• L'arche de Wembley

    Cest le cœur lourd mais lesprit lucide et vif que sécrivent ses lignes où chaque mot, chaque lettre est fait du sang de ceux qui ont péri dans une guerre quils nont pas déclenché et encore moins désiré. Comme il paraît futile de disserter sur du football quand en France, les larmes sont les seules choses qui roules sur les joues et aux pieds des petits et des grands, quand en France la peine, la colère et lincompréhension sont les seules expressions qui valent, quand en France un peuple tout entier, 67 millions dâmes, est accablé par la perte. Êtres chers ou inconnus, quimporte, ils étaient Français, ils étaient des vôtres, des nôtres.

    Ce soir, de lautre côté de la Manche, la France, enfin son équipe de football rend visite à s avoisine, son éternelle et amicale ennemie, cette sœur quon sest plu à tourmenter, et inversement, et qui aujourdhui compatit avec nous.

    Alors, on ne va pas parler de tactique, dOlivier Giroud qui joue gros en vue de son avenir en Bleu, du couple Karim Benzema-Mathieu Valbuena et de leur sextape lamentable, du retour de Hatem Ben Arfa après trois ans derrances, de lémergence de Kingsley Coman ou encore du chantier de la défense en passant par la nouvelle coupe de Paul Pogba. On va parler dun match qui dépasse de son cadre. Ce soir, Wembley accueille plus quune énième rencontre de football, il accueille un symbole. Celui dun pays qui nabdique pas, celui dun peuple qui nabdique pas. La France et lAngleterre ne vont pas jouer un simple match, elles vont prouver par le jeu, ce jeu universel qui rassemble tous les peuples à travers le monde, que rien ne peut ébranler la vaillante flamme de lespoir, que rien ne peut entraver la liberté, que rien ne peut abattre la volonté et que rien ne pourra jamais nous faire céder et nous empêcher de VIVRE.

    Jouer ce match, la 40ème de lhistoire entre la France et lAngleterre, cest montrer notre force, celle dun monde libre dans ses idéaux, montrer notre capacité à nous relever, montrer que nous navons pas peur de cette bande de fou furieux incultes se réclamant dune religion quils blasphèment et déshonorent.

    Ne pas jouer cette rencontre aurait signifié leur victoire, il nen sera rien. Na pas jouer cette rencontre, aurait marqué notre soumission, il nen sera rien. A Wembley, nous prouverons notre valeur, notre grandeur. Chose inconcevable, il y a peu, le peuple de sa Gracieuse Majesté entonnera La Marseillaise, dont les paroles seront diffusées sur les écrans géants, avec ses voisins tricolores, signe que quelque chose de plus grand est à lœuvre quune banale rivalité sportive.

    Alors ce soir, oui, il y aura du football à Wembley mais pas que. Jamais le temple du jeu naura aussi bien porter son nom. Le résultat sera anecdotique, seul comptera le jeu et le fait dêtre là, debout à chanter, à rire et à vibrer. Que vous aimiez ou non ce sport, que vous aimiez ou non cette équipe, cela na pas dimportance. Pour ne pas oublier ceux qui nous ont été arrachés violemment, soyez derrière les Bleus. Car cette équipe est le bras armé de notre détermination de vivre libre et à faire ce que nous aimons. Car nous ne céderons devant aucune barbarie. Nayez pas peur, nous sommes avec vous, unis pour notre patrie. Jouez messieurs, jouez pour eux et surtout pour nous tous !

    Christopher Buet


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  • Ribéry, leader d'attaque

    Facile vainqueur de la Finlande (3-0), la France a assuré sa place en barrage. Pour autant, la Coupe du Monde au Brésil apparaît tant les certitudes manquent avant cette ultime étape aller-retour.

    « Il faut vraiment féliciter cette extraordinaire équipe. Elle a fait un match exemplaire. » Visiblement, le sélectionneur de la Finlande Mika-Matti Paatelainen a été conquis par la prestation de la bande à Franck Ribéry. Simple révérence du perdant à son bourreau ou alors analyse recevable, la tendance voudrait à plus de modération que celle du technicien finlandais. Car si la France n’a éprouvé aucune difficulté pour venir à bout d’une très limitée formation finlandaise, juste 56ème nation au classement FIFA, (3-0), elle n’a guère montré un visage complètement rassurant, jouant par intermittence et selon ses envies.

    Ribéry lance les BleusRibéry rassure

    Auréolée de son probant succès contre une médiocre équipe d’Australie (6-0), obtenu vendredi au Parc des Princes, l’équipe de Didier Deschamps se présentait rassérénée après deux matches victorieux et 10 buts inscrits. Une plus grande confiance qui allait marquer les premières minutes de cette ultime rencontre du Groupe I. Bien en place, la France exerçait une belle pression sur un opposant incapable de poser le pied sur le ballon. Avançant dans le camp finlandais, les tricolores ne tardaient d’ailleurs pas à faire céder le verrou bleu et blanc. Sur le côté gauche, Franck Ribéry appelait le ballon, fixait son défenseur, repiquait dans l’axe et décochait une frappe puissante qui venait heurter le bas de la transversale avant de finir sa course dans le but. Un coup de canon aussi violent qu’inattendu qui avait le mérite de lancer les hostilités contre une équipe qui avait résisté à l’Espagne (1-1). Après 8 minutes, la France se rassurait encore un peu plus dans les pas de son homme providentiel. « Il est décisif à tous les matches », indique Jocelyn Gourvenec.

    Flottement coupable

    Une entame réussie qui allait s’évanouir dans un océan d’approximations. Devant au score, les Français ont purement etNasri en difficulté simplement arrêté de jouer et de se projeter, offrant des opportunités à leurs adversaires. « Le plus important était d’assurer le repli défensif », affirmait Samir Nasri après la rencontre. Heureusement que l’ancien marseillais veillait au grain. Seul problème, c’est que sur le terrain, le joueur de Manchester City a brillé par son absence justement dans les phases défensives. Toutes les actions finlandaises sont invariablement passées par le flanc droit de la défense tricolore, là où Debuchy devait lutter seul. D’accord, le latéral de Newcastle s’en est plutôt bien sorti malgré les circonstances mais sans la faiblesse des joueurs offensifs finlandais et un Lloris prépondérant devant Hämäläinen (17ème), le bilan aurait été beaucoup plus cinglant.

    Nasri n’est toutefois pas le seul à blâmer. Si ce dernier a été particulièrement peu à son avantage, son apport offensif interférant avec celui de Mathieu Valbuena, l’ensemble du secteur défensif doit être montré du doigt. La charnière Abidal-Koscielny a montré une porosité inquiétante contre un adversaire de ce calibre. Le Monégasque ne dégage pas la sérénité qu’on attend de lui quand le Gunner a multiplié les erreurs de placements. Autre duo en difficulté : Pogba-Matuidi. L’un et l’autre n’ont pas répondu présent. Le premier a d’évidentes facilités mais fonctionne encore sur courant alternatif. Concernant le second, son activité n’a pas été aussi précise qu’à l’accoutumée. Résultat, une récupération bancale et des espaces pour les milieux finlandais.

    Une attaque revigoréeL'attaque rassure

    Paradoxalement, c’est l’attaque qui s’est le mieux comportée. Muette durant plus de 5 matches avant le voyage en Biélorussie (4-2), elle a dessiné un petit renouveau. D’accord l’animation laisse à désirer mais Ribéry et Giroud l’ont réveillée. Si le Bavarois est le déclencheur de chaque offensive ou presque, le buteur d’Arsenal apporte énergie et allant. Dos au but, il se bat fort et donne du cœur à l’ouvrage. Une implication qui a amené le second but face à la Finlande. Derrière, Loic Rémy a marqué des points. Au relais de Samir Nasri, celui qui ressemble de plus en plus dans son attitude à Thierry Henry a bien occupé son couloir, combiné avec Debuchy et percuté. Un joker qui pourrait bien briguer la place de titulaire à ce rythme. Ce statut, Benzema n’y a plus le droit et ça lui réussit. De nouveau remplaçant, l’attaquant madrilène a fait trembler les filets comme face à l’Australie. Et si finalement, la bonne formule était une équation avec un Benzema en sorti de banc ?

    A un mois des barrages, la France de Didier Deschamps cultive les paradoxes et on peine à l’identifier. Alors que son secteur défensif semblait sûr, c’est lui qui a failli contre la Finlande quand son attaque, longtemps atone, a compensé. Quel que soit l’adversaire que le tirage au sort réservera aux Bleus (Portugal, Croatie, Grèce ou Ukraine), ces derniers devront se montrer plus constants, plus compacts, plus organisés, plus précis et plus inspirés pour composter leur billet pour le Brésil. Les stades auriverde sont encore très loin.

    Christopher Buet


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  • Tout n'est pas gagné pour la France
    Muette depuis 5 matches, l’équipe de France a renoué avec le chemin du but et avec la victoire, mercredi, face à la Biélorussie (4-2). Et si ce succès n’était pas le bout du tunnel et n’était pas, en réalité, le pire qui pouvait arriver à cette équipe ?

    La joie des Bleus

    « Il faut espérer que ce match soit un déclic », lâche le président de la Fédération Française de Football (FFF), Noël Le Graët. « On doit se nourrir de ce que l’on a fait », avance le sélectionneur Didier Deschamps. Après la victoire de l’équipe de France en Biélorussie, l’heure était aux congratulations et surtout au soulagement.

    Ce succès 4-2 à Gomel mettait, en effet, un terme à 5 matches sans victoire pour les Bleus. Mieux, il enterrait le triste record que la France venait d’établir, à savoir 526 minutes atones, 8 heures et 46 minutes d’inefficacité, 31 560 secondes d’un long et interminable supplice, commencé le 22 mars dernier contre la Géorgie (3-1). Grâce au doublé de Franck « le sauveur » Ribéry, un but de Samir « le repenti » Nasri et Paul « le bizuth » Pogba (ça en fait des signes quand même), les Bleus ont renversé la Biélorussie du vieux briscard Alexander Hleb, qui croyait avoir bien refermé le piège « Gomel » en ayant par deux fois mené au score. De quoi positiver, courant après le score, la France a su montrer du caractère pour réagir et finalement triompher. Pourtant, quelque chose ne va pas, le son de cette victoire ne sonne pas juste comme si plusieurs échos dissonants venant ternir l’éclat d’un tintement cristallin.

    Panier percé

    Hugo lloris est passé à côté

    Le premier émane du terrain et de la surface tricolore. Si la défense grince depuis des mois voire des années, il était un poste qui paraissait inébranlable : celui de gardien de but. A Gomel, Hugo Lloris a probablement livré sa pire prestation internationale. Soliste reconnu pour ses démonstrations impeccables, le portier de Tottenham est passé à côté, dans tous les sens du terme si l’on se réfère au second but encaissé où sur une frappe puissante des 25m, il ne parvint à boxé le ballon, ses gants ne faisant qu’effleurer le cuir. Plus tôt dans la soirée, c’est sur un corner que le capitaine des Bleus avait fait étalage de sa fragilité du jour en ne bloquant pas une tête ridicule de Filipenko.

    Orchestre désaccordé

    Si Lloris a pêché, il en va de même pour le reste de l’équipe. Car si quatre réalisations sont venues décorer le tableau d’affichage et contenter les mathématiciens de la FFF, le jeu n’a pas été au rendez-vous. En proie à de récurrentes difficultés, la France a offert un nouveau concert d’approximations, cherchant la bonne mesure. Dépassés dans l’engagement, les hommes de Didier Deschamps ne savaient que faire du ballon, quand enfin ils le récupéraient.

    Ribéry maintient la France à flot

    Difficile de réciter son football quand autour aucune envolée ne vient provoquer les passes, quand aucun appel ne se déclenche, qu’aucun soutien ne vient à hauteur pour porter la voix du jeu. A nouveau, l’animation a failli. « A part Ribéry, personne n’y arrive », confirme le chef d’orchestre de Nantes Michel Der Zakarian dans L’Equipe. Si « le premier violon » bavarois tenait d’emmener tout le monde mais se heurtait à un orchestre aphone.

    Placé sur le flan droit, Dimitri Payet a été d’une confondante médiocrité, ne réussissant jamais à déstabiliser la défense adverse par ses percutions. Le Marseillais n’a guère été aidé par son compère de couloir, Bakary Sagna. L’arrière droit d’Arsenal a fait ce qu’il savait faire : défendre correctement, courir et distribuer les centres comme éclate le maïs dans une poêle. C’est bien beau d’avoir Olivier Giroud au centre mais encore faudrait-il lui offrir des ballons exploitables. Accablé Sagna, seul, ne serait pas juste puisque de l’autre côté Gaël Clichy a été inexistant. Si le Gunner a tenté, le joueur de Manchester City s’est caché, dans les duels, dans ses montées, dans son jeu. Que dire également des milieux de terrains Blaise Matuidi et Paul Pogba. De retour de suspension, ils devaient ramener l’équilibre dans le jeu tricolore, asseoir la supériorité physique et technique des Bleus à la récupération et apporter sérénité et confort. Il faut croire qu’on attendait trop d’eux. Le champion du monde des moins de 20 ans a multiplié les fausses notes dans ses orientations offensives quand le Parisien n’a pas haussé le ton dans la fosse pour imposer son autorité.

    France-Biélorussie

    Ballet d’erreurs

    Malgré ses insuffisances, la troupe française a retrouvé un peu de voix avec quatre buts. Là encore, il ne faut pas se leurrer et les analyser. Car si les filets ont tremblé, ce n’est pas à la suite de brillants enchaînements, loin s’en faut. La première réalisation est ainsi venue d’un pénalty. Certes la passe de Giroud dans la profondeur est belle et la course de Ribéry tranchante mais le contact avec Veremko est plus que léger. Soit. Les trois autres n’ont, en revanche, rien de glorieux. Le doublé du Munichois intervient suite à un centre médiocre de Valbuena à ras de terre. Au premier poteau, Giroud ne parvient à reprendre le ballon et emmène dans sa course son vis-à-vis, derrière un second défenseur se troue quand le gardien ne bouge pas de sa ligne, regardant Ribéry reprendre l’offrande. Un concours de maladresse heureux pour les Bleus.

    Vint ensuite le but de Nasri. Saignant dans son costume de remplaçant, l’ancien marseillais combinait à l’entrée de la surface de réparation avec Ribéry et Valbuena avant de tenter sa chance. Sa frappe enroulée semblait fuir le cadre mais heurtait rapidement une forêt de jambes pour redresser sa course et mourir dans la 

    Pogba et Nasri

    cage biélorusse. Enfin Pogba profitait d’un centre de Valbuena que Koscielny ne parvenait à reprendre de la tête. Le défenseur d’Arsenal essayait alors une reprise du pied gauche, complètement ratée, devant un défenseur complaisant. Par chance, ce tir dévissé retombait devant les pieds de Pogba qui n’avait plus qu’à pousser pour inscrire son premier but après 3 sélections seulement. Alors oui, la France a marqué quatre fois mais elle ne le doit qu’à une certaine chance. Si cette dernière est la marque des champions, elle ne sauvera pas l’équipe de Didier Deschamps à chacun de ses ballets d’erreurs.

    Le vestiaire menace

    Plus loin du terrain, la dernière discordance s’est échappée du vestiaire français. A la fin de la rencontre, tous n’avait qu’une chose à la bouche : le discours de Patrice Evra. Remplaçant éhonté, l’ancien capitaine de Manchester United a brisé le silence qui tenaillait le vestiaire à la mi-temps et trouvé les mots pour remobiliser ses coéquipiers. Ensuite, Ribéry serait aussi intervenu. Rien d’inquiétant à première vue, si ce n’est que ces hommes ne sont autre que les commanditaires de la grève de Knysna. Si Deschamps a minimisé les choses, il en ressort que les cadres que s’est choisie cette équipe soit d’anciens mutins, déguisé pour le moment en joyeux lutins, leader de terrain pour l’un, leader de vestiaire et d’opinion pour l’autre.

    Ribéry et Evra

    Cette initiative d’Evra place le sélectionneur dans une situation délicate puisqu’il ne peut aller contre la volonté d’un groupe qui semble enfin se structurer. Dans le même temps, il ne peut se permettre de lâcher trop de leste et d’abandonner la baguette de chef d’orchestre à des percussionnistes au si lourd passif. La marge de manœuvre est délicate pour le capitaine des Champions du monde 1998.

    Alors que certains parlent de déclic, il se pourrait que ce succès soit un bien pour un mal, empêchant les Bleus de faire une autocritique nécessaire et potentiellement salvatrice. Car là est un écueil à éviter, celui de croire que tout ira mieux, que le plus dur est derrière alors qu’il n’en est rien et que l’ombre du tunnel est toujours plus obscure. Et si cette victoire était finalement empoisonnée…

    Christopher Buet


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  • Wayne Rooney

    Alors que le mercato s’achève le 2 septembre prochain, les clubs français et européens s’affolent pour boucler les derniers dossiers. La semaine s’annonce chargée.

    Le temps file sur la grande horloge du sport et déjà l'heure de clôturer le mercato estival pointe. Grand animateur de l'été footballistique, ce dernier entre dans sa dernière ligne droite. Une dernière semaine de toutes les folies, une dernière semaine en forme de dernière chance avant de se lancer à corps perdu dans la nouvelle saison. A sept jours de la date fatidique, de nombreux dossiers sont encore en suspens en Ligue 1 comme en Europe.

    Paris recherche, plus Monaco

     

    Yohann Cabaye dans le viseur du PSG

    Sur la scène hexagonale, c'est à Paris que la semaine devrait être la plus agitée. Discret à l'exception de la signature d'Edinson Cavani, le plus gros transfert de l'histoire de la Ligue 1, le PSG veut se renforcer, notamment au milieu du terrain. Très apprécié par Laurent Blanc, Yohann Cabaye est la cible n°1 du champion de France mais le dossier est compliqué car Newcastle refuse de laisser partir son international français. Si Arsenal, autre club intéressé, s'est vu refuser sa première offre, le Paris Saint-Germain pourrait rapidement tenter une offensive pour arracher le joueur, qui a refusé de jouer en Premier League depuis la reprise.

    Outre Cabaye, Paris lorgnerait également sur Di Maria (Real Madrid) pour concurrencer Pastore. Au rayon des départs, Sakho, Sissoko et Bodmer sont en première ligne. Le premier pourrait partir en Italie (Milan AC) ou en Angleterre (Liverpool), le second peut-être en Angleterre selon L'Equipe et le dernier aurait des touches à Nice.

    De son côté Monaco, lui, a bouclé son recrutement, ou presque. Une décision doit intervenir dans la journée de mardi concernant le sort de Geoffrey Kondogbia, pour qui Séville réclame 20 millions d'euros.

    Thauvin déchire Lille et Marseille

    Tout avait bien commencé entre Lille et Marseille. Dans une ambiance sereine et professionnelle, ils avaient réglé le transfert de Dimitri Payet (8 millions d'euros). De quoFlorian Thauvini maintenir d'excellentes relations entre les deux clubs. Puis Florian Thauvin est arrivé, s'est senti floué par le départ des cadres lillois et du coach Rudi Garcia (AS Rome). Le champion du monde des moins de 20 ans veut alors partir, l'OM est intéressé et a proposé 8 millions d'euros plus 2 de bonus, pas le LOSC qui a rejeté l'offre et réclame 15 millions. Le joueur excédé entend forcer son départ, apprend-on dans L'Equipe. Une semaine de tension s'amorce entre les deux clubs. Dire que tout avait bien commencé entre eux...

    Autre point chaud du mercato, Lyon. Sur les bords du Rhône, pas d'arrivées en vue mais des départs. La direction du club souhaite se débarrasser de Bafétimbi Gomis notamment et de ses 300 000 euros mensuels. A en croire Jean-Michel Aulas interrogé par RTL, l'ancien stéphanois se verrait bien en Allemagne alors que Newcastle et l'AS Rome seraient intéressés par ses services. Autre indésirable, Jimmy Briand, dont la destination est plus floue.

    Bale se fait attendre, Eto'o à Chelsea?

    Rooney-Di Maria-BaleInterminable, le feuilleton Gareth Bale devrait trouver son épilogue dans la semaine. Comme l'an dernier avec Luka Modric, Tottenham fait mijoter le Real Madrid et ne cèdera qu'au dernier moment, pour empocher le maximum d'argent possible. L'accord devrait se conclure aux alentours des 100 millions d'euros. La signature du Gallois pourrait déclencher une réaction en chaîne dans la maison Blanche, puisque Di Maria devrait faire ses valises. Le PSG mais aussi Arsenal sont sur les rangs. Des Gunners qui tirent à vu puisqu'ils auraient aussi un oeil sur Mesut Özil, à en croire The Sun, comme Manchester United qui va aussi tenter de convaincre Fellaini (Everton). L'hypothèse Iker Casillas serait également d'actualité, le portier espagnol ayant encore été relégué sur le banc en Liga.

    En Angleterre, les regards se tourneront vers Wayne Rooney, à qui Mourinho vient de formuler un ultimatum pour exprimer son désir de le rejoindre à Chelsea ou de rester à Manchester United. Les Blues qui jouent sur deux tableaux. Dans le transfert de Willian, chipé à Tottenham, ils auraient négocié la venue de Samuel Eto'o dans la grande braderie de l'Anzhi Makhachkala. A 32 ans, le Camerounais serait l'un des plus beaux coups de ce mercato estival pour Mourinho, qui connait bien le joueur pour l'avoir dirigé à l'Inter Milan. En Italie et en Allemagne, en revanche, peu voire pas de mouvements en perspective.

    Christopher Buet


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  • Ol Land

    Après 6 ans de procédures interminables, le chantier du Stade des Lumières a été officiellement lancé à Décines. L’occasion de revenir sur les multiples rebondissements du projet « OL Land ».

    Ce 31 juillet 2013 a valeur de symbole pour l’Olympique lyonnais. Sur le site de Décines, le club rhodanien a posé, mercredi, la première pierre de son futur Grand Stade. « On vise l’inauguration le 8 décembre 2015 », a confié, au Progrès, le président Jean-Michel Aulas du bouclage officielle du dossier de financement, le 27 juillet dernier. L’aboutissement d’un long combat procédurier. Car durant 6 ans, le septuple champion de France a défendu son projet contre les associations de riverains qui se sont insurgés contre le projet « OL Land », impliquant la construction d’un stade flambant neuf et d’une multitude d’équipements (parkings, hôtels, transports…).

    2004, un rêve nommé « OL Land »

    grandstade2Tout commence en 2004. A la tête du triple champion de France en titre, Jean-Michel Aulas souhaite poursuivre le développement du club. Pour ce faire, il émet l’idée de quitter un Gerland (41 000 places) devenu exigu au regard de ses ambitions européennes et de construire un nouveau stade, plus grand et moderne au cœur d’un projet économique impliquant restauration, hôtellerie et loisirs. Si le concept d’« OL Land » voit le jour à cette période, il faut attendre trois ans avant qu’elle ne prenne corps.

    2007, les bases

    Le 9 février, Lyon devient le premier club français à entrer en bourse. La société OL Groupe, créée en 1999 et qui gère les affaires lyonnaises, profite de cette action pour lever 93,7 millions d’euros et lancer (enfin) « OL Land ». Quatre jours plus tard, l’OL annonce que Décines, petite ville dans la banlieue lyonnaise, a été choisie pour accueillir le futur complexe sportif des Gones. A l’été, le 9 juillet, on assiste à l’ouverture d’une délibération afin de réviser le plan local d’urbanisme (PLU) de Décines. Si le projet lyonnais avance, plusieurs riverains commencent à s’y opposer.

    2008, le début des ennuis

    Rapidement, les choses se gâtent pour le club lyonnais. Un an après l’ouverture d’une délibération, une commission projet-grand-stade-lyon--ol-land1d’enquête est diligentée. Le rapport de cette dernière se montre « défavorable »à l’action entreprise de réviser le PLU de la ville. Un coup d’arrêt temporaire. Moins de deux mois après ce premier verdict, le commissaire-enquêteur revient sur son jugement et prononce un avis favorable « sous réserves ». Face à tant de difficultés, Jean-Michel Aulas menace. « Si les travaux n'ont pas commencé dans deux ans, année de la Coupe du monde, je quitterai la présidence du club et partirai ailleurs. Si pour des raisons politiques et politiciennes, il faut mener mon projet ailleurs, je le ferai », prévient-il le dirigeant dans Le Progrès. Les associations de riverains, eux, s’offusquent et dénoncent des pressions politiques de la part de l’Olympique Lyonnais, sans pour autant pouvoir le prouver. Résultat, le projet continue d’avancer avec la bénédiction des autorités.

    2009, premières batailles judiciaires

    Mais cette volte-face n’est que le prélude d’une lutte qui va s’intensifier. Mécontent, l’association des Contribuables actifs de Lyon (Canol) publie, en mars, un rapport répertoriant l’ensemble des nuisances que causerait le projet « OL Land ». Sans effet. Le 4 juin, la commission des affaires économiques rédige un amendement, dans le cadre du projet de loi sur le développement et la modernisation des services touristiques, rendant d’intérêt général, la construction des enceintes sportives de l’Euro 2016 et et donc celle du Stade des Lumières. Une semaine plus tard, Philippe Meunier (député UMP de l’Est lyonnais) fait rejeter l'amendement par une commission mixte paritaire, comme il l'avait fait en janvier avec un autre amendement visant à accélérer la construction du Grand Stade. Les financements sont gelés.

    En juillet, le Grand Lyon adopte une première révision du PLU. Quelques mois plus tard, celle est annulée, tout comme la délibération de la communauté urbaine, ouverte en juin 2007, dont le but était la révision du PLU. Malgré cette décision, le maire de Lyon Gérard Collomb annonce une troisième procédure de révision pour janvier et la fin des travaux le 8 décembre 2013. On est loin du projet initial qui prévoyait une inauguration en 2010.

    ol-land22010, le PLU validé

    Les résultats de la seconde enquête publique pour la troisième révision du Plan Local d’Urbanisme de Décines tombent en avril et se montrent défavorable, en avril, à la construction de la future enceinte. Le commissaire enquêteur critique le choix du tramway par rapport à un plus gros dispositif de transport en commun et le recours à un financement public pour un projet privé. Le verdict est dur mais une troisième enquête publique est déjà programmée pour l’automne.

    En septembre, les opposants à « OL Land » passent à l’action. Le 21, ils simulent la circulation des navettes un soir de match sur le site de Décines pour prouver la gêne qu’occasionnerait ce genre d’évènements. Une action suivie, quatre jours plus tard, par une centaine de personnes, défilant plus classiquement dans les rues de Lyon, pancartes en main. Des protestations vaines puisque, le 30 novembre, les élus du Grand Lyon valident la révision du PLU décinois. L’OL fait un premier pas vers l’obtention du permis de construire.

    2011, le projet pour Vinci

    Le 18 janvier, le club rhodanien dépose son dossier de demande de permis de construire et espère voir les travaux Ol-land 3commencer le 1er septembre avec toujours une livraison au second semestre 2013. Tout s’accélère. En avril, l'OL obtient du Grand Lyon la cession de 318.935 mètres carrés de terrain pour 14,7 millions d'euros (TTC), soit 40 euros le m2 (hors taxes). Un mois plus tard, le projet lyonnais est retenu par la Fédération Française de Football (FFF) comme l’un des neuf stades destinés à accueillir l’Euro 2016. Trois jours plus tard, Le 23 mai, "OL Land" se voit accorder par Chantal Jouanno, ministre des Sports, une Déclaration d'Intérêt Général (DIG), document indispensable à la réalisation de travaux nécessitant des investissements publics sur des propriétés privés.

    Cependant, en juin, l’association « Canol », auteur d’un rapport à charge deux ans plus tôt, dénonce le prix de cession ridicule du Grand Lyon pour des terrains dont le prix du m² est estimé à 240 euros, six fois plus que celui de vente. Qu’importe, le 26 juillet, Lyon poursuit ses avancées et révèle que le géant du BTP Vinci va se charger de construire le Stade des Lumières. Fin décembre, une nouvelle révision du PLU est adoptée après une évolution de la carte des risques sismiques.

    2012, les travaux commencent

    Débuts des travauxLes évènements positifs s’enchaînent. Dès janvier, le préfet signe cinq déclarations d'utilité publique (DUP) concernant le tramway (T3) les accès routiers, l’aménagement d’un parking et la construction d’un échangeur, lançant à merveille l’année 2012 pour l’OL. Et comme une bonne nouvelle n’arrive pas seule, le 3 février, le maire de Décines signe le permis de construire (acte validé plus tard par le tribunal lyonnais), et prévoit un début des travaux en mars.

    C’était sans compter sur une opposition toujours virulente. Après plusieurs recours retardant le gros œuvre,trois plaintes sont déposées, le 26 juin, pour dénoncer la validité de la DIG signée par le Ministère des Sports en mai 2011. Le 27 juillet, le tribunal administratif de Lyon les rejette. Malgré un financement non finalisé, les travaux débutent le 22 octobre avec le terrassement du terrain, préalable à l’installation des fondations du stade. La fin du projet est repoussée à fin 2014 mais continue de prendre forme.

    2013, projet bouclé, opposition vaincue

    Alors que tout semble réglé, « OL Land » déraille à nouveau,OL Land 4 le 10 janvier. Le tribunal administratif de Lyon annule « les décisions de signer les actes de vente, les promesses ou tous actes de toutes natures qui seraient la conséquence de la délibération" sur la cession des terrains de Décines à la Foncière Montout, filiale de l'OL et stoppe les travaux. Ils reprennent un mois plus tard, quand les élus du Grand Lyon revalident la cession des terrains. Un contretemps suivi d’un second. repousse huit recours concernant des "opérations d'accessibilité au stade", le tribunal approuve la contestation de l'utilité publique d'une extension du tramway T3.

    La dernière péripétie en date remonte à mai. Le 31, le Conseil général du Rhône s’inquiète du montage financier du projet et retire sa subvention de 40 millions d'euros. En urgence, Jean-Michel Aulas clarifie la situation et convainc le Conseil de revenir sur sa décision, le 19 juillet. « C’est le dossier le plus difficile de ma vie d’entrepreneur » confesse le président lyonnais, le 26 juin en conférence de presse. Dans deux et demi, le dossier sera définitivement clos et Lyon aura sa nouvelle maison.

    Budget : 405 millions d’euros pour le stade des Lumières

    -         135 millions d’euros en fond propre

    -         112 millions d’euros de financement obligatoire

    -         136,5 millions d’euros de prêts (auprès de 11 banques)

    -         13,5 millions d’euros de revenus garantis (au constructeur) pendant la construction

    -         8 millions d’euros de location financière

    Les chiffres du Stade des Lumières :

    -         58 000 places

    -         60 buvettes (600 mètres linéaires)

    -         106 loges – 6 000 places VIP

    -         350 places pour les Personnes à Mobilité Réduite

    -         1 km de circonférence de parvis

    -         62 000 m² de toiture

    -         6 678 places de stationnement

    -         5 terrains extérieurs et un demi-terrain couvert ainsi qu’une tribune pour les entraînements publics

    -         2 écrans géants de 72 m²

    -         1 musée

    -         35 évènements par dont environ 26 matches de l’OL


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