• L'Allemagne survole l'épreuve par équipe

    Sochi 2014

    Bredouille après les petit et grand tremplin, l’Allemagne s’est consolée en remportant l’or dans l’épreuve par équipe. Elle devance l’Autriche et le Japon.

    Dernier sauteur, Severin Freud est enlacé par ses coéquipiers

    L’explosion de joie est à la hauteur de l’exploit réussi. En bas du grand tremplin de Russki Gorki, Severin Freund est enlacé par Marinus Kraus et les deux Andreas Wrank et Wellinger, avant de tomber à la renverse sur la neige de Sochi, sous le poids de ses coéquipiers. Après un concours par équipe haletant qui aura donné lieu à une lutte terrible en haute altitude entre les meilleurs sauteurs du monde, l’Allemagne venait de faire tomber celle que l’on croyait intouchable, la Wunderteam autrichienne, double championne olympique et quintuple championne du monde en titre, invaincue depuis 2005. Un exploit d’autant plus important que l’Autriche avait aligné ses meilleurs éléments avec Thomas Morgenstern et Gregor Schlierenzauer présents en 2006 et 2010, accompagnés de Michael Hayboeck et Thomas Diethart.

    Or un concours par équipe ne se gagne pas sur le papier mais bien avec le cœur et la passion. Deux qualités dont Andreas Wellinger et ses partenaires débordaient après une semaine olympique décevante où ses représentants n’avaient pu faire mieux qu’une 4e place par l’intermédiaire de Freund sur le grand tremplin. Après une 1ère manche de haute volée, les Allemands parvenaient à contenir le retour des Autrichiens et conservaient finalement l’avance acquise, soit un peu moins de 3 points (1041,1 contre 138,4). Cette médaille venait ainsi mettre un terme à 12 ans d’attente pour des Allemands qui attendaient des successeurs au quatuor Hannawald-Hocke-Schmitt-Uhrmann, sacré en 2002 à Salt Lake City. De son côté, l’Autriche abandonne sa mainmise sur la discipline. Absente des podiums du petit et du grand tremplin, elle devait se contenter de cet argent qui ne fait pas son bonheur et quitter Sochi avec le sentiment du travail bâclé.

    Stoch ne fera pas le Grand Chelem

    Le Japon en bronze

    La dernière marche du podium revenait, elle, au Japon de l’inusable Noriaki Kasai. Une médaille de bronze empreinte d’histoire pour le sauteur de Shimokawa, déjà présent il y a 20 ans à Lillehammer quand l’Empire du Soleil Levant s’était élevé sur la seconde marche du podium olympique. Une médaille gagnée à la barbe de la Pologne de Kamil Stoch. Champion olympique sur le petit comme le grand tremplin cette semaine, l’ange de Zakopane n’a pas suffit pour permettre à son pays de connaître les joies d’un premier podium par équipe aux Jeux olympiques (épreuve introduite en 1988 à Calgary). Quatrième avec ses partenaires Kot, Zyla et Ziobro, Stoch ne rejoindra pas dans la légende le Finlandais Matti Nikännen, seul sauteur de l’histoire à avoir réalisé le Grand Chelem avec 3 titres olympiques dans les mêmes Jeux olympiques (Calgary 1988, ndlr).

    Christopher Buet


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  • Le Polonais Stoch porté en triomphe

    Sochi 2014

    Déjà vainqueur du petit tremplin, Kamil Stoch s’est envolé, de second, sur le plus grand pour décroché sa seconde couronne olympique. Le Polonais réalise le doublé comme Simon Ammann en 2002 et 2010, et entre dans la légende.

    Stoch célèvbre son titre dans l'aire d'arrivée

    Le baiser est furtif mais emprunt d’une certaine tendresse et surtout d’une gratitude absolue. Kamil Stoch le sait, ses skis qu’il vient d’embrasser l’ont porté par-delà les vents traitres de Sochi et lui ont permis de chevaucher de second ses compatriotes Maciej Kot et Jan Ziobro pour un cérémonial devenu rituel lors des victoires du Polonais. Déjà la semaine dernière, Stoch avait été porté en triomphe par ses partenaires après un concours proche de la perfection sur le petit tremplin. Cette fois, le natif de Zakopane n’a pas survolé la concurrence comme il y était parvenu précédemment mais il a su se jouer des conditions, de la pression exercé par un Noriaki Kasai plus fringant que jamais à 41 ans et d’un vent qui avait décidé de n’en faire qu’à sa tête.

    Surprises venteuses

    En cette soirée de samedi, Eole était las de voir Helios lui voler la vedette en irradiant les différents sites olympiques de Sochi et de les plonger dans un printemps précoce. Sur le Russki Gorki, le dieu grec du vent a ainsi repris ses droits et imposer sa loi à une soirée fort perturbée. Tout commençait avec le saut d’essai. Réglage apprécié juste avant le début de la compétition réel, ce dernier n’allait pas se dérouler comme prévu. Si les premiers sauteurs parvenaient à s’élancer, comme le Français Ronan Lamy-Chappuis, les derniers appelés sur le sautoir allaient se voir signifier de redescendre. En effet, le vent tourbillonnant ne permettait plus de sauter dans de bonnes conditions et contraignaient les organisateurs à avorter le saut d’essai.

    C’est donc sans réglages que les meilleurs mondiaux allaient devoir aborder la 1ère manche donnant accès à la finale. Surtout, si cette dernière allait bien avoir lieu, le vent lui n’allait pas faiblir et allait emporter certains des favoris, à commencer par Robert Kranjec maudit sur ses Jeux olympiques. Victime d’une chute lors des qualifications du petit tremplin alors même qu’il était qualifié, le Slovène se blessait à la cheville et devait renoncer. Ce samedi, il était pris dans une bourrasque et retombait trop tôt. 

    Kamil Stoch survole Sochi et son sautoir

    La finale venait de lui échapper. Autre victime de l’intraitable Eole, l’Autrichien Thomas Diethart. Quatrième sur le petit tremplin, il était balayé comme une feuille par la brise automnale et disait adieu à la finale (32e), comme Thomas Morgenstern (40e). L’accalmie intervient au passage de Severin Freund. L’Allemand pose un saut monstrueux à 138 m. Un mètre moins loin, toutefois que le vétéran Noriaki Kasai et le contrôleur du ciel polonais Kamil Stoch.

    Stoch déploie ses ailes

    La finale voyait le vent jouer encore les trouble-fête. Après avoir trop porté les premiers concurrents à l’image du Russe Vassiliev qui battait le record du tremplin à plus de 144 m, l’aire de lancement était descendue. Pas de quoi bouleverser la donne. Si Marinus Kraus, 24e après la 1ère manche, allait occuper la 1ère place durant de longues minutes au point de finir 6e, l’Allemand devait se résoudre à laisser sa place. La victoire ne pouvait échapper au quatuor Prevc-Freund-Kasai-Stoch. La jeune slovène était le premier à se signaler et éjectait Freund moins précis sur sa deuxième tentative. Comme sur le petit tremplin, il s’invitait sur le podium. Le métal serait cette fois en bronze, la faute à Noriaki Kasai. A 41 ans, le vénérable sauteur japonais sortait un gros saut à 133,5 m pour prendre la tête. Ses compatriotes ne s’y trompaient pas et lui sautaient dans les bras à son arrivée. Mais voilà, plus haut au loin, il restait un homme : le champion olympique du petit tremplin, le leader de la coupe du monde, le Polonais Kamil Stoch. Ce dernier ne tremblait pas, s’élançait, poussait fort, déployait ses skis comme un oiseau déploie ses ailes et retombait avec beaucoup de maîtrise à 132,5 m. Suffisant pour lui assurer la victoire. Comme Simon Ammann en 2002 et 2010, Kamil Stoch réalisait le doublé petit-grand tremplin. L’enfant de Zakopane n’est un simple sauteur, il est devenu à 26 ans un ange. Un ange aux ailes d’or.

    Le podium Stoch, Kasai, Prevc
    Christopher Buet

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  • Dario Cologna dans son fauteuil de vainqueur

    Sochi 2014

    Dure journée pour le fond tricolore. Jean-Marc Gaillard se classe meilleur français avec la 21e position. Adrien Backscheider et Cyril Miranda finissent respectivement 43e et 56e d’une course remportée par Dario Cologna. Le Suisse s’offre ainsi son second titre olympique après celui conquis en skiathlon.

    Il y a des jours où rien ne va, des jours où la tête ne suit pas, l’esprit vagabonde et se perd. « Je me sentais un peu en dedans, j’avais déjà la tête dans le relais », expliquait après la course Jean-Marc Gaillard. Le vétéran de l’équipe de France de fond est le symbole de cet état dans lequel a semblé erré les représentants tricolores, ce vendredi, lors du 15 km classique. A l’entrée du dernier virage, à l’embranchement du stade, le natif d’Annemasse se trompe, « la tête dans le gaz » comme il dira, il tourne trop tôt avec un concurrent parti bien après lui avant de se rendre compte de son erreur. Demi-tour et plusieurs secondes de perdues dans cette étourderie qui ne change rien au résultat final malgré tout. Juste le symbole d’un fondeur qui a tout donné et a manqué de lucidité dans les dernières encablures d’une course épuisante.

    Adrien Backscheider a beacoup appris à Sochi

    Backscheider se montre et apprend

    Comme la veille, les conditions climatiques étaient à nouveau très chaudes (12°) et rendaient la pratique du ski de fond compliqué. « Il fait chaud, c’est exténuant », lâche Adrien Backscheider qui vivait là sa toute première course olympique du haut de ses 23 ans. Motivé comme jamais, le messin ne calculait rien dès le départ. « Adrien, ce n’est pas quelqu’un qui se pose des questions. Il sait ce qu’il vaut et il va au bout des choses », assurait sa sœur voilà quelques jours à la presse. Aussi après 2 km de course, le champion du monde espoir du skiathlon était dans l’allure à 10’’ de la tête et dans les mêmes temps de passage que les Norvégiens Golberg (vainqueur à Lillehammer cet hiver) et Jespersen (leader de la coupe du monde de distance). Mais la surprise n’allait pas durer et le gamin allait rentrer dans le rang. Piochant physiquement, il rétrogradait progressivement pour finalement se contenter d’un 43e rang final à trois minutes et 52 secondes du vainqueur du jour. « J’ai essayé de déconnecté le cerveau mais ça l’a pas fait. J’ai eu un point de côté et après je me suis un peu retenu. Ma technique n’était pas bonne. Après je suis content de moi quand même », indiquait-il à l’issue de cette première expérience. Son heure de mener la délégation du fond tricolore n’était tout simplement pas venue, pas encore.

    Le jour sans de Miranda

    Miranda ne répond plus

    En ce jour et en l’absence de Maurice Manificat (impasse), ce rôle était dévolu à l’ancien du groupe, Jean-Marc Gaillard. Parti prudemment, ce dernier pointait en 22e position après 5 kilomètres à déjà plus d’une minute de la tête. Sans se désunir mais sans parvenir à accélérer non plus, il allait naviguer toute la course aux alentours du Top 20 avant de finalement échouer aux portes de celui-ci (21e). « Je ne jouais pas le podium. Ce n’est pas mon truc le chrono. Je préfère être au contact, me battre avec les autres », tentait-il de dédramatiser l’esprit déjà tourner vers le relais du week-end.

    Dernier français en lice dans ce 15 km, Cyril Miranda a vécu le genre de journée qu’on n’espère pas connaître dans un grand événement : le jour sans. Sans énergie, privé de sensations, le Grenoblois n’a jamais été dans le bon tempo. « Ca fait 4 ans qu’on attend et un jour sans aujourd’hui, c’est rageant. Au début, je ne suis pas trop loin et au fur et à mesure, je prends de plus en plus puis je lâche un peu », regrette celui qui prend une anonyme 56e place.

    Doublé doré

    Cologna impose un rythme insoutenable

    Loin des turpitudes françaises, Dario Cologna a rappelé, si cela était nécessaire, qu’il ne se ressentait plus de cette cheville qui lui avait fait manquer tout l’hiver. Deuxième au tiers du parcours, derrière le surprenant finlandais de 22 ans Livo Niskanen, dont l’avenir s’annonce radieux, le Suisse accélérait progressivement. Si Niskanen lui tenait tête jusqu’à la mi-course où seulement 7 dixièmes de secondes séparait les deux hommes (le Finlandais finira 4e, ndlr), le fondeur de natif de Santa Maria Val Müstair finissait par décramponner tout le monde et à creuser les écarts. Fluide et puissant, Cologna ne laissait aucune chance à une concurrence affaiblie par l’absence des russes Legkog et Vyleghzanin ainsi que de Petter Northug (méforme). Dans un dernier effort, le triple vainqueur du classement général de la coupe du monde venait couper la ligne d’arrivée et s’adjuger sans trembler son troisième titre olympique, le deuxième sur la distance après celui acquis 4 ans plus tôt (en libre) à Vancouver, et le deuxième de ses Jeux olympiques après le skiathlon de dimanche. Absent tout l’hiver, Cologna est l’homme de cette première semaine olympique sur le ski de fond.

    Derrière lui, le podium est complété par deux Suédois, décidément abonnés aux places d’honneur à Sochi. Comme Charlotte Kalla sur le skiathlon et le 10 km classique la veille, Johan Olsson se pare d’argent quand son compatriote Daniel Richardsson prend le bronze. Privé de Northug et Toenseth, la Norvège est la grande perdante du jour. Son premier représentant ne se classe que 7e en la personne de Chris Andre Jespersen. C’est la première fois depuis le début de ses Jeux olympiques que le Opays des fjords ne parvient pas à glisser l’un des siens sur le podium.

    Christopher Buet


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  • Jason Lamy Chappuis à la ramasse

    Sochi 2014

    Après un bon saut, Jason Lamy Chappuis a été abandonné par ses jambes et n’a jamais pu défendre ses chances dans la course de ski de fond (35e). Le premier français s’appelle finalement Maxime Laheurte (17e). Le titre olympique revient à Eric Frenzel, impeccable et en tête de la course de bout en bout.

    Il espérait sans doute être plus près de son grand rival Eric Frenzel à l’heure de lancer sa course de fond et de défendre son titre olympique. Car même si 31 secondes se comblent, elles constituent un écart substantiel qu’il s’agit d’effacer.

    Frenzel et Watabe ne seront pas rejoints

    Si Jason Lamy Chappuis part si loin de l’Allemand, c’est parce que dans la matinée son saut n’a pas été aussi bon que prévu. Moins aérien qu’à l’essai, le Français est retombé à 98,5 m et s’est positionné à la 8e place du classement de ce saut de combiné. Pas de quoi inquiéter le champion olympique sortant. « Je suis à la bagarre », apprécie-t-il avec un grand sourire symbolisant sa grande décontraction et surtout la sérénité qui est la sienne en cette première journée olympique du combiné.

    Sous le soleil et dans l’étonnante douceur de Sochi (11°), Eric Frenzel s’élance vers la gloire et ce qui pourrait être sa première médaille d’or aux Jeux olympiques. Parti juste devant Akito Watabe, l’Allemand refuse de faire la course seul, certain que la mission serait impossible, et se laisse rejoindre par son poursuivant japonais. Derrière, le groupe de chasse s’est constitué avec pas moins de 22 hommes en son sein dont Jason Lamy Chappuis mais aussi Magnus Moan et surtout Alessandro Pittin, pourtant parti 41 secondes après le Français. Malgré cette densité, ce groupe ne parvient pas à reprendre du temps sur le duo Frenzel-Watabe, qui compte toujours 30’’ d’avance après 2,5 km.

    Lamy-Chappuis décroche

    Lamy-Chappuis trahi par ses jambes et ses skis

    Conscients de ne pas revenir sur les leaders, les poursuivants parviennent à s’organiser et finissent par réduire considérablement l’écart. Dans un circuit très rectiligne qui permet de voir les échappés, le groupe emmené par le norvégien Moan n’est plus qu’à 20’’. Une meute dont Jason Lamy Chappuis ne fait plus parti. Très en confiance le matin, le champion du monde français est en grande difficulté sur les skis et ne parvient pas à suivre le rythme imposé. « Il faut que je récupère de mon saut », disait-il avant de partir se reposer juste après le concours matinal. Après 7 km, Jason Lamy Chappuis ne pointe qu’au 22e rang à près de 48 secondes de la tête et une trentaine de secondes de Pittin qui réalise une course de fond fantastique et mène le groupe des poursuivants. Une surprise qui n’en est pas une pour cet Italien de 23 ans qui avait triomphé par trois en 2012 à Chaux Neuve avant de se blesser à répétition.

    Frenzel ne tremble pas

    Eric Frenzel s'empare de l'or

    Dans la dernière boucle, le duo Frenzel-Watabe ne parvient pas à contenir le retour de la meute. Bien caché derrière Pittin, Moan passe à l’offensive avec son compatriote Krog quand Pittin après avoir laissé filer revient et dépose Moan dans la foulée de Krog. Devant, l’explication est âpre. Watabe tente son va-tout dans la dernière montée mais Frenzel ne se laisse pas décrocher et finit par contrer le Japonais pour s’envoler vers le titre olympique. Leader incontesté de la coupe du monde, vainqueur de 7 épreuves sur 10 cet hiver, le natif d’Annaberg- Buchholz a répondu présent en menant du début à la fin ce combiné nordique pour se donner le droit de se couvrir d’or. Le message de l’Allemand est clair, le patron est là et entend bien faire respecter la hiérarchie. Derrière si Wattabe assure l’argent, la bataille pour le bronze est intense. Revenu du fin fond du classement après un saut très moyen, Pittin échoue au pied de ce podium qu’il avait gravi à la 3e place en 2010. Cette médaille de bronze revient, en effet, au norvégien Magnus Krog, parfaitement tactiquement dans cette course de fond.

    Du jamais vu depuis 2006

    La mine des mauvais jours

    Dans le clan tricolore, on était loin de la joie manifestée par les voisins allemands. Contrairement à ce qui était attendu, le premier français qui vient couper la ligne ne s’appelle pas Jason Lamy Chappuis mais bien Maxime Laheurte, 17e à 1’12’’ de la tête et satisfait de sa performance. « Je m’en suis bien sorti et c’est de bon augure pour la suite », appréciait-il. Sept secondes plus tard, c’est au tour de François Braud de débarquer à la 20e position. Le porte-drapeau, lui, est loin, trahi par son physique. « Après un tour, je sentais que les jambes ne répondaient pas. C’était un calvaire de finir cette course. Je n’ai pas tout compris (…) Ce n’est clairement pas mon niveau », explique celui qui échoue au 35ème rang à 2’37’’ de Frenzel, son plus mauvais classement depuis 2006 et une 42e place à la coupe du monde de Ramsau am Dachstein en Autriche. Jason Lamy Chappuis finit même dernier français du jour puisque Sébastien Lacroix avait intégré le Top 30 (28e) quelques jours après une grosse grippe. Une journée à oublier pour le clan tricolore.

    Christopher Buet


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  • Hattestadt

    Sochi 2014

    Qualifiés avec les honneurs le matin, Cyril Miranda, Cyril Gaillard et Renaud Jay n’ont pas réussi à passer le cap des quarts de finale. Le titre olympique revient finalement au norvégien Ola Vigen Hattestadt, devant les suédois Peterson et Joensson.

    Avec trois garçons qualifiés pour ces quarts de finale, l’équipe de France masculine de ski de fond avait de quoi espérer en vue des demi-finales. Mais le nombre ne fait pas tout malheureusement. Les Bleus ont pu s’en rendre compte dès les quarts de finale. Car si passer les qualifications étaient un passage obligé et un pari déjà pas gagné, se jouer de la concurrence dans ces tours à éliminations n’avait rien d’une partie de plaisir. Engagé dans la 2e série, Renaud Jay décidait de prendre les choses en main et d’emmener son groupe, comme le fit Aurore Jean quelques minutes auparavant. Comme sa compatriote, il finissait par se faire dépasser mais parvenait à se caler dans le sillage des norvégiens Anders Gloeersen et d’Eirik Brandsdal.

    Cyril Miranda

    Comme Aurore Jean, il devait se contenter de l’incertitude de la 3ème place. « J’espère que ça va le faire », tentait de positiver le fondeur tricolore après sa course. Une incertitude levée dès la série suivante. Relevé par la présence de 3 Suédois (Joensson, Hellner et Peterson) et un Norvégien (Northug), le quart de finale filait à la vitesse de la lumière et voyait le 3e (Hellner) et le 4e (Northug) s’emparer des meilleurs temps en vue du repêchage.

    Deux clients sur lesquels, Cyril Miranda allait buter. Bloqué par les deux russes Ustiugov et Pethukov, portés par leur public, il terminait troisième de sa série mais à un peu moins d’une seconde du temps réalisé par Petter Northug. Insuffisant. « Je n’ai rien à regretter, les Russes étaient plus forts que moi. Il ne manque pas grand-chose. J’ai essayé de donner le meilleur de moi », confiait-il un peu déçu. Dans la même série que lui, Cyril Gaillard n’a, en revanche, pas eu le loisir d’espérer. Rapidement repoussé à l’arrière du groupe, il se laissait décrocher dans le final pour finir à la 6e place. « J'ai malheureusement était spectateur de mon quart de finale. Je me suis battu toute la course derrière avec un Finlandais. A ce niveau, ça ne pardonne pas... », regrettait-il conscient d’être passé à côté de sa série. Bien représentée, la France voyait, dès les quarts de finale, ses espoirs de trouver un successeur à Roddy Darragon s’évanouir.

    Hattestadt ne laisse rien

    Hattestadt le plus fort

    Comme chez les dames, la médaille d’or allait venir honorer un Norvégien en la personne d’Ola Vigen Hattestadt. Comme Falla, le trentenaire d’Orje couronnait une journée parfaite qui le vit gagner toute ses courses avec une aisance rare, pour succéder au champion olympique russe Nikita Kriukov sortie prématurément en quart de finale, comme le suisse Dario Cologna.

    A 31 ans, Hattestadt a vraiment fait étalage d’une grande force, en ce mardi, parvenant à mener l’ensemble de ses courses. Assurant un train d’enfer, il a désarçonné tous ses adversaires à l’image de sa finale où il déposait tranquillement le champion de Suède Peterson. Sans suspense à l’avant, cette finale allait être marquée par une multitude de rebondissements à l’arrière. Dans la première bosse, Joensson perdait le contact avec les autres concurrents. On croyait sa course terminée et ses espoirs enterrés mais c’était sans compter sur l’intransigeant virage du circuit. Placé à mi-parcours, ce dernier, qui avait mis fin aux rêves de nombreux hommes depuis ce matin, allait mettre à terre Ustiugov, Gloeersen et Hellner. Une chute fatale pour ce dernier qui finirait au ralenti et bénite pour Joensson qui au prix d’un effort terrible parvenait à recoller et à se parer de bronze au final.

    Après Falla, c’est donc un autre Norvégien qui monte sur la plus haute marche du podium avec Hattestadt, le tout devant deux Suédois comme pour affirmer la toute puissance du pays des fjords sur le ski de fond mondial. Après 4 épreuves, la Norvège compte déjà 3 titres et un total de 5 médailles en fond.

    Christopher Buet


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