• Bataille royale

    RG
     

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    Injouable depuis des mois, Serena Williams est l’immense favorite de Roland Garros. Dans son ombre despotique, les autres joueuses du circuit n’ont pas perdu espoir et entendent conquérir la terre parisienne.

    Ne nous y trompons pas. La saison a peut-être commencé en janvier dernier avec la tournée Australe et les tournois du golfe, le tout conclu par l’Open d’Australie, mais les festivités du tennis mondial ne débutent réellement qu’au printemps. Un printemps qui a bien du mal à pointer le bout de son nez à l’Ouest de l’Europe et particulièrement en France où s’amorce le grand marathon annuel. Car c’est bien Porte d’Auteuil que ces dames se sont donné rendez-vous pour disputer la deuxième levée du Grand Chelem 2013. Une étape parisienne qui revêt à nouveau une saveur particulière. Car si Victoria Azarenka a confirmé que l’Australie était sa terre d’adoption, la Biélorusse ne règne plus sur le royaume du tennis féminin. La Reine a été chassée sans coup férir de son trône par un tyran américain.

    La voie royale

    Serena Williams

    Oui depuis l’été 2012, la véritable patronne du circuit WTA n’est autre que Serena Williams. À 31 ans, l’Américaine survole littéralement son sujet. Son physique régénéré (elle avait frôlé la mort voilà 2 ans suite à une embolie pulmonaire consécutive à une entaille dans le pied mal soignée), la cadette des sœurs Williams peut se concentrer exclusivement sur son tennis. Un luxe pour une joueuse dont les qualités tennistiques dépassent allégrement l’ensemble de ses adversaires. Parfait alliage de puissance, d’agressivité et de technique, Serena Williams a acquis également une certaine forme de sérénité. Cette plénitude, elle est venue la chercher auprès de Patrick Mouratoglou au lendemain de sa défaite au premier tour de Roland-Garros, l’an dernier face à Virginie Razzano.

    Depuis le début de son association avec l’entraîneur français, l’Américaine écrase tout et tout le monde sur son passage. En l’espace de 12 mois, les chiffres la concernant sont simplement effarants. Ainsi, sur les 70 rencontres qu’elle a disputées, elle en a remporté 67 (soit 96 % de victoires), décrochant pas mois de 10 titres dont Wimbledon, l’or olympique, 

    Serena-venus-williams-roland-garros-2002

    l’US Open et le Masters. Cette saison, c’est bien simple, seules deux filles sont parvenues à la dominer : Victoria Azarenka (Doha) et Sloan Stephens (Open d’Australie). Une préparation idéale avant Roland-Garros renforcée par un parcours sur terre battue, qui n’est pourtant pas sa surface de prédilection, parfait avec des titres aux Masters 1000 de Madrid et Rome. « Serena est un être humain, mais je pense qu’elle joue infiniment mieux qu’il y a un an. Elle est plus affûtée physiquement, elle a plus de cordes à son arc. » assure Patrick Mouratoglou à propos de son élève.

    Cette dernière a d’ailleurs été gâtée lors du tirage au sort. Placée dans la partie haute du tableau, elle ne devrait rencontrer de réelles difficultés qu’une fois les quarts de finale atteints et un possible affrontement avec la puissante allemande Angélique Kerber (n°6), avant une demi-finale contre Agnieszka Radwanska (n°4) ou la finaliste 2012 Sara Errani (n°5), deux joueuses qui ne l’ont jamais battue. La route vers la conquête de son second Roland-Garros, son seul titre ici remonte à 2002, apparaît donc dégagée.

    Vers une guerre ouverte

    Sharapova-Maria-01

    Alors que Serena devrait assujettir sans trop de difficulté sa moitié de tableau, la partie basse n’offre pas la même limpidité. Si tout le monde attend le choc en demi-finale entre Victoria Azarenka et Maria Sharapova, les deux jeunes femmes auront fort à faire pour atteindre le dernier carré.

    Tenante du titre, l’Impératrice russe devrait vivre une première semaine relativement tranquille avant une seconde beaucoup plus électrique. En effet, dès les huitièmes de finale, elle pourrait être opposée à la mobylette tchèque Dominika Cibulkova (n°16). Un premier test avant de se coltiner Samantha Stosur (n°9) finaliste 2011, Jelena Jankovic demi-finaliste 2008 et 2011 ou Petra Kvitova (n°7) pour un remake de la demi-finale de l’an dernier. Un menu de choix, même si la tchèque apparaît un peu en retrait ces derniers temps.

    Vika Azarenka à Paris

     

    De son côté, la Reine Victoria aura droit à un parcours à tendance ascendante avec une montée en gamme progressive. Si les deux premier tours devraient être franchis sans encombre, la double tenante du titre de l'Open d'Australie pourrait ferrailler au troisième avec une Alizé Cornet auréolée de son troisième titre en carrière à Strasbourg avant de rentrer définitivement dans le dur en deuxième semaine avec un possible huitième de finale face à Marion Bartoli et un quart de finale face à Na Li, si la lauréate 2011 se sort du guêpier kazakh Shevdova au troisième tour.

    Aucune chance pour les Françaises ?

    Au milieu de cette flopée de favorites prêtes à en découdre, les Françaises n’ont pas fière allure. Depuis maintenant plusieurs saisons, seule Marion Bartoli fait honneur au camp tricolore et arrive à se frayer un chemin jusqu’en deuxième semaine des tournois majeurs.

    Les Françaises

    Mais en ce mois de mai pluvieux et glacial, l’embellie Bartoli ne devrait pas survenir. Car la N°1 française traverse une crise d’identité et de jeu sans précédent. « Il y a des années où ça se passe moins bien, d’autres où ça se passe mieux », expliquait laconique, une Marion Bartoli déconfite et défaite au premier tour du tournoi de Strasbourg par l’Italienne Camila Giorgi, 88ème mondiale. « On a perdu la stabilité qu’on avait entre nous (…) Je me fais du souci pour elle » s’inquiète Walter en référence au psychodrame de la Fed Cup, à leur rupture et à l’épisode coûteux Novotna-Kuczynska (5 000 € la semaine). Malgré le flou qui l’entoure et un physique précaire (cheville), la n°1 française veut croire que « la roue va finir par tourner. » Pour effacer la piteuse campagne de l’an dernier (ndlr : éliminée au deuxième tour par la Croate Petra Martic), elle aura fort à faire puisque dès les huitièmes de finale, elle pourrait croiser la route de Victoria Azarenka.

    Révélation 2011, Caroline Garcia a eu la chance d’hériter d’une qualifiée pour son entrée en lice mais devrait vite déchanter, puisqu’après Sharapova il y a deux ans, elle devrait affronter la favorite Serena Williams. Guère mieux servie, l’autre espoir du tennis féminin tricolore Kristina Mladenovic devrait défier au second tour Samantha Stosur. Egalement gâtée, Aravane Rezaï. L’ancienne 15ème mondiale s’est vu gratifier de Petra Kvitova, pas un cadeau pour un premier tour.

    A l’aube du début de cette quinzaine, ces dames sont prêtes à pénétrer dans l’arène. Si Serena Williams entend poursuivre sa série de 24 succès consécutifs et prolonger son règne despotique, les souveraines venues de l’Est Vika 1ère et son altesse Maria ainsi que la foule des prétendantes feront tout pour faire choir le tyran américain et s’emparer du trône. À Paris, la succession de Sharapova s’annonce passionnante. Que la bataille royale commence.

    Christopher Buet


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