• Les matches de l'Espagne, futur adversaire de la France : Comme à la parade (Espagne-Irlande) 2/3

    Excellente et parfois éblouissante, l’Espagne a surclassé l’Irlande dans un match maitrisé de bout en bout où Torres se sera rappelé aux bons souvenirs de tout le monde en inscrivant un doublé. David Silva et Cesc Fabregas ont également participé à la démonstration d’une équipe enfin rentrée dans sa compétition.

    Et le peuple irlandais se mit à chanter et à faire vibrer cette enceinte de Gdansk. Durant cinq minutes prodigieuse d’émotion où le temps sembla s’arrêter et Dublin s’inviter en Pologne, le peuple vert entonna des chants à la gloire des siens, à la gloire de cette équipe tout de vert vêtue et au courage admirable. On pourrait y voir des chants de victoire mais il n’en est rien. Un simple baroud d’honneur, une façon d’affirmer son identité et sa fierté. Car si le public irlandais a aisément remporté le match des tribunes, sur le terrain, c’est bien l’Espagne qui a déroulé. Une Espagne retrouvée qui quatre jours après son nul laborieux face à l’Italie a surclassée une bien faible équipe d’Irlande (4-0).

    Il ne fallait d’ailleurs pas attendre longtemps pour avoir la manifestation de cette supériorité. Le match n’avait commencé que depuis 4 minutes quand Andres Iniesta délivrait une passe lumineuse dans l’axe du terrain pour David Silva. Le meneur de jeu des Citizens ne pouvait contrôler le ballon mais voyait Torres surgir devant Richard Dunne tel un aigle fondant sur sa proie. Sans contrôle, l’attaquant de Chelsea ne se posait pas de questions et fusillait un Shay Given impuissant sur cette frappe lourde sous la barre. D’entrée de jeu, l’Espagne faisait s’envoler ses doutes. Après 4 minutes le tableau d’affichage affichait déjà 1-0 pour le champion d’Europe. Un champion d’Europe qui imposait sa patte à cette rencontre. Après 10 minutes un peu folles, les hommes de Vicente Del Bosque mettaient définitivement le pied sur le ballon sous l’impulsion du duo Xavi-Iniesta. Exerçant un pressing très haut, l’Espagne asphyxiait littéralement une équipe d’Irlande dépassée par le rythme imposée par son adversaire. Trapattoni l’avait dit, il allait falloir savoir faire le dos rond et savoir exploser en contre. Mais le sélectionneur italien de l’Irlande n’avait pas envisagé un tel écart de niveau entre les deux formations. C’est perplexe et presque amusé qu’il assistait à la déferlante espagnole. Au bord de la rupture, Shay Given pour sa 124ème sélection sauvait ce qui pouvait encore l’être en se démultipliant sur sa ligne devant Iniesta, Torres ou encore Xavi (22, 40, 43, 46) et permettait à l’Irlande de rejoindre les vestiaires avec ce simple petit but de retard.

    Une classe d’écart

    On aurait pu croire que la pause aurait redonné des jambes aux verts mais le début de seconde période fut la copie conforme de la première. Repliés dans sa moitié de terrain, ils laissaient le champ libre à des espagnols inspirés mais trop maladroits dans la finition. Il ne fallait attendre que 3 minutes pour voir David Silva faire le break. Héritant du ballon dans la surface suite à une frappe d’Iniesta repoussé par Given, l’ancien joueur de Valence faisait preuve d’un grand sang froid et fixait trois défenseurs irlandais avant de glisser un subtil ballon de l’intérieur du pied gauche dans le but de Given (2-0, 48ème). Abasourdi, l’Irlande était groggy et perdait pied face au jeu de passes installé par les Ibériques.

    Techniquement très supérieurs, ces derniers déroulaient leur football comme à la parade. Sept minutes plus tard, Given faisait un nouveau miracle dans ses buts. Sur une frappe de Xavi au 6m, l’ancien portier de Newcastle se déployait pour un arrêt réflexe sur sa ligne. Un simple sursis tant la domination de la Roja s’accentuait au fil des minutes. Vicente Del Bosque en profitait pour faire tourner son effectif et reposer ses cadres, sortant Xabi Alonso, toujours aussi précieux dans le jeu long, pour lancer Javi Martinez. Le changement ne changea rien à la mainmise des champions du monde qui ne tardaient pas à donner encore un peu plus d’ampleur au score. A la 70ème minute, Fernando Torres donnait raison à son sélectionneur de lui avoir fait confiance en inscrivant un doublé. Parfaitement servi dans la profondeur par un David Silva plus saignant depuis le retour des vestiaires, El Nino s’en allait tromper Given pour le but du 3-0 avant de se voir offrir une ovation par Vicente Del Bosque. Généreux dans son pressing et ses appels mais aussi et surtout double buteur, Torres a marqué des points ce soir. Sur la pelouse, Fabregas suppléait son coéquipier. Un coaching gagnant puisque le Barcelonais se mettait vite en évidence. Déçu d’avoir du commencer sur le banc, il apportait sa pierre à l’édifice. A l’issue d’une action d’école sur la droite, l’Espagne obtenait un nouveau corner. Sollicité par Xavi au premier poteau, Fabregas se jouait de son défenseur avant d’exécuter Given d’une puissante frappe croisée. La déroute tournait à l’humiliation d’autant qu’après ce but, l’Espagne priva littéralement de ballon l’Irlande pour une magnifique mais cruelle séquence de « passe à 10 ». Pas de quoi décourager le peuple vert qui vint au secours des siens, illustrant à merveille cet esprit de corps si caractéristique du public britannique.

    Inspirée, brillante et dominatrice, l’Espagne a étrillé une faible formation irlandaise. Plus rigoureuse dans son pressing, plus appliquée dans les 30 derniers mètres avec un attaquant référent, le Champion d’Europe a revêtu ses habits de gala en cette soirée du jeudi 14 juin. Une performance rassurante qui lui permet de prendre la tête de son groupe après le nul entre l’Italie et la Croatie et de justifier un peu plus son statut de favori à sa propre succession.

    Christopher Buet


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