• La vie en rose des Pink Rockets

    Qui a dit que le rugby était un sport réservé uniquement aux hommes ? Pour vous, nous sommes allés à la rencontre de la section féminine du Stade Français Paris. Dans l'ombre du club professionnel masculin, Virginie, Camille, Charlie et consorts, tentent depuis septembre dernier de faire parler d'elles. Reportage.

    20 heures, mardi 10 avril 2012, pelouse d'entrainement du Haras Lupin Vaucresson. C'est dans la pénombre et sous les projecteurs d'un stade champêtre de banlieue, que deux fois par semaine les joueuses du Stade Français viennent s'entrainer. Sous la houlette de leurs trois coaches, elles travaillent, deux heures durant, exercices de mêlée pour les unes, formations d'attaque pour les autres, rien n'est laissé au hasard.

     

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    Créée en septembre 2011, la section "rose" parisienne évolue en Fédérale 3, l'équivalent de la cinquième division. Au coeur d'un projet sportif bien rôdé, l'entente est parfaite entre les filles : "On parle beaucoup des valeurs du rugby, certains pensent que ce ne sont que des bétises, mais avec les joueuses c'est vraiment ça. On s'aide, on se soutient, on veut toutes aller dans le même sens", avoue Virginie Duport, qui alterne entre ses trois casquettes de joueuse, capitaine et manager de l'équipe.

    Après six mois de compétition, et deux phases de poules jouées, l'heure est au premier bilan pour François Jover, l'entraineur des lignes arrières : "C'est ma première saison à coacher une équipe de filles, et je remarque qu'il n'y a pas beaucoup de différences. Elles se donnent à fond, voire même plus que les hommes. Elles ont vraiment envie de prouver". Prouver, le mot est lâché. Car le Stade Français Paris n'est plus qu'un simple club du championnat de France masculin, le rose ne se juxtapose plus qu'à la simple musculature des athlètes hommes, il se dessine aussi sur les formes longilignes des Pink Rockets. Mais pour ces dernières, porter les couleurs d'un club professionnel treize fois champion de France, confère autant de fierté que d'appréhension : "La première fois qu'on a enfilé le maillot en match, on s'étaient toutes mises une vraie pression. On savait que ce n'est pas un club comme les autres, les filles en face nous attendaient toutes au tournant. Elles avaient cette volonté de battre Paris, et pour nous, jeune équipe, c'était compliqué...", raconte Amesh Mahé, arrière et buteuse de l'équipe.

    En décembre et après des débuts compliqués en championnat (six défaites en six matches, et seulement cinq points marqués), l'heure était à la réflexion. Comment cette formation pouvait faire trouver au SF, ses lettres de noblesse : "On avait honte, c'était dur ! Il faut savoir que le site officiel du club ne voulait pas parler de nous tant que l'on n'avait pas gagné un match... Alors dès qu'on a remportée notre première victoire, ça a été beaucoup mieux dans nos têtes et on a pu enchainer", explique Georges Coudane, alias "Jo la bonne humeur". Et enchainer, elles l'ont fait avec brio. En phase retour les Pink Rockets n'ont connu qu'une seule fois la défaite en six rencontres. Un parcours historique pour une nouvelle formation en Fédérale. Plus réservées sur les objectifs en début de saison, et aujourd'hui qualifiées pour les play-offs du championnat, les Pinks Rockets ne se fixent plus de limites : "La Fédérale 2 ? Oui, non, je sais pas ... n'essayez pas de me faire dire ce que je n'ai pas dit ! On verra quand ça viendra ..." admet avec sourire Virginie. Step by step, voilà la philosophie d'un groupe qui saura grimper très haut.

     

    Mickaël MARTIN-HAIM


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