• Les larmes silencieuses

    Caroline Garcia en pleurs

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    Condamnée à disputer un premier tour particulièrement périlleux, Caroline Garcia s’est effondrée sous la pression face à Ana Ivanovic (1-6 3-6). A 20 ans, la Française quitte prématurément Roland-Garros.

    Garcia enfouie sous sa serviette

    L’arène est silencieuse, froide comme une nuit d’hiver et sombre sous ce manteau grisâtre qui tapisse le ciel parisien. Au centre, Caroline Garcia se cache, une serviette sur la tête comme un voile tombé sur sa réussite printanière. L’ambiance est morose en cette triste après-midi à l’intérieur de ce Philippe-Chatrier creux et austère. En quittant sa chaise, la jeune joueuse de 20 ans dévoile son visage où se lit la plus immense des détresses. Rougis, ses yeux brillent et laissent s’échapper des larmes. Déjà deux jeux plus tôt, lors du précédent changement de côté, la tricolore avait laissé transmettre tout son désarroi le regard dans le vague et l’esprit absent. Là, à 1-6 1-4 en faveur d’Ana Ivanovic, l’émotion est irrépressible, terriblement douloureuse. Programmée sur le plus grand court de Roland-Garros pour son entrée en lice dans le Majeur français, Caroline Garcia sait qu’elle est en train de passer à côté de son sujet, qu’elle est en train de se fourvoyer, tétanisée par la pression de l’événement. « Depuis deux semaines, il y a plus de pression autour de moi, c'est sûr. Et je n'arrive pas à être la personne que je suis vraiment. Et parfois c'est mieux quand tu sens que tu as du stress. C'était plus inconscient qu'autre chose. Là je n'ai pas réussi à le gérer », confessera-t-elle après la rencontre.

    Le tracteur de l’ocre

    Ivanovic en toute sérénité

    Excellente surprise des derniers mois, Caroline Garcia nourrissait les espoirs les plus fous dans le cœur des suiveurs du circuit et du peuple français en mal de championnes surtout depuis le brusque départ à la retraite de Marion Bartoli l’été dernier. Aux côtés d’Alizé Cornet, elle devait porter haut les couleurs de la France. Une tâche pas si évidente après le tirage au sort de la semaine passée qui lui avait promis une entrée en matière pour le moins indigeste avec la Serbe Ana Ivanovic, 12ème mondiale et victorieuse sur la terre battue parisienne en 2008. « Je m'attendais à un match très difficile parce que, ces derniers temps, elle a obtenu de bons résultats sur terre battue. C'est la première fois que je dispute un match contre elle. J'étais dans l'inconnu. Je m'en suis tenue à la tactique que j’avais décidée avec mon entraîneur », révélait Ivanovic après son succès.

    Une prudence salutaire pour la Serbe qui allait rapidement mettre sous l’éteignoir une Caroline Garcia loin de son niveau affiché depuis quelques semaines. Tenaillée par la pression, cette dernière peinait à développer son tennis et multipliait les fautes directes jusqu’à en totaliser 21 sur la seule première manche. Beaucoup trop pour espérer quoi que ce soit contre une joueuse du calibre d’Ivanovic, qui s’adjugeait le set (6-1). Hors du coup, Garcia tentait alors de refaire surface à l’amorce du second acte. Si elle concédait le break d’entrée, elle parvenait à prendre la mise en jeu de son adversaire dans la foulée. On aurait pu 

    Garcia n'y est pas

    croire dès lors qu’elle allait enfin donner la réplique mais ce sursaut allait rester sans suite. « J'étais un peu bloquée, coincée au sol. Je n'arrivais pas à décoller les pieds du sol. En plus, contre Ivanovic, cela va vite. Il faut être rapide sur les jambes et bien enchaîner. Mais j'étais un vrai tracteur », ne se cachait pas l’héroïne du dernier week-end de Fed Cup. En effet, Caroline Garcia n’y était pas en cette morne après-midi de mai. Lente, incapable de tenir l’échange et abandonnée par son service (40 % de 1ère balle), elle lâchait prise sur un ultime ace extérieur d’Ivanovic, son second, symbole de l’impuissance de la tricolore face à la régularité et la qualité serbe (6-1 6-3). « Aujourd'hui, voilà, c'était peut-être un mal pour un bien, peut-être too much pour moi. Je vais conserver le plus que je peux de cette expérience », concluait finalement Garcia, pressée d’effacer ce mauvais souvenir et de revenir prouver à son public de Roland-Garros qu’elle a l’étoffe d’une championne, à même d’embraser le Philippe-Chatrier, glaciale forteresse en mal d’héroïnes.

    Christopher Buet


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