• 300px-Handball_pictogram.svg

    london_2012_logo

    C’est quoi ? Contrairement à une idée reçue, le handball n’est pas un sport venu d’Allemagne. C’est plus au Nord qu’il faut en chercher les origines. Au Danemark du XIXème siècle plus précisément. En effet, si on trouve des traces du handball ou d’un jeu s’en approchant à l’Antiquité, c’est au Moyen-âge que ce jeu se développe avant d’être modernisé XIXème. A l’orignie, on ne parle pas de handball mais de « handbold » C'est en 1898 que le Danois Holger Nielsen établi les règles de ce sport. Très rapidement, il va se propager en Europe et même aux Etats-Unis où il est introduit dès 1900. Cependant, deux écoles s'opposent durant plus d'un demi siècle. D'un côté, la version danoise se jouant à 7 contre 7 et de l'autre sa petite soeur allemande initiée par le professeur de l'Ecole Normale Germanique d'éducation physique de Leipzig, carl Schellenz, disputée à 11 contre 11. Il faudra attendre 1960 pour voir la première version s'imposer et être adoptée par le monde entier. 1968 marque d'ailleurs l'organisation des derniers Championnats du Monde à 11 et en extérieur. Car aussi bizarre que cela puisse paraitre, à l'origine, le handball se pratiquait à l'extérieur comme le football. C'est en 1966 qu'il se réfugie à l'intérieur où il propère depuis.

    Rétro 2008 : Les Experts conquiert l’Olympe. Inimaginable ! Seize ans après l’épopée des barjots, le handball français connaît sa période la plus faste et domine comme aucune équipe auparavant ne l’avait fait. Sacrée championne d’Europe en 2006, spoliée en 2007 lors du Mondial allemand en demi-finale et battu par le Danemark à l’Euro 2008, la France aborde tout de même la compétition en grande favorite. Et elle ne va pas décevoir. Royale lors des deux phases de poules, l’équipe de Claude Onesta se défait d’une solide formation russe en quart de finale et s’offre une finale avant l’heure face à la redoutable Croatie d’Ivano Balic. Ce match va être un sommet du jeu, une rencontre épique et cathartique. Dans une atmosphère irrespirable où jamais aucune des deux équipes ne parvint à réellement se détacher, c’est au mental que tout se joua. Porté par un Cédric Burdet, gaucher salvateur en première période qui maintenu la France quand celle-ci voyait ses artilleurs s’enrayer, les Tricolores finirent par décrocher leur adversaire et sa fameuse défense en arbre de Noël (3-2-1). Au final, les Bleus s’imposent 25 à 23 dans ce match dense et intense. Impériale en finale, « Les Experts », même si l’expression « les Seigneurs » seraient plus appropriée, décroche le Graal Olympique aux dépends d’une surprenante équipe d’Islande. Joel Abati peut déclamer son rituel discours au cœur de la ronde tricolore. Le Révérend tire sa révérence comme il se doit, au même titre qu’Olivier Giraud. Le premier titre d’une série de 4 pour cette équipe, maintenant légendaire.

     

    JO hand-medaille

     

    Chez les femmes, il y eut des larmes aussi mais pas de joie. Pour les camarades de Valérie 

    La détresse de Valérie Nicolas

    Nicolas, le rêve s’est brisé en quart de finale face à la Russie au bout des deux périodes de prolongation. Pas avantagées par un arbitrage plus que douteux, les Bleues ne verront pas le dernier carré (défaite 31-32 a.p). Effondrée au milieu du terrain avant d’éclatée en sanglot devant la presse, Valérie Nicolas fait ses adieux au handball international. Une grande dame se retire. La Norvège s’adjugera finalement le titre olympique, dominant aisément le bourreau russe (34-27).

    La star : Nikola Karabatic, leader sacrificiel. On ne présente plus le demi-centre de Montpellier. Véritable icône du sport français, leader charismatique et respecté et figure de proue du handball. Nikola Karabatic est plus qu’un joueur de handball, il est une vitrine, un ambassadeur.

    Nikola_Karabatic,_Montpellier_HB_-_Handball_France_(1)

    Né à Nis en Croatie, d’un père croate et d’une mère serbe, il grandit toutefois en France. Très vite, il va se tourner vers le handball, sport que pratiquait son père (ndlr : il était gardien de but). Doté de réelles capacités physiques, le jeune homme perce en professionnel dès ses 17 ans au sein du club français le plus prestigieux, Montpellier. Restera 4 saisons, le temps d’apprendre son métier et d’étoffer son bagage technique et physique, mais aussi le temps de remporter ce qui reste à ce jour, la seule Ligue des Champions du handball français (2003). Joueur de plus en plus influent, l’arrière gauche décide de tenter sa chance à l’étranger et opte pour l’Allemagne et kiel au détriment de la Liga espagnole dont les clubs lui faisaient pourtant les yeux doux. Deux hommes motivèrent son choix : le coach Noka Serdarusic dont son père est proche et l’Islandais Stefan Lövgren, qu’il idolâtre depuis son enfance. L’aventure allemande durera de 2005 à 2009. Une aventure couronnée de succès qui verra Karabatic changer de dimension. Physiquement d’abord, puis tactiquement avec un replacement progressif vers le poste de demi-centre où sa vision du jeu et son sens du contact et du sacrifice s’exprime avec ravissement. Durant cette période, il deviendra l’un des piliers de l’équipe de France et du projet de Claude Onesta. Insatiable Karabatic a cette capacité à mener un groupe sur un terrain et à lui transmettre cette hargne et cette rage de vaincre qui transpire de son maillot. Aussi partout où il passe, il impressionne. Il lui faudra toutefois attendre 2006 pour triompher sous le maillot bleu. Après des Jeux Olympiques d’Athènes décevants et une médaille de bronze au Mondial 2005, il mène la France vers le titre européen l’année suivante. Le premier trophée d’une longue série. En 2007, la fédération internationale reconnaît sa valeur et le nomme meilleur joueur du monde.

    Mais Karabatic veut plus. Abattu par le vol allemand du Mondial 2007, c’est remonté qu’il aborde l’Euro 2008 dont il finira meilleur marqueur. Une compétition en forme de tremplin vers Pékin et ses Jeux Olympiques. Omniprésent en défense, précieux balle en main, le Montpelliérain se pare d’or avec ses coéquipiers. Un sacre pour l’éternité. 2009 restera une année à part pour lui avec le Mondial disputé en Croatie. Conspué par le public local, il répondra sur le terrain, prouvant une fois de plus sa détermination, son calme et sa maitrise. En finale, il éteindra Balic et le feu croate dans un duel épique, menant la France sur le toit du Monde. Il remportera de nouveau le titre européen en 2010 avant d’assommer le Mondial 2011 dont il est élu meilleur joueur. Mais cette dernière année fut aussi l’une des plus terribles pour Nikola. Très malade, son père décède et le laisse sans repère. A 27 ans, le voilà contraint d’assumer un rôle qu’il n’avait jamais envisagé endosser si tôt, celui de chef de famille.

    Aujourd’hui, Nikola Karabatic a digéré et sait ce qu’il fait et où il va. A 28 ans, il est prêt à renverser de nouveau des montagnes et goûter une fois de plus le rêve olympique qu’il embrassa en 2008. De Pékin à Londres, Karabatic a changé, a évolué mais a conservé sa rage de vaincre, son appétit et son sens du sacrifice. Une flamme dans les yeux, il repart en quête d’or.

    L’homme à suivre : Mikkel Hansen, chef viking. Stature imposante (1m96), visage carré, cheveux long, la nouvelle star du handball danois en impose. A 24 ans, il n’est pas sans rappeler un certain Nikola Karabatic. Même physique, même poste (arrière gauche comme au début du Français). Comme son aîné, il n’a que 21 ans quand il s’exile à l’étranger et rejoint Barcelone. Son aventure catalane sera brève (ndlr : il ne sera pas conserver faute d’avoir convaincu ses dirigeants) mais constructive. Après 2 ans au sein du club blaugrana, il décide de rentrer au pays et débarque à Copenhague. Là, il fera parler sa puissance et son sens du but. Des qualités qu’il amènera en sélection nationale où il participe à la reconstruction du handball danois. Une reconstruction qui sera ponctuée par un titre de champion d’Europe en 2012. Sans oublier que l’année précédent, il fut élu meilleur joueur du monde par l’IHF.

    La Française : Amandine Leynaud, l’ultime rempart. On en oublierait presque qu’elle n’a que 26 ans tant Amandine Leynaud fait aujourd’hui parti des « meubles » de l’équipe de France. Gardienne talentueuse, elle n’a que 19 ans quand elle est appelée pour la première par Olivier Krumbholz chez les Bleues. Comme le temps passe vite. Novice, elle était remplaçante de Valérie Nicolas quand elle se rendait chez les tricolores. Là derrière l’une des meilleures gardiennes du monde, elle travaille et apprend de son aîné. Car être remplaçant n’a rien de déshonorant même quand on évolue à Metz, le club référence du handball français et qu’elle est convaincue que son heure viendra. En 2008, elle est de l’aventure olympique mais n’y participe que par bribes. Ce n’est qu’après l’évènement et la retraite de sa glorieuse aînée qu’Amandine devient titulaire dans la cage française. Déterminée et passionnée, la native d’Aubenas ne cesse de se perfectionner, gagne en maturité au fil des matches et s’affirme comme une gardienne de premier plan jouissant d’une belle 

    amandine leynaud

    présence sur sa ligne et de bons réflexes. Elle est d’ailleurs l’un des piliers de l’équipe de France qui devient, à la surprise générale, vice-championne du Monde en 2009 en Chine.

    Calme et posée, elle ne s’enflamme pas de ce résultat et rentre en club où la concurrence de Cléopâtre Darleux pointe. Une concurrence saine qui va lui imposer humilité, travail et qui va lui permettre d’augmenter encore son niveau d’exigence. Aussi reconnue pour sa beauté et ses qualités humaines, celle qui a grandi au handball à Metz a décidé de changer d’air cet été et de tenter l’aventure à l’étranger. Comme Valérie Nicolas, elle a chois de s’exiler pour continuer à progresser. Si sa devancière en bleu avait choisi le Danemark, elle a opté pour la Roumanie et Valcea, demi-finaliste de la dernière Ligue des Champions.

    Mais avant de tenter l’aventure roumaine, la Française lorgne sur Londres où elle vivra ses deuxièmes Jeux Olympiques. En 2008, elle avait vécu la douloureuse élimination des Bleues face à la Russie. Cette année, elle fera tout pour ne pas revivre pareil mésaventure. Ce sera dur, elle le sait mais la gardienne des double vice-championnes du monde en titre est prête. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, telle est sa devise. Et telle sera son chemin.

    Le chiffre : 1. A ce jour, la Corée du Sud est la seule équipe non européenne à avoir remporté une médaille aux Jeux Olympiques dans la compétition masculine. C’était en 1988 et l’argent à Séoul.

    Bon à savoir : Le Handball est considéré par les historiens comme l’un des plus anciens sports au monde. Cette affirmation repose sur des références faites à ce sport dans l’Odyssée de Homère et une statuette datant du 3ème siècle retrouvée à Dodoni.

    Histoire : Une belle bande de Barjots ! L’histoire apparaît tout droit sorti d’un conte et elle commence comme tel. Il était une fois…une bande de copains qui aillaient bousculer la monotonie et la frigidité d’un univers. Il est encore incroyable de voir comment ces joyeux drilles ont été accueillis à Barcelone en cet été de 1992. A cette époque, le handball français n’est rien ou si peu, un sport anonyme pratiqué par de drôles d’érudits aux manières peu cavalières et au franc parler déroutant. Frédéric Volle, Laurent Munier, Gaël Monthurel, Philippe Gardent, Denis Lathoud et les autres composaient l’âme de cette équipe dirigée par le froid Daniel Constantini. Si le handball ne parlait pas aux Français, ces hommes avec leur gouaille, leurs délires et leur talent vont se charger de le faire exister. Pas favoris pour un sous, l’équipe de France se jette à corps perdu dans ses Jeux Olympiques, déjà une finalité. Mais, ces hommes ont cet esprit, cette attitude qui rappelle que souvent la folie et le génie sont intimement liés. Pour sûr, fous ils le sont mais ce groupe a dans ses rangs le futur meilleur joueur de handball du monde, un jeune réunionnais nommé Jackson Richardson. La combinaison de tous ces éléments donnent un cocktail détonnant. « On n’était rien, on n’existait pas. Nos adversaires rigolaient de nous. Nous sommes nés dans la douleur et nous avons existé grâce au travail avant d’exprimer notre tempérament en dehors du terrain. » partageait le 2 août 2002 Pascal Mahé, l’ancien arrière des Barjots. Après avoir démolis les favoris espagnols (chez eux !), ils allaient enchainer les bonnes performances dans un groupe pourtant peu évident (CEI, Allemagne, Roumanie, Egypte et donc Espagne) et décrochent leur billet pour les demi-finales. Improbable scénario pour une équipe, neuvième des derniers mondiaux. Dès lors, les esprits s’égarent, transis par la joie d’avoir réussi ce fabuleux pari, celui de prouver leur valeur. La demi-finale est le théâtre de l’un des plus fameux instants de l’histoire du handball olympique. Alors que la Suède attend sur le terrain, en face, c’est une bande de seize hurluberlus aux cheveux rasés ou peroxydés qui se présentent. La France a déjà réussi ses JO et n’a pas attendu la fin de la compétition pour montrer sa joie. Sans doute, est-ce la raison de leur échec face aux Suédois mais qu’importe. L’important est ailleurs. La défaite digéré, les Barjots et leur maitre Constantini se pare de bronze en écartant l’Islande. Sur un air de colonie de vacances, le handball français est né, le début d’une folle épopée.

     

    Christopher Buet


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique