• Dispositif de crise à Lille

    Rennes-Lille

    Défaits à Rennes (0-2) pour le compte de la 7ème journée de Ligue 1, au terme d’un match qu’ils auraient pu gagner, Lille a  fermé les écoutilles et a sorti l’attirail du club en crise : mines fermées et discours de circonstance comme un apparat inamovible pour tout club notoire qui traverse un désert sportif.

    « On ne va pas se chercher d’excuses, on est en difficulté ». Au micro de BeIn Sport, les mots de Mathieu Debuchy résonne comme la vérité d’un vestiaire qui peine à comprendre ce qui lui arrive.

    Si le Real Madrid possède en José Mourinho, un acteur né, un manipulateur à même de détourner tous les regards du terrain pour ne les focaliser que sur sa petite personne quand tout va mal, à Lille, pareil illusionniste n’existe pas. Pour parer à l’avidité et au cynisme journalistique, les pontes du Nord ont fait tous sonner le même carillon, après ce nouveau revers à Rennes (0-2). « On a l'impression qu'en ce moment on est maudits, la réussite nous fuit. On frappe le poteau en première mi-temps et la barre en deuxième, alors que Rennes a deux occasions et marque. Il faut faire le dos rond. » lâchait un Rudy Garcia, expulsé pour protestations et dont le regard fuyait ses funestes interlocuteurs. C’était juste avant qu’en fidèle capitaine Rio Mavuba ne se fende d’une intervention aussi laconique que traitresse au micro de Canal + : « La réussite nous fuit. » Deux endroits différents, en conférence de presse pour l’entraîneur, en zone mixte pour l’ancien Bordelais. Mais 4 mots et un mimétisme qui en disent long sur l’état d’alerte d’un vestiaire qui depuis le départ d’Eden Hazard, cet été, ne sait plus, n’y arrive plus.

    Le football n’est pas affaire de coïncidence et le départ du meilleur joueur de Ligue 1 depuis 3 saisons a plongé Lille dans l’incertitude la plus totale. Avant, quand le LOSC peinait, le Belge était là pour rallumer la lumière et sortir l’équipe de l’ornière. Aujourd’hui, il est parti, ses certitudes avec et au Stade de la Route de Lorient, cela s’est vu. Malgré 63 % de possession de balle et plusieurs occasions nettes dont un poteau et une barre, Lille n’est pas parvenu à pourfendre la défense bretonne. Pire, il a vu ses cadres craquer, comme Landreau coupable sur le premier but de Féret. «  Il n'y a rien à dire, on n'est pas en confiance et ça se voit. 7 points en 7 journées, c'est un rythme de relégable.» tranchait Rio Mavuba, sortit sur blessure et probablement forfait pour affronter l’Espagne le 16 octobre avec les Bleus. Un aveu dont personne n’avait besoin pour sentir ce qui couvait.

    A la traine en Championnat (13ème) où son adversaire du soir le dépasse désormais à la faveur d’une meilleure attaque (9 buts contre 8), Lille et Rudy Garcia se tournent vers mardi et l’Europe. « On ne regarde plus le classement en L1, on pense déjà à regagner un match. On veut faire un résultat à Valence. » Entre vouloir et pouvoir, il y a un pas qu’en Bretagne les Dogues n’ont pas franchi.

    Christopher Buet


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