• Ivanovic renvoie Serena Williams à la maison

    Ana Ivanovic triomphe de Serena Williams

    Open d'Australie logo

    Au terme d’un match exceptionnel de sa part, Ana Ivanovic s’est qualifiée pour les quarts de finale de l’Open d’Australie en dominant pour la première fois de sa carrière Serena Williams (4-6 6-3 6-3, en 1h56). La Serbe met également fin à la série de 25 victoires consécutives de l’Américaine.

    La surprise fut totale et la joie à la hauteur de l’exploit qui venait de se produire. En début de tournoi, tout le monde s’accordait sur une question simple : Serena Williams chutera-t-elle ? Et si oui, contre qui ? Aussitôt, les noms de Victoria Azarenka ou Maria Sharapova apparaissaient. Toutefois, ni la double tenante du titre et ni la lauréate de l’édition 2008 n’auront le temps de vérifier si les pronostics disaient vrais.

    En effet, la nuit dernière, une autre jeune femme s’est chargée de renvoyer prématurément la n°1 mondiale chez elle. Dans sa magnifique robe bleue, Ana Ivanovic a réalisé ce que personne ne pensait possible et ce qu’aucune joueuse n’était parvenue à accomplir depuis Victoria Azarenka au mois d’août dernier en finale du Masters 1000 de Cincinnati.

    Serena Williams fait illusionOpportunisme américain

    Après une semaine caniculaire, ce choc entre l’actuelle n°1 mondiale et une ancienne titulaire du statut allait se dérouler dans des conditions parfaites sur une Rod Laver Arena pleine et prête à s’enflammer. Tout était donc réuni pour une belle rencontre de tennis. D’autant que contrairement à son habitude, Ana Ivanovic ne nourrissait aucun complexe au moment de défier son illustre adversaire. « En allant sur le court aujourd'hui, j'ai réellement essayé de donner le meilleur de moi-même. J'ai essayé d'en faire un bon match », expliquait la Serbe qui joignait les actes aux paroles.

    Parfaitement relâchée, elle n’hésitait pas à contester l’Américaine sur sa mise en jeu en se montrant agressive. Les deux jeunes femmes se rendaient ainsi coup pour coup dans une première manche serrée. Cette dernière tournait quand à 4-5, Ana Ivanovic se rendit coupable d’un très mauvais jeu de service. Visiblement moins souveraine qu’à l’accoutumée, Serena ne laissait pas filer l’occasion et profitait de cette baisse bienvenue pour s’emparer du premier set (6-4). Sans être exceptionnelle, la n°1 mondiale prenait les devants.

    « J’y ai cru »

    La perte de cette première manche, où elle avait laissé filer 3 balles de break et commit pas moins de 14 fautes directes, aurait pu entamer la confiance d’Ana Ivanovic. Il n’en fut rien, bien au contraire. « J'y ai cru. J'avais de la confiance en venant jouer ce match aujourd'hui. (…) Même quand je faisais des erreurs, je croyais en moi », appréciait-elle. Loin de se désunir, l’ancienne n°1 mondiale repartait à l’assaut plus déterminée que jamais.

    Plus entreprenante et s’appuyant sur un coup droit parfaitement réglé, Ivanovic se mit à développer un tennis de très haute volée et ne laissa plus respirer une adversaire visiblement empruntée. « Je l'ai maintenue sous pression tout au long du match. Je suis restée dans le mouvement physiquement », soulignait-elle. En face, Serena était dépassée par les initiatives et la qualité adverses. La lauréate du dernier US Open abandonnait ainsi par deux fois sa mise en jeu. Plus que les faits de jeu, c’est l’attitude de la protégée de Patrick Mouratoglou qui interrogeait. Rarement, celle-ci était apparue aussi lourde sur un court. « C'est évident que je ne frappais pas la balle comme je la frappe normalement, que je ne bougeais pas comme je bouge normalement et que je faisais énormément d'erreurs que je ne fais normalement pas », soupirait une Serena désabusée et dont l’esprit semblait tourmenté. Sans surprise, Ana Ivanovic revenait à hauteur (6-3). Un petit événement pour la native de Belgrade qui prenait un set à son adversaire,  pour la première fois en 5 rencontres.

    Ivanovic en patronne

    Ana Ivanovic triomphe de Serena WilliamsEn s’emparant du second set, la tombeuse au tour précédent de Samantha Stosur (n°17) venait de renverser le court de ce huitième de finale et d’embraser les travées d’une Rod Laver Arena séduite par le niveau de jeu proposé par la Serbe. Le troisième set était la copie conforme du précédent. Ne desserrant à aucun moment son étreinte, Ivanovic s’octroyait le luxe de breaker d’entrée la n°1 mondiale. Apathique, la cadette des sœurs Williams ne parvenait pas à réagir et affichait le masque des mauvais jours. Impuissante face à l’intensité adverse, elle entretenait, seulement, l’illusion de l’espoir grâce à son impressionnante première balle (13 aces). Une arme insuffisante tant Ivanovic dominait les débats. Agressive en retour de service au point de remporter 60 % des points sur les secondes balles américaines, elle distribuait le jeu avec son coup droit et décidait à sa guise de conclure les échanges long de ligne, croisé ou même parfois au filet. « J'ai fait certaines choses extrêmement bien, vous savez », soutenait-elle. « Ana mérite sa victoire. Elle a extrêmement bien joué. Ce n'est pas comme si je lui avais donné le match », complétait sa victime du jour, consciente de ses limites et de la performance adverse.

    Après 1h56, Ivanovic concluait sa démonstration sur un jeu blanc (6-3), symbole de sa domination absolue sur la rencontre, et laissait éclater sa joie dans un cri d’allégresse fendant les applaudissements et rugissements du public australien. « Obtenir cette victoire, vous savez, c'est incroyable », n’en revenait pas celle qui retrouve les quarts de finale en Grand Chelem pour la première fois depuis l’US Open 2012 (battue à ce stade par…Serena Williams, ndlr). Malgré ce succès, le premier après 4 échecs contre la n°1 mondiale, elle refusait de se laisser griser et se projetait vers la prochaine étape.

    Eugénie Bouchard au menu des quarts

     « Le seul but que je veux me fixer, c'est de garder ce niveau et de donner le meilleur de moi-même à chaque match. Il y a des adversaires compliquées, de dangereuses adversaires à chaque tour. Je suis juste heureuse d'avoir atteint les quarts de finale pour la première fois depuis 2008, et ça signifie beaucoup pour moi de le faire de cette manière », ajoute-t-elle.

    Pour poursuivre sa belle aventure, la jolie serbe devra se défaire d’Eugénie Bouchard. Du haut de ses 19 ans, la canadienne confirme les espoirs placés en elle et entend bien bousculer un peu plus la hiérarchie du tennis féminin.

    Christopher Buet


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