• Le Bosse du 800 m ?

    Pierre-Ambroise Bosse

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    A 21 ans, le coureur de 800 m dispute sa première finale en Championnats du monde. Pas impressionnée, il entend briller à Moscou en l’absence du boss, David Rudisha.

    Le souffle est court mais le regard joueur et la répartie assurée. Même après une demi-finale mondiale du 800 m, Pierre-Ambroise Bosse ne peut se départir de son éternel sourire et de son sens de l’humour. A 21 ans, le Nantais s’est qualifiée pour la finale de la discipline et ce pour sa première participation à un Championnat du monde. A Moscou, le gamin prend du plaisir et le partage. "Je me lance dans une sieste de 45 heures ! Je mets mon réveil à l'heure de la finale", écrit-il un peu plus tard sur sa page Facebook.

    Une occasion en or

    Bosse derrière AmanL’heure a sonné. Ce mardi soir, Pierre-Ambroise revient sur la piste moscovite, avec plein d’ambitions. Il faut dire que l’occasion est trop belle pour ne pas tenter d’en profiter. Champion du monde en titre, champion olympique l’an dernier et recordman du monde, David Rudisha a renoncé à s’aligner en Russie en raison d’une blessure à un genou. « Je ne vais vraiment pas me poser de question, y aller à l'instinct. Il n'y a pas Rudisha, donc ça n'ira pas en 1:40.9.  C’est très ouvert. La seule réalité, c’est que je n’ai jamais battu Aman. Il est solide, le petit ! Cette finale, c’est l’occasion de le faire. Il y a huit prétendants à la médaille et je ne veux pas y aller pour faire huitième », confirme Bosse.

    Attention à Aman

    Si le boss du double tour de piste est absent, la fenêtre de tir n’en demeure pas moins réduite pour le Français. Champion d’Europe espoir début juillet en Finlande, il ne possède que le 5e temps de référence de l’année. Surtout, il doit faire face à une concurrence féroce. En finale les huit engagés se tiennent en seulement 1’’58. Une densité qui pourrait déboucher sur une finale plus tactique qu’à l’accoutumée, Rudisha ayant fait du 800 m une épreuve presque de sprint. Une situation qui n’est pas pour déplaire au tricolore. « J’aime les courses tactiques où tu joues la médaille comme si tu jouais ta vie », déclare Bosse dans L’Equipe.

    Placé au couloir n°4, l’américain Duane Solomon possède le meilleur chrono de la saison. Pourtant, ce n’est pas le 4e des derniers Jeux olympiques qui focalise l’attention du champion de France 2012. C’est son bourreau de la demi-finale, Mohammed Aman. « J'ai tout donné mais ça n'a pas suffi pour gagner. Je voulais lui faire mal, mais il était plus relâché que moi », commentait-il après sa demi-finale. Il faut dire que l’Ethiopien n’est pas à prendre à la légère. A 19 ans, il est champion du monde en salle l’an passé à Istanbul, il s’est même payé le luxe de dominer Rudisha, comme à Zurich en fin d’été 2012. Crédité d’un meilleur temps à 1’42’’53, il est le favori de la course.

    « Il a ouvert la voie »Pierre-Ambroise Bosse au Championnat d'Europe 2012

    Malgré l’adversité, Bosse ne s’inquiète. Bien au contraire. « L’anxiété, je l’ai chassée, et je ne veux plus jamais la revoir », confiait-il récemment au quotidien La Voix du Nord. Le pensionnaire de l’INSEP, depuis 2010, sait que c’est avant tout dans la tête que cette finale va se jouer. « La solitude du coureur de fond, ça existe. T’es seul avec ta douleur, tout se passe dans ta tête. Il y a une solitude et il y a une folie », explique-t-il. Repoussé au couloir huit, ce qui lui a fait dire que les organisateurs le prenait « pour le lièvre », Pierre-Ambroise Bosse espère imiter Christophe Lemaitre, qui en 2011 pour ses premiers Mondiaux avait obtenu le bronze sur 200 m. « Il nous a montré que c’était possible si jeune, il a ouvert la voie », confie-t-il à L’Equipe Magazine fin juillet.

    Plus calme qu’à ses débuts, il se sent prêt. « Avant, j’avais le stress de souffrir: le 800 mètres est une épreuve terrible. Cette année, je n’ai plus peur. Au contraire, j’ai envie de me faire mal », note-t-il. Une sensation qui lui procure paradoxalement du plaisir. « On est un peu maso » s’amuse le Nantais. « Ce sont des impatients qui croquent dans l’athlétisme et ne se mettent aucune limite », abonde Bruno Gajer coach de Pierre-Ambroise Bosse, à l’évocation de son élève et des ses camarades de promo (Jimmy Vicaut, Kevin Mayer et Pascal Martinot-Lagarde). Dans la nuit moscovite, Pierre-Ambroise Bosse entend bien faire exister la France sur l’échiquier mondial du 800 m. L’heure des blagues est passéee. Le réveil a sonné pour Bosse.

    Christopher Buet


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  • Commentaires

    1
    il n'y a que moi pou
    Mardi 13 Août 2013 à 19:30
    Sacré Mohamed ! Ils auraient quand même pu faire gaffe et lui donner un âge probable ! Je sais pas 24 c\'était mieux ! Le mec à 17ans il était en 1\'43 -1\'44 ! Faut rester sérieux ^^
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