• Gymnastique rythmique (18/33)

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    C’est quoi ? Grâce, technique, beauté, finesse et émotions, tels sont les mots d’ordre de la gymnastique rythmique. Discipline au carrefour de la gymnastique et de la danse, celle que l’on appela GRS (Gymnastique Rythmique et Sportive) jusqu’en 1998 vit le jour au XIXème siècle. Se pratiquant de façon sommaire à ses prémices, passant pour une gymnastique de groupe, le sport se développe progressivement et se complexifie alliant des éléments de danse classique (arabesques et pliés), de la méthode allemande très attachée aux agrès pour le développement musculaire et de la méthode suédoise utilisant des exercices libres pour développer le rythme. Avec ces éléments de base, la gymnastique rythmique tend à ressembler à un ballet et devient un spectacle racé tant physique qu’artistique. C’est en 1930 que l’Europe organise les premières compétitions de la discipline mais il faudra attendre 1963 pour assister à la première compétition mondiale à Budapest, 14 après la reconnaissance officielle de la gymnastique rythmique comme sport officiel de compétition.

    La particularité et la difficulté de ce sport réside dans sa variété. En effet, pour y triompher, les gymnastes se doivent de maitriser 4 éléments. En compétition, les concurrentes s’affrontent lors d’une épreuve de qualification dont seules les 8 meilleures sont qualifiées pour le concours général individuel. Comme en patinage artistique, les gymnastes sont appelées à réaliser une chorégraphie sur une musique de leur choix. La chorégraphie est notée et doit respectée l’identité musicale. De même le morceau, forcément classique et instrumental (les voix n’étant autorisées qu’en chœurs sans parole) choisi est évalué. La plus belle interprétation dramatique et technique remporte le concours.

    Rétro 2008 : L’avènement d’une légende et le triomphe d’une nation. Ces Jeux Olympiques de Pékin furent mémorables pour plusieurs raisons. Par équipe déjà, le concours a marqué la confirmation d’une domination outrageuse et sans partage de la Russie. En effet, après ses sacres à Sydney et Athènes, elle triplait la mise en Chine en dominant allégrement le concours général par équipe. Une troisième médaille d’or en 8 ans et la preuve qu’en Russie, la gymnastique artistique est une affaire d’Etat. Mais plus que cette victoire attendue, c’est bien le concours individuel qui marqua cette édition olympique avec l’éclosion d’une prodige de 18 ans. Pour sa première participation à l’épreuve, la jeune fille ne se laisse pas submerger par l’émotion et atomise le concours. Première à chaque engin, elle termine avec pas moins de 4 points d’avance. Un gouffre pour l’avènement de celle qui deviendra la plus grande gymnaste de l’histoire de son sport.

    La Star : Evguenia Kaneïeva, l’impératrice. Pensez à la perle de Omsk en Russie, c’est se souvenir du mythe de Midas, ce roi de la mythologie grecque qui par avarice avait souhaité que tout ce qu’il touche se transforme en or. Avec Evguenia, il n’est pas question de malédiction dorée mais plutôt de bénédiction doré car à seulement  22 ans, la prodige venu d’Omsk a triomphé partout où elle s’est produit.

    Evgenia Kanaeva

    C’est à six ans qu’elle découvre la gymnastique. Fille d’une gymnaste, ce n’est pas sa mère mais bien sa grand-mère qui l’initie à l’art de la gym. En plus de qualité évidente, Evgenia montre un enthousiasme et une générosité sans pareil. Comme dans la vie où elle fut surnommée « Mère Thérésa », elle ne compte pas ses heures d’entrainement et c’est bien souvent seule qu’elle finissait ses séances quand toutes étaient déjà rentrées. Mais le destin d’une championne s’écrit bien souvent à l’écart du commun des « mortels ». Evgenia ne tarde pas à se faire remarquer et part en stage à Moscou avec quelques autres. Là, elle attire l’attention du chef du programme et gagne sa place à l’école de l’Olympic Reserve, à seulement douze ans. L’année suivante est une étape clé dans sa progression. En lice aux Championnats du monde des clubs, elle remporte le titre junior et rejoint Novogorsk, le centre d’entrainement national russe où s’entraine les membres de l’équipe nationale.

    Mais la concurrence y est rude. Eternelle remplaçante malgré un travail acharné et de qualité, Evgenia obtient finalement sa chance en 2007 à la faveur de la blessure de la championne olympique Alina Kabaeva. La jeune fille ne laissera pas passer sa chance. Éblouissant l’assistance par sa justesse, sa technique parfaite et sa rythmique, elle devient championne d’Europe au ruban avant de participer au sacre par équipe et de gagner du même coup ses galons de titulaire. Car Evgenia Kaneïeva est une championne comme une discipline n’en connaît qu’une dans son histoire. Malgré les blessures et un changement du code de pointage, la prodige d’Omsk va asseoir une domination sans partage sur la discipline et forger sa légende à raison de médailles d’or et de record. Tout commence à Pékin où elle devient championne olympique pour sa première participation à l’épreuve. Auréolée de son nouveau statut, elle survole la Coupe du Monde en remportant l’ensemble des manches de la saison. Un exploit qui en fait l’immense favorite des championnats du monde. Loin d’être paralysée par la pression, elle entre dans la légende au Japon, en devenant la première gymnaste de l’histoire a glané les 6 médailles d’or en jeu dans la compétition. A 18 ans seulement, elle devient la gymnaste la plus titré de tous les temps.

    Mais la belle brune ne s’arrête pas là. Aux Championnats d’Europe, cette même année 2009, elle remporte 5 médailles d’or, pour un total de 11. Insensé mais insuffisant pour elle, si en 2010, elle ne parvient qu’à remporter que 4 titres sur 6 à Moscou lors des Mondiaux, victime d’une défaite à la corde (elle y finit seconde) et aux massues, en 2011, elle réédite son exploit réalisé deux saisons plus tôt. A Montpellier, elle vampirise la compétition mondiale et se pare à 6 nouvelles reprises d’or.

    Contrairement à Midas, Evgenia Kaneïeva s’est construit un destin en or, servie par une passion et un investissement sans faille. L’improbable épopée dorée de cet enfant bénie se poursuivra à Londres cet été où elle visera le doublé après son sacre il y a quatre ans. A 22 ans, la gymnastique rythmique a un nom, Evgenia Kaneïeva.

    Bon à savoir : La Gymnastique rythmique est l’une des deux seules disciplines à être strictement réservées aux filles avec la natation synchronisée.

    Le chiffre : 6. C’est un exploit comme le sport n’en voit pas souvent. En 2009, Evguenia Kaneïeva entre dans la légende de la gymnastique rythmique en devenant la première gymnaste de l’histoire de son sport à remporter 6 médailles d’or dans le même championnat du monde. Impériale sur les quatre engins, elle remporte le titre par équipe avec la Russie avant d’écraser le concours général individuel avec près de 6 dixièmes d’avance sur sa dauphine. A 19 ans, la jeune Russe réalise le premier Grand Chelem de l’histoire. Une performance qu’elle rééditera en 2011. Eternel.

    L’anecdote : Comme le football avec Olive et Tom, la gymnastique rythmique connaît elle aussi sa propre adaptation en manga. Cynthia ou le Rythme de la vie, tel est le nom de ce mange paru entre 1985 et 1988. Un animé fut même développé mais faute d'un succès suffisant au Japon, il ne comptera que 19 épisodes, au lieu des 26 prévus à l'origine.

     

    Christopher Buet


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