• La rentrée des magiciennes (1/2)

    Rod Laver Arena

    Open d'Australie logoAprès deux mois d’apaisement, le circuit WTA renoue avec le tumulte des grands rendez-vous. De Serena Williams à Maria Sharapova en passant par Petra Kvitova, toutes les meilleures joueuses du monde ont débarqué en Australie pour ensorceler cette première levée du Grand Chelem et succéder à Li Na.

    Son cri de joie résonne encore dans les coursives de Melbourne Park, un bruit roque et diffus faisant écho à ce sourire scintillant qui flotte encore au-dessus de cette Rod Laver Arena et son court mâtiné de bleu où voilà déjà un an, elle avait envoûté l’assistance australienne et soulevé le Daphne Akhurst Trophy à l’issue d’une quinzaine magnifique. A 31 ans, Li Na décrochait là sa deuxième couronne en Grand Chelem et se posait comme l’une des grandes dames de 2014. Un an plus tard, en ce mois de janvier 2015, la joueuse chinoise n’est plus qu’un souvenir, une gloire évanouie dont l’Australie aura été le théâtre de sa dernière grande représentation. En effet, la native de Wuhan s’est retirée, trahie par son physique, laissant orphelin l’édition 2015 de sa championne. Une absence en forme d’ultime numéro de prestidigitation comme pour appeler une nouvelle magicienne à ensorceler le début de saison aux antipodes, là où tout paraît possible quand les petites balles jaunes recommencent à rythmer les vies et les cœurs.

    Privée de son impératrice chinoise, l’Open d’Australie doit réinventer son spectacle féminin annuel. Pour ce faire, les arguments ne manqueront pas comme les prétendantes dans un circuit WTA cultivant les illusions.

    Serena Williams, favorite incertaineL’inconnue Serena

    Ces illusions, Serena Williams en avaient été victime ici-même la saison dernière. Arrivée invaincue et grandissime favorite, l’Américaine avait été soufflée sans ménagement par la bluffante Ana Ivanovic dès les 8ème  de finale. Une gifle qui allait donner le ton d’une saison longtemps maudite en Grand Chelem. Un 2ème tour à Roland-Garros et une piteuse prestation à Wimbledon marquée par un malaise, avant l’embellie new-yorkaise et son titre à l’US Open. Depuis ce 18ème titre en Grand Chelem acquis à Flushing Meadows en septembre, l’Américaine est redevenue la joueuse qui faisait trembler l’ensemble du circuit et qui imposait sa loi aux autres filles. Une joueuse qui, malgré ses 33 ans et des honneurs à ne plus savoir qu’en faire, demeure insatiable. « Je ne fais aucun mystère. Je veux dépasser les fameux 22 titres de Steffi Graf. Mais pensons d’abord au 19e », annonce-t-elle pleine de détermination et de lucidité avant d’affiner ses desseins quant à 2015 « Je peux affirmer que je suis une meilleure joueuse aujourd’hui par rapport à 2009, 2010 et 2011. Je me sens plus légère sur le terrain. Mon jeu est plus consistant et sous contrôle (…) Je veux juste que mon jeu soit… génial. Il faut que j’améliore mon déplacement et mes retours de service. Je dois diminuer mes doubles fautes et maîtriser la gestion de mes émotions durant une partie. » Une volonté qui n’étonne pas Li Na. « Serena est toujours difficile à battre. Aussi longtemps qu'elle voudra être au top, elle le sera, car c'est une si bonne joueuse avec une mentalité de championne », croit la championne sortante et fraîche retraitée.

    Si Serena annonce ses intentions avec clarté, il lui faudra mettre ses menaces à exécutions sur le court, ce qu’elle n’a pas encore fait depuis la reprise avec notamment une défaite indigente en Hopman Cup contre Eugénie Bouchard (2-6 1-6) ou une autre en 3 sets face à Radwanska. « Je ne suis pas très satisfaite. Mais bon, je ne suis jamais contente de ma préparation. Donc, peut-être que c’est bon signe. Je me sens beaucoup mieux qu’il y a quelques semaines », convient-elle. Touchée dans son orgueil, la n°1 mondiale aura certainement à cœur de rectifier le tir à Melbourne sur une terre qui se refuse à elle depuis 2010.

    Sharapova est prête

    Sharapova ne tremble pasA la différence de Serena Williams encombrée de d’incertitudes et placée dans une partie haute de tableau exceptionnellement dense qui lui promet notamment Zvonareva au 2nd tour, des retrouvailles enflammées avec son bourreau parisien Garbine Muguruza en huitième de finale et où figure Wozniacki, Azarenka, Kivtova ou encore Radwanska et Cornet, Maria Sharapova a pris ses quartiers dans une moitié de tableau autrement plus dégagée dont le premier nuage n’est pas attendue avant la deuxième semaine et pourrait s’appeler Safarova.

    Une entrée  matière tout en douceur donc pour la Sibérienne qui lorgne avec avidité sur le trône mondial de l’Américaine. En effet, en cas de victoire finale à Melbourne ou d’une finale sans que Serena Williams n’atteigne le dernier carré, alors la Russe délogerait sa rivale et récupérerait une place qu’elle n’a plus occupée depuis 2012. Sharapova le sait mais ne veut pas s’éparpiller et laisse la pression à Serena Williams. « Même à 33 ans, elle est toujours aussi forte et possède tant d’expérience », glisse-t-elle. Pour autant et bien que décevante depuis qu’elle a assujetti Roland-Garros par ses âpres batailles terriennes en juin dernier, l’impératrice guerrière débarque en Australie pleine de confiance et sûre de son tennis. « Je ne pouvais pas rêver meilleure préparation.», apprécie la joueuse de 27 ans à la rage de vaincre si unique qui n’a pas digéré son élimination prématurée en 2014. « J’ai faim. Je suis déterminé à faire mieux. J’ai échoué en 8ème l’an dernier. Ce n’était pas le résultat que j’attendais. Je veux faire mieux. Je suis ici pour tenter de gagner le titre », prévient-elle. Plus que ses lourdes frappes, c’est bien sa confiance en elle et son invariable ténacité qui seront ses meilleurs atouts pour triompher d’une adversité toujours plus grande.

    Christopher Buet


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