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    C’est quoi ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, le tir sportif est la troisième discipline la plus pratiquée au monde derrière le tennis et le golf. Ce sport, qui existe depuis des siècles, se décline en trois armes principales divisées ensuite en sous catégorie suivant la distance (10m, 25m ou 50m) ou la position (debout, à genoux, couché). Ainsi aux jeux Olympiques, où le tir figure au programme depuis la première édition en 1896 à Athènes, on ne compte pas moins de 15 épreuves hommes et femmes confondus, répartis entre la carabine, le pistolet et le fusil. Les épreuves des deux premières armes citées se déroulent en intérieur sur des cibles immobiles. Les épreuves du fusil utilisent, elles, des cibles mouvantes en argile. A Londres, chaque nation sera représentée par deux athlètes par disciplines, à l’exception des épreuves au fusil où un seul représentant par pays sera autorisé. Les pratiquants de ce sport se caractérisent par leur grand calme et leur capacité à contrôler leur respiration et leurs mouvements. Le tir sportif est une discipline demandant concentration et précision.

    Rétro 2008 : Anthony Terras, l’éclair bleu. A Pékin, comme on pouvait s’y attendre, c’est la Chine qui domina largement le tir olympique. En effet, l’Empire du Milieu qui avait préparé avec 

    Anthony terras à pékin

    minutie « Ses » Jeux Olympiques, a remporté pas moins de 5 médailles d’or sur 15 possibles (2 chez les garçons et 3 chez les filles). Derrière la Chine, les Etats-Unis, l’Ukraine et la République Tchèque, tous auréolés de 2 titres, se partagent les miettes. Cependant, pour nous français, un homme s’est illustré : Anthony Terras. Engagé en skeet, le tricolore a sauvé l’honneur de la France à Pékin en remportant la seule et unique médaille du clan tricolore en tir à Pékin. Auteur d’une belle compétition, il décrocha le bronze à l’issue d’un barrage serré face au Chypriote Antonis Nikolaidis. A 22 ans, le Marseillais confirmait tout le talent qu’on lui connaissait et s’imposait comme l’un des futurs piliers de la discipline.

    La Star : Franck Dumoulin, tireur de la paix. En voilà un sur qui le temps ne semble avoir de prise. A bientôt 40 ans (il en a 39), Franck Dumoulin fait partie des grandes figures du tir mondial. Gardien de la paix dans la vie, l’homme a bâti sa légende derrière le canon d’un pistolet. C’est en 1994 qu’il réalise son premier fait d’armes. A Milan, lors des championnats du monde, le Français 

    Goberville-Dumoulin

    fait preuve d’une adresse rare et règle la concurrence avec dextérité pour devenir champion du Monde de tir au pistolet à 10m. Le gamin n’a alors que 21 ans mais une ambition dévorante. Aussi ne se contente-t-il pas de ce titre mais y ajoute une breloque à 50m. De bronze cette fois. Depuis lors, Dumoulin ne va cesser de collectionner les distinctions remportant ainsi 13 victoires en coupe du monde, une coupe du monde en 2001, trois titres de champions d’Europe mais aussi et surtout un sacre olympique à Sydney en 2000. Derrière son regard bleu azur, Franck Dumoulin est encore et toujours l’une des plus fines gâchettes du tir mondial et l’une des références du pistolet. A 39 ans, le gardien de la paix de Royan attend bien faire respecter l’ordre du l’autre côté de la manche et rappeler à la jeune garde que les aînés sont toujours opérationnels.

    La femme à suivre : Du Li, pour le triplé. Cela pourrait être la belle histoire de ses jeux Olympiques de Londres. A 30 ans, Du Li n’est plus une débutante et encore moins une inconnue pour quiconque suit le tir sportif. En effet, cette chinoise s’est faite une réputation grâce à son habileté à la carabine. En 2004 à l’occasion des Jeux Olympiques d’Athènes, Du Li remporte le titre olympique de tir à la carabine à 10m. A 22 ans seulement, elle se pare de la couronne de laurier du vainqueur, la même que Laure Manaudou et que tous les vainqueurs de ces Jeux d’Athènes, et entreprend son règne sur la discipline (championne du monde en 2006 et quadruple vainqueur de la Coupe du Monde entre 2004 et 2007). Cependant son histoire olympique va se retrouver contrarier chez elle à Pékin quatre ans plus tard. Tenante du titre, Du Li va rater sa compétition et finir à une décevante 5ème place. Mais la Chinoise est une compétitrice acharnée et ne peut décevoir son peuple. Aussi alignée au 50m 3 positions, elle va prendre sa revanche et décrocher l’or olympique, sa deuxième médaille d’or en deux olympiades. Du Li a 26 ans et ses priorités évoluent après ce second titre. C’est ainsi qu’au sortir des jeux Olympiques qu’elle se marie et décide de mettre entre parenthèses sa carrière. Cette parenthèse durera 2 ans et demi. C’est en février 2011 qu’elle retrouve le chemin des stands de tir et entame son contre-la-montre pour rallier Londres et ses Jeux Olympiques où elle visera ni plus ni moins que la plus haute marche du podium, pour réaliser un triplé unique et magnifique.

    La Française : Céline Goberville, bon pied, bon œil. Senlis, sa cathédrale, ses remparts. C’est dans ce décor moyenâgeux que l’une des plus belles chances françaises du pistolet 

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    olympiques a vu le jour. Il y a presque 26 ans, Céline Goberville voyait le jour dans cette petite ville de l’Oise au Nord de Paris. Depuis ce 19 septembre, la jeune fille a bien grandi et s’est passionné pour le tir sportif et le pistolet. Terreur dans les catégories de jeunes où elle remporte tous les titres nationaux possibles, elle intègre le circuit senior en 2006 à seulement 20 ans. Ses débuts ne sont guères ébouriffants à l’exception d’une quatrième place de la Coupe du Monde à Bangkok. Céline apprend. Sa carrière va s’emballer 3 ans plus tard à l’occasion d’une Coupe du Monde à Belgrade en Serbie. Là, elle s’impose à 10m et obtient l’argent à 25m. Céline Goberville vient de s’envoler. Surfant sur ce succès, elle devient championne d’Europe en 2011, sa première victoire dans un Grand Championnat. Forte de ce succès, la jeune femme sera l’une des athlètes tricolores à suivre en août à Londres.

    Bon à savoir : La chinoise Zang Shan est et restera à jamais la seule femme vainqueur d’une épreuve de tir mixte. C’était à Barcelone en 1992. Après ces jeux Olympiques, la Fédération Internationale de Tir Sportif (ISSF) a mis un terme aux compétitions voyant s’opposer hommes et femmes, l’un contre l’autre.

    Le chiffre : 270 000. C’est le nombre de cibles qui seront utilisées durant l’ensemble des quinze jours de compétitions.

    L’histoire : A une main. C’est une histoire comme seul le sport peut en conter. Une histoire de dépassement de soi et d’abnégation rare. Membre de l’éminente Hongrie championne du monde de pistolet en 1938, Karoly Takacs perd sa main droite suite à l’explosion d’une grenade. Loin de se laisser abattre par la perte de son membre, il refuse d’abandonner son sport et apprend à tirer de nouveau. Car Takacs est droitier. Aussi, il doit apprivoiser cette nouvelle main, moins réactive et précise que sa main de prédilection. Pourtant, le Hongrois fait preuve de courage et parvient à maitriser ce membre quasi inconnu pour lui. Mais le plus beau est à venir. Comme pour le récompenser de son travail, le destin amène Karoly Takacs à participer aux Jeux Olympiques 1948. A Londres, il devient champion olympique au feu rapide. Un exploit qu’il rééditera 4 ans plus tard à Helsinki.

     

    takacs
     
    Christopher Buet

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