• On prend les mêmes...

    Mosaïque avant match clasico

    Coincé entre deux journées de championnat et disputé au crépuscule du mois d'août, la Supercoupe d'Espagne est un micro évènement qui souvent passe inaperçu sauf quand elle voit s'affronter les deux mastodontes du football ibérique : le FC Barcelone et le Real Madrid. L'occasion pour ces deux superpuissances locales et européennes de s'étalonner et démontrer leurs forces. Car un Clasico n'a rien d'anodin...
     

    « C’est la Supercoupe d’Espagne et c’est le Real Madrid. Cela nous apporterait une belle confiance en début de saison. C’est une compétition spéciale, face à un adversaire spéciale. Nous savons que ce sera compliqué. Nous pouvons gagner comme nous pouvons perdre », avoue Gérard Piqué trahissant l'attente qui entoure cette Supercoupe d'Espagne, sur fond de Clasico.

    Rendez-vous immanquable, le Clasico a pris une tout autre dimension depuis maintenant deux saisons, depuis que celui que l'on considère comme le plus grand entraineur de club au monde a débarqué sur le banc madrilène José Mourinho en compagnie de l'officiel n°2 mondial de la planète ballon rond, son compatriote le Portugais Cristiano Ronaldo. Avant leur arrivée, le FC Barcelone imposait sa loi sans partage avec à la manœuvre le jeune mais avisé Pep Guardiola qui depuis le banc organisait ses troupes autour du génial Lionel Messi. Depuis, les choses ont changé et le moribond Real Madrid a retrouvé son lustre et son éclat de l'époque galactique, offrant la réplique à l'orchestre catalan pour un spectacle rarement vu. Un spectacle nourri également par une rivalité exacerbée entre deux rivaux que l'histoire a posé en adversaires éternels. Une rivalité immuable qui a connu l'un de ses paroxysmes émotionnels l'année passée, à l'occasion du match retour de la Supercoupe d'Espagne. Tenu en échec sur leur pelouse à l'aller (2-2), les madrilènes perdent pied au Camp Nou (2-3). Assommés par un Messi intouchable (deux buts et une passe décisive), les hommes de José Mourinho répondaient au jeu par l'agressivité. Une agressivité bestiale qui déboucha à cette agression de Marcelo sur Frabregas qui au dans le temps additionnel fauchait le tout frais transfuge d'Arsenal. S'en suivi une échauffourée marquée par le doigt de José Mourinho dans l'oeil de Tito Vilanova, alors adjoint de Guardiola.

     

    Les rôles inversés
     

    Depuis cet épisode noir qui faisait l'écho à un printemps dantesque (4 clasico en moins d'un mois) où la pression ne fit quemonter crescendo, le paysage espagnol a bien changé. Si les effectifs n'ont guère évoluer, le rapport de force lui s'est considérablement modifié. Moins impitoyable et proposant un football autrement moins chatoyant, Barcelone a vu le club de la capitale lui chiper son titre avec la manière au terme d'une saison vertigineuse. Madrid, champion, les catalans se rabattirent sur la Copa del Rey à défaut de mieux. Ce n'est pas le seul changement. Outre des rôles inversés, Barcelone a perdu sa tête pensante en la personne de Pep Guardiola. Usé par quatre années de succès, le technicien blaugrana s'est retiré laissant les rênes à son adjoint et soutien technico-tactique Tito Vilanova. Une garantie de stabilité confirmée par le vestiaire. « Avec Pep Guardiola comme technicien, nous sommes allés au plus haut. Il va nous manquer. Maintenant avec Tito Vilanova, le changement ne sera pas dramatique et nous suivrons le même chemin. » assurait Andrès Iniesta avant le début de la saison. Une analyse que pousse plus loin encore l'ancien balugrana Abelardo. « Tito a œuvré aux côtés de Guardiola, ce qui fait qu’il a au moins autant de mérite que celui-ci dans les récents succès barcelonais. En outre, il connaît parfaitement la maison et les joueurs. L’avoir choisi comme entraineur après le départ de Guardiola est une bonne décision de la part du club. » soutient-il. Une confiance et une ligne de marche corroboré par un début de championnat tonitruant. Pour sa première sur le banc azulgrana, Tito Vilanova a vécu sa première goleda, une victoire cinq buts à un face à la Real Sociedad. Pas de quoi toutefois grisé Lionel Messi. « La Supercoupe face au Real sera différente de cette rencontre. Bien sûr que nous voulons gagner. Nous allons tout faire pour. Nous sommes motivés. ». déclarait le double buteur argentin, auquel Iniesta répondait en écho. « Nous donnons une grande importance à la Supercoupe d’Espagne. Nous voulons la gagner, c’est l’objectif. On veut ramener ce trophée. » martèle Don Andres.

     

    Une lourde absence
     

    Côté merengue, l'été s'est révélé calme avec peu de mouvements mais des tribulations comme toujours avec notamment le transfert rocambolesque de Luka Modric en provenance de Tottenham. En outre, le champion d'Espagne a conserver l'ossature qui lui a permis de reconquérir la couronne en 2011.Ainsi quand le Barça se repose sur le trio Messi-Iniesta-Xavi, le Real Madrid s'en remet à Cristiano Ronaldo, leader absolu de l'attaque blanche, Sergio Ramos en défense ou encore Iker Casillas. Un groupe solide qui malgré une entame difficile face à Valence (1-1) conserve foi en lui-même. Toutefois la tâche s'annonce rude pour la formation de José Mourinho en l'absence de Pepe, touché à la tête suite à un choc avec Casillas. Au-delà de l'aspect dissuasif qu'induit la présence de Pepe, les statistiques indiquent que sans le défenseur portugais, le Real ne gagne pas dans un Clasico. Depuis 2007, les Real a affronté à 16 reprises Barcelone. Sur ces rencontres, Pepe en a manqué 4 pour un bilan de 3 défaite et un nul.

    Pour ce premier Clasico de la saison, ce sont donc deux équipes dans des dynamiques très différentes qui vont s'affronter sur la pelouse du Camp Nou pour des retrouvailles qu'on annonce explosives. Loin de l'ambiance délétère qui faisait la trame de la rencontre d'août dernier, cette année le Clasico estivale troisième du nom sera placé sous le signe du sport. Une histoire de supériorité et d'affirmation dans un match hors de l'espace et du temps. L'espagne retient son souffle.

    Christopher Buet


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