Exerçant ces talents depuis ses 10 ans, il devient champion olympique de Laser, 13 années plus tard, à Sydney en 2000. Après avoir tout gagné dans la catégorie, il s’offre un nouveau défi et prend la tête d’un Finn. Là encore, sa science de la navigation fait merveille. Entre 2002 et 2005, il sera ainsi sacré à 4 reprises Champion du monde. Une moisson fabuleuse complétée par un titre olympique décroché en 2004. Une performance qu’il réédite sur le plan d’eau de Qingdao en 2008. Bronzé à Atlanta en 1996 déjà, il tentera, cet été, de réaliser un improbable quadruplé. Cette fois, ce sera à Londres sur les eaux de sa patrie et sous les yeux de son peuple.

    La française : Mathilde Géron, l’or dans les voiles. C’est un caractère bien trempé qui écume les eaux du Pôle France de Brest. Il faut dire que cela n’a rien d’étonnant venant de la part d’une Normande, adoptée par la Bretagne. A 26 ans, Mathilde Géron fait la fierté de son club de Saint-Brieuc depuis qu’elle a reçu le précieux sésame olympique à Hyères. Mais la fierté est avant tout personnelle, celle d’avoir enfin obtenu son billet pour ces Jeux Olympiques dont elle rêve « depuis mes 8 ans. ». Il faut dire que la native du Havre a commencé la voile très jeune, à 7 ans pour être précis par la grâce d’un été familial. Le coup de foudre est immédiat et la petite Mathilde gravit 

    Camille Lecointre (à droite) et Mathilde Géron (à gauche)

    alors les échelons et prend goût à la compétition. Jusqu’à ses 17 ans, elle pratique dans sa Normandie natale puis les aléas de la vie l’amène à quitter le foyer familial. Dès lors, elle opte pour les Côtes d’Armor et son environnement propice à la voile. Là, elle va découvrir différentes embarcations et différentes manières de naviguer. Cependant avec l’évolution du programme olympique, elle est contrainte de changer de catégorie et de dire adieu au rendez-vous chinois de 2008. Un contretemps qui n’entame pas sa détermination. Au contraire, son rêve chevillé au cœur, elle choisit le 470 et s’associe à Camille Lecointre, navigatrice rencontrée dix ans plus tôt au Havre. Depuis les deux femmes constituent un duo efficace qui espère bien décrocher une médaille à Londres cet été. Pour cela, il faudra devancer les Britanniques, grandes favorites chez elles, les Néo-Zélandaises ou encore les Néerlandaises. Pas une mince affaire mais un défi à la mesure de cette Normande au caractère typiquement breton dont la vie n’est que vents et marées. Une chance supplémentaire aux côtés du tout nouveau Champion du Monde de planche à voile, Julien Bontemps (32 ans), déjà argenté à Pékin.

    Bon à savoir : En mouvement perpétuel, la discipline continuera sa mutation dans quatre ans puisqu’à Rio de Janeiro en 2016, la planche à voile, présente au programme depuis 1984, disparaitra au profit du kitesurf.

    Le chiffre : 60. C’est l’âge qu’avait Paul Elvstrom à l’occasion de ses derniers Jeux Olympiques en 1988 à Séoul. Véritable légende vivante, ce Danois reste à ce jour le navigateur le plus titré des jeux Olympiques avec 4 médailles d’or consécutives dont la première fut obtenue à Londres en 1948.

    L’Histoire : Bien que présente au programme des premiers Jeux Olympiques de l’ère moderne, la première compétition officielle de voile olympique ne s’est tenu qu’à Londres en 1906 à l’occasion de la troisième édition du rendez-vous réhabilité par Pierre de Coubertin. En effet, à Athènes, l’épreuve de voile fut annulée en raison des trop mauvaises conditions climatiques sévissant sur la capitale grecque en ce 1er avril 1896. A Paris, 4 ans plus tard, les régates étant organisées à Meulan et au Havre, par le Comité idoïne de l'Exposition Universelle de 1900 à Paris, se sont tenues dans le cadre des Concours d'exercices physiques et de sports. De fait, c’est à Londres en 1908 que se tinrent les premières vraies régates olympiques.

     

    Christopher Buet


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