• Natalia, la sirène Ishchenko

    natalia Ichtchenko

    Maitresse incontestée de la natation synchronisée mondiale, Natalia Ishchenko vise une seconde médaille d'or olympique après celle obtenue à Pékin. L'aboutissement d'une olympiade maitrisée de bout en bout..

    L'eau virevolte et ses pieds dansent en cadence et dans un même élan s'entrechoquent avant de disparaître. Telle une ballerine qui a fait de la scène son lieu d'expression, Natalia Ishchenko s'est appropriée cette piscine de Melbourne. Une note de 99 vient saluer sa prestation et lui octroyer son troisième titre mondial, le premier en solo (2007). Depuis la native de Smolensk, ville proche de la frontière biélorusse, en a conquis 13 autres. Mais son destin aurait pu être tout autre.

    Pour le comprendre, il faut remonter 21 ans en arrière. Natalia n'a que 5 ans quand elle débarque à la piscine. L'accueil des entraineurs y est plus que froid. Selon eux, la jeune fille manque de souplesse et n'a aucun avenir dans la discipline. Cet épisode va considérablement marquer la Russe qui va y puiser une source de motivation pour prouver qu'elle vaut mieux que ce que l'on pense d'elle.

    Plus de 10h d'entrainement par jour

    Natalia n’hésite pas à répéter inlassablement ses chorégraphies. Jusqu’à 10 heures par jour. « L’entraînement démarre à 8 heures du matin. 3,5 heures passées dans l’eau, dont 1,5 à 2 heures de chorégraphie. Ensuite, massage et puis sieste pendant à peu près 2 heures, comme quand on était petites. L’effort physique est intense, ton corps s’essouffle, tu te déconnectes. D’autant que les nuits sont courtes. L’entraînement se termine vers 22 heures. Le temps de dîner, puis de te relaxer après l’effort et de rejoindre ton lit. Et, à 7 heures, debout car l’entraînement commence à 8. Et c’est comme ça tous les jours. » détaille, à La Russie d'Aujourd'hui, celle qui détrôna Anastasia Davydova.

    Et le travaille finit par payer. C’est en 2004 qu’elle fait son apparition sur la scène internationale. A 18 ans, elle décroche l’argent européen en solo. Mais ce métal ne la satisfait pas. « Natalia n'est qu'une grande travailleuse, elle a changé les codes russes. Avant, nous paraissions presque robotiques. Elle a cette capacité à transmettre les émotions, cette humanité au service d'une technique parfaite. » assurait l'entraineur russe Maria Maximova après le chef d'œuvre des mondiaux de Shanghaï et ses 98,200. Avec grâce, elle impose une certaine idée de l’esthétisme aquatique, qui va conquérir les juges. Depuis son premier titre par équipe en 2005 avec la Russie aux Championnats du Monde, elle cumule 16 médailles d’or mondiales serties de 7 titres européens, le tout compléter par un sacre olympique lors de l’épreuve de ballet aux derniers Jeux olympiques de Pékin.

    Des sacrifices assumés

    Ichtchenko premier planAprès une olympiade de domination malgré ses titres, celle que l'on surnomme «  Michael Phelps  de son sport » a tout de même dû passer par les qualifications pour obtenir le droit de plonger dans la piscine londonienne. Une expérience dont elle ne qu'une chose : la connaissance du bassin. « Bien que nous ayons gagné la médaille d’or aux Mondiaux à Shanghaï – ce qui dans toutes les autres disciplines est un passeport direct pour les Olympiques – nous sommes forcées de préparer le programme pour la sélection olympique en même temps que la nouvelle chorégraphie destinée aux Jeux. L’avantage est d’avoir été sur le lieu de la compétition. Nous savons ce qui nous attend. Nous avons tout visité, tout testé. » explique la Russe.

    Qualifiée, elle a mis sa vie entre parenthèses pour servir son ambition. « Mon mari a été sportif professionnel (Sergueï Anikine, médaille d’argent en plongeon au championnats d’Europe, ndlr), il comprend parfaitement que je puisse être absente pendant des mois ou quand je rentre de l’entraînement ou d’une compétition épuisée. » révèle Natalia au Daily Telegraph avant d'ajouter évoquant aussi ses compatriotes. « Chacune de nous sait pourquoi elle fait ces sacrifices. Notre objectif commun : la victoire aux Jeux olympiques. »

    Hier, la sirène soviétique a de nouveau émerveillé les juges en compagnie de son éternel partenaire Svetlana Romashina en interprétant, comme à Shanghaï, le ballet Koukly. Une nouvelle démonstration de grâce et d'élégance pour la jeune femme qui à Londres a donc conservé son titre et étendu encore un peu plus son règne sur le monde chloré de la natation synchronisée.

    Christopher Buet


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