• london_2012_logoOlympic_pictogram_Cycling_(track)

    C’est quoi ? Sport populaire par excellence, le cyclisme se décline sous 4 formes aux Jeux Olympiques. Si le VTT consacre les voltigeurs et amateurs de sentiers caillouteux, le BMX les jeunes amateurs de vitesse et de bosse et la route, les puristes, le cyclisme sur piste se réserve aux puissants, fins tacticiens et névrosés de la vitesse.

    C’est à la fin du XIXème siècle que le cyclisme sur piste connaît ses débuts et gagne ses galons populaires. En 1870, le cyclisme n’en est encore qu’à ses balbutiements mais déjà les compétitions sur piste attirent les foules outre-Manche. Ces dernières voient s’affronter des coureurs autour d’un anneau composé d’une piste en bois. Plus que l’engouement populaire, c’est bien le facteur économique qui va permettre à la discipline de prendre son essort. En effet, contrairement à sa grande sœur routière, la course sur piste se dispute en intérieur, obligeant les gens à payer pour le spectacle que la route leur offre devant chez eux.

    Le cyclisme sur piste se veut attractif en raison de son format avec des courses variées souvent rapides et nerveuses. Il s’agit de l’un des rares sports à avoir toujours figuré au programme olympique depuis 1896 et la première édition des Jeux Modernes, seul l’édition 1908 ne verra pas d’athlètes s’opposer sur l’anneau.

    Depuis ses débuts, le format de la compétition olympique de cyclisme sur piste a souvent évolué, soit par souci de roulement, soit par souci d’innovation. Aujourd’hui, 10 épreuves constituent le programme de la discipline (5 hommes et 5 femmes) :

    -          La vitesse : Le départ s’effectue en départ arrêté et les deux coureurs doivent accomplir deux ou trois tours de pistes et franchir la ligne en tête (seul le dernier tour est chronométré). Ce duel se dispute au meilleur des trois manches.

    -          Le kerin : La course réunie jusqu’à 7 coureurs qui après avoir suivi un petit cyclomoteur (ndlr : qui donne le rythme et fait augmenter la vitesse de course), s’affrontent sur trois tours. Le premier à franchir la ligne l’emporte.

    -          L’omnium : Il s’agit d’un équivalent du décathlon en athlétisme mais adapté à la piste. Durant la même journée, les adversaires disputent 6 épreuves (tour lancé, course à points, courses à élimination, poursuite individuelle, stratch et contre la montre). Un classement par épreuve est réalisé avec attribution de points (le 1er remporte 1 point, le 2ème 2 points…). Le coureur ayant cumulé le moins de points à l’issue des 6 épreuves l’emportent. En cas d’ex-æquo, c’est le temps du contre la montre qui détermine le vainqueur.

    -          La vitesse par équipe : Chaque équipe est formée de trois coureurs. Le principe est le même que pour la vitesse. Après un tour de lancement, chaque relayeur effectue un tour avant de céder s’écarter pour laisser la place à son coéquipier.

    -          La poursuite par équipe : L’épreuve se déroule sur 4 kilomètres et voient s’opposer deux équipes composés de 4 pistards. L’objectif est de réaliser le meilleur temps sachant que le chrono est arrêté après le passage du troisième membre de l’équipe. Un coureur est obligé d’emmener son équipe sur un demi-tour ou tour minimum avant d’être autorisé à passer le relais.

    Dans les épreuves par équipe, les coureurs ne partent pas côte à côte mais à l’opposé les uns des autres.

    Rétro 2008 : L’hégémonie britannique. Si la Chine s’est fait un devoir d’écraser Ses Jeux 

    chris hoy pékin

    Olympiques de sa supériorité, les Britanniques se sont fait une joie d’annexer l’anneau du Vélodrome de Laoshan. C’est peu dire que les sujets de sa majesté ont dominé les débats, remportant pas moins de 12 médailles dont 7 en or. Chez les hommes, Chris Hoy s’est illustré dans les épreuves de vitesse s’adjugeant les 3 titres en jeu en vitesse individuelle, par équipe, et en kerin. L’autre grand bonhomme fut sans nul doute Bradley Wiggins qui remporta les titres en poursuite individuelle et par équipe.

    Chez les femmes, Victoria Pendelton et Rebecca Romero ont obtenu l’or en vitesse et en poursuite.

    Les Stars : Chris Hoy, le vétéran et Victoria Pendelton, la cycliste reine. Ils avaient dominé les épreuves de vitesse il y a 4 ans à Pékin. A 36 et 31 ans, ils sont le roi et la reine de la discipline outre Manche, les deux étendards d’une nation qui a fait de la piste un pourvoyeur de médailles presque inépuisable.

    chris-hoy-2

    La galanterie voudrait que l’on commence par Madame mais c’est bien à Monsieur que l’on accordera les honneurs. Lors des précédents Jeux Olympiques en 2008, cet Ecossais a réalisé une performance inédite, en dominant comme jamais depuis 1908 les épreuves de vitesse. Ce dernier est reparti de Chine avec 3 titres pour autant d’épreuves disputées. Un exploit unique. Si ce fut l’apogée de sa carrière, le pistard britannique entend bien briller malgré le poids des années, devant son public. Si la tâche s’annonce ardue, elle n’en est pas moins à la mesure du champion qu’il est. Un ultime défi pour s’offrir une sortie en beauté. A Londres, Chris Hoy tirera certainement sa révérence, à lui de la rendre la plus somptueuse possible.

    Victoria Pendelton, elle, ne connaît pas ses soucis et aborde ses Jeux Olympiques « at home » 

    victoria pendelton

    dans la même position que son compatriote il y a 4 ans. A 31 ans, la native de Stotfold est dans la fleur de l’âge et vivra à Londres l’apogée de sa carrière sportive. Elle a pour elle, la puissance mais aussi l’expérience de ses nombreuses années passées sur les pistes du monde entier. Depuis 2008 et son titre olympique, elle est devenue la reine quasi incontestée de la vitesse féminine, décrochant ainsi 3 nouveaux maillots arc-en-ciel de championne du monde (elle en comptait déjà trois) dont le dernier attribué en 2012. C’est donc en qualité de championne olympique et du monde en titre, que Victoria abordera le rendez-vous de sa vie. En cas de nouveau succès, le peuple britannique pourrait faire de cette cycliste aux yeux azur leur nouvelle reine. Si elle en a déjà le nom, il lui en manque encore le titre.

    Le Français : Grégory Baugé, le tigre en chasse. C’est l’histoire d’une première. Jamais à 27 ans, Grégory Baugé, pourtant triple champion du monde, quadruple si on compte son titre retiré en 2011 pour manquement à la règle de localisation, n’a participé aux Jeux Olympiques et usé ses roues sur l’anneau olympiques. Cet été, à Londres, sur les terres de ses plus chers adversaires, l’ennemi étant dans son propre camp en la personne de Kevin Sireau, Grégory Baugé se présentera en grand favori de l’épreuve reine, la vitesse.

    grégory baugé

    Il faut dire que le Guadeloupéen en impose depuis Pékin. Privé de Jeux Olympiques en individuel lors des sélections nationales par son rival honni Kevin Sireau, Baugé a du se contenter de l’épreuve par équipe et d’une rageante médaille d’argent, à un souffle du train britannique de Jason Kenny, Chris Hoy et Jamie Staff. Depuis lors, le pensionnaire du club de l’US Créteil en région parisienne est tout simplement intouchable. Merveilleux alliage de puissance et d’explosivité (1m81 pour 95 kg), Grégory Baugé a simplement écrasé la concurrence sur l’ensemble de l’olympiade écoulée, glanant les quatre titres de champion du monde de vitesse mis en jeu, bien que celui de 2011 lui fut retiré à postériori. « Les autres coureurs ne savent plus comment prendre Greg, qui est aussi fort quand il court en première qu’en deuxième position. » analyse Florian Rousseau, son entraineur à l’INSEP et ancien triple champion du monde. Lors des derniers championnats internationaux, l’imposant pistard tricolore a livré une véritable démonstration. En Australie, il n’a pas cédé la moindre manche de son tournoi et disposant de Jason Kenny, tombeur de Chris Hoy en demi-finale, en finale. C’est là sur la piste de Melbourne que le Français a glané son billet pour les Jeux Olympiques. Arrivé en ballotage avec Sireau, il n’a laissé planer aucun doute et convaincu les sélectionneurs d’enfin lui faire confiance. Signe de sa détermination et de sa clairvoyance, juste après son titre australien, Baugé avait déjà tourné la page, focalisé sur son objectif suprême : le graal olympique. « Je suis content de gagner parce que c’est un Championnat du Monde, mais ce que je vise cette année, c’est le titre olympique. Gagner les Jeux, je pense qu’il n’y a rien de plus fort. Rien au-dessus en terme d’intensité, de bonheur, de force pour un sportif. C’est mon objectif et ça l’a toujours été. Je n’ai pas eu droit à une route sans déviations (référence à sa suspension en 2011), mais c’est ma route et je l’accepte. Chaque année, j’ai des épreuves et j’en ressors plus fort et plus grand. Ca ne fait pas un an que je les prépare mais quatre.»

    Le message est clair. Après une olympiade de règne absolue sur la vitesse mondiale, le gamin qui s’est piqué aux Jeux une nuit d’été en 1996 à regarder Marie-José Pérec, rêve d’imiter son idole et de la rejoindre au pinacle des sportifs français champion olympique. Pour cela, il faudra dompter le vélodrome de Londres et des adversaires, en retrait certes mais à l’affut de la moindre défaillance

    A son zénith, Grégory Baugé est prêt, tel un tigre traquant sa proie, prêt à découvrir les Jeux Olympiques et saisir sa chance et atteindre son Olympe.

    Le chiffre : 1. En 2008, Chris Hoy est devenu le premier pistard a réalisé un triplé lors d’une même olympiade depuis 1908.

    Bon à savoir : Les vélos des pistards sont des machines tout à fait singulières dans la mesure où les roues sont fixes et qu’ils ne disposent pas de freins. Pour s’arrêter, le pistard doit exercer une pression sur ses pédales.

     

    Christopher Buet


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