• Le miracle avorté

    Rosicky détresse

    Dans un match au spectacle intermittent, Arsenal a failli parvenir à réussir son impensable pari : celui de renverser le Bayern Munich. S’ils repartent avec les honneurs de la victoire, les hommes d’Arsène Wenger n’en sont pas moins éliminés de la C1 et s’en voudront longtemps d’avoir disparu 40 minutes.

    Et le miracle s’évanouit comme une pâle fumée dispersé par un vent violent. En cette soirée papale, les supporters d’Arsenal croyait en une forme de signe divin annonçant un éventuel miracle, dans leur cas une remontée fantastique semblable à celle effectuée par le FC Barcelone la veille face au Milan AC (ndlr : défaits 2-0 à l’aller, les Catalans avaient réussi un match parfait et renverser la situation pour s’imposer 4-0 au retour et se qualifier pour les quarts de finale). Mais voilà, la foi londonienne n’aura pas supporté la rugosité cartésienne de la Bavière. Si à rome, les fidèles ont salué la tant attendu fumée blanche préfigurant le « Habemus Papam », les supporters d’Arsenal n’auront eu droit qu’à une amère fumée teinté de noir et des larmes de leurs espérances déçues, certis du sacro-saint « Good match ».

    olivier+giroud

    Tout avait pourtant bien commencé. Dos au mur après un match aller cataclysmique (ndlr : défaite 1-3 à domicile), Arsenal prenait à la gorge son adversaire et frappait le premier. Suite à une récupération au cœur du jeu, Ramsey recevait le ballon côté gauche et transmettait en une touche à Rosicky qui décalait Walcott. Le Britannique pénétrait dans la surface et fixait son défenseur avant de centrer fort devant le but. Dante parvenait à contrer le ballon mais pas suffisamment pour changer sa course. En embuscade aux six mètres, Giroud surgissait et propulssait le cuir dans les filets bavarois. Impuissant, Neuer ne pouvait que constater les dégâts. Après seulement 3 minutes, Arsenal allumait la flamme de l’espoir en ouvrant la marque dans une Allianz Arena, médusée par la tournure que prenaient les évènements. La salve des canonniers n’allait toutefois pas trouver de prolongement. Bien entré dans leur match, ces derniers se perdaient peu à peu au milieu du terrain. Une aubaine pour un Bayern Munich peu fringant en cette soirée européenne. Nerveux, le Bayern Munich n’était que l’ombre de la froide et punitive machine écrasant la Bundesliga. Peu inspirés en l’absence de Ribéry et Schweinsteiger, les Bavarois peinaient à se montrer dangereux et à trouver un Mario Mandzukic dont la présence ne pouvait se constater qu’à la lecture de la feuille de match. Guère plus en vu, Tomas Müller brillait comme un fantôme et laissait les initiatives à un Arjen Robben emprunté. Sans avoir été transcendant, Arsenal dominait dans les intentions et dans l’engagement un Bayern moribond. Seul motif de satisfaction côté allemand, le bouillant public de l’Allianz Arena qui aura offert un spectacle intense et donné beaucoup de voix pour porter son équipe, qui allait avoir bien besoin de l’appui des siens pour éviter la mésaventure connu par le Milan AC hier à Barcelone.

    La prophétie française inachevée

    Avec ce but d’avance, Arsenal semblait sur la voie d’une grande remontée. Cependant pour y parvenir, il eut fallu que son attitude demeure égale à celle affichée durant le premier acte. Mais au retour des vestiaires, tout a changé et la formation londonienne apparaît méconnaissable. Leur envie au vestiaire, les Gunners abandonnaient les rênes du jeu à des Bavarois qui n’en demandaient pas tant. Profitant de plus de latitude et de l’activité exceptionnelle de Javi Martinez au milieu du terrain, tant à la récupération qu’au marquage de Cazorla, la formation de Jupp Heynckes prenait d’assaut la surface adverse.  Plus le temps passait, plus la pression des locaux se faisaient pressante. Si les allemands Müller et Kroos ne parvenaient à accrocher le cadre, Robben lui y arrivait mais butait sur un Fabianski impeccable, multipliant les interventions décisives. Malgré ces échecs répétés, le Néerlandais ne désarmait pas et sur une nouvelle incursion côté droit, il éliminait son vis-à-vis et repiquait dans la surface. Mais quand ce n’était pas le portier des Gunners, c’est cadre qui dérobait pour lui.

    A force de pousser sans réussir à faire céder la solidaire, à défaut d’être rassurante, défense d’Arsenal, le Bayern Munich allait se faire punir. Alors qu’on les croyait résignés, les Gunners ressortaient de la boîte dans laquelle ils s’étaient cachés toute la deuxième mi-temps. Sur un corner anodin, Koscielny plaçait sa tête au milieu des défenseurs bavarois et trompait au premier poteau un Neuer hagard. A 5 minutes de la fin du match, Arsenal n’était plus qu’à un but de renverser le Bayern Munich et ravivait l’espoir de réaliser l’un des plus grands come-back de l’histoire de la compétition. Plus encore, les Anglais relançaient le suspense pour promettre un final explosif et suffoquant. Toutefois, le leader de la Bundesliga n’entendait pas subir cette ultime pression et faisait jouer toute son expérience.

    Bayern-Arsenal

    Sans jamais paniquer, il confisquait littéralement le ballon. Trop brouillon, les joueurs d’Arsène Wenger gaspillaient leur dernière munition sur un coup-franc trop long d’Arteta. Le rêve venait de passer.

    Sans briller, le Bayern Munich compostait son billet pour les quarts de finale de la Ligue des Champions. Pour Arsenal, l’aventure européenne s’achevait brutalement et avec cette amertume du match totalement manqué à l’Emirates Stadium. Si le Messi a sévit à Barcelone la veille, Dieu avait préféré Rome à Munich hier, abandonnant de fait, Arsenal et le football britannique expulsé du grand huit européen.

    Christopher Buet

     


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