• Barragiste intermittent

    Ribéry, leader d'attaque

    Facile vainqueur de la Finlande (3-0), la France a assuré sa place en barrage. Pour autant, la Coupe du Monde au Brésil apparaît tant les certitudes manquent avant cette ultime étape aller-retour.

    « Il faut vraiment féliciter cette extraordinaire équipe. Elle a fait un match exemplaire. » Visiblement, le sélectionneur de la Finlande Mika-Matti Paatelainen a été conquis par la prestation de la bande à Franck Ribéry. Simple révérence du perdant à son bourreau ou alors analyse recevable, la tendance voudrait à plus de modération que celle du technicien finlandais. Car si la France n’a éprouvé aucune difficulté pour venir à bout d’une très limitée formation finlandaise, juste 56ème nation au classement FIFA, (3-0), elle n’a guère montré un visage complètement rassurant, jouant par intermittence et selon ses envies.

    Ribéry lance les BleusRibéry rassure

    Auréolée de son probant succès contre une médiocre équipe d’Australie (6-0), obtenu vendredi au Parc des Princes, l’équipe de Didier Deschamps se présentait rassérénée après deux matches victorieux et 10 buts inscrits. Une plus grande confiance qui allait marquer les premières minutes de cette ultime rencontre du Groupe I. Bien en place, la France exerçait une belle pression sur un opposant incapable de poser le pied sur le ballon. Avançant dans le camp finlandais, les tricolores ne tardaient d’ailleurs pas à faire céder le verrou bleu et blanc. Sur le côté gauche, Franck Ribéry appelait le ballon, fixait son défenseur, repiquait dans l’axe et décochait une frappe puissante qui venait heurter le bas de la transversale avant de finir sa course dans le but. Un coup de canon aussi violent qu’inattendu qui avait le mérite de lancer les hostilités contre une équipe qui avait résisté à l’Espagne (1-1). Après 8 minutes, la France se rassurait encore un peu plus dans les pas de son homme providentiel. « Il est décisif à tous les matches », indique Jocelyn Gourvenec.

    Flottement coupable

    Une entame réussie qui allait s’évanouir dans un océan d’approximations. Devant au score, les Français ont purement etNasri en difficulté simplement arrêté de jouer et de se projeter, offrant des opportunités à leurs adversaires. « Le plus important était d’assurer le repli défensif », affirmait Samir Nasri après la rencontre. Heureusement que l’ancien marseillais veillait au grain. Seul problème, c’est que sur le terrain, le joueur de Manchester City a brillé par son absence justement dans les phases défensives. Toutes les actions finlandaises sont invariablement passées par le flanc droit de la défense tricolore, là où Debuchy devait lutter seul. D’accord, le latéral de Newcastle s’en est plutôt bien sorti malgré les circonstances mais sans la faiblesse des joueurs offensifs finlandais et un Lloris prépondérant devant Hämäläinen (17ème), le bilan aurait été beaucoup plus cinglant.

    Nasri n’est toutefois pas le seul à blâmer. Si ce dernier a été particulièrement peu à son avantage, son apport offensif interférant avec celui de Mathieu Valbuena, l’ensemble du secteur défensif doit être montré du doigt. La charnière Abidal-Koscielny a montré une porosité inquiétante contre un adversaire de ce calibre. Le Monégasque ne dégage pas la sérénité qu’on attend de lui quand le Gunner a multiplié les erreurs de placements. Autre duo en difficulté : Pogba-Matuidi. L’un et l’autre n’ont pas répondu présent. Le premier a d’évidentes facilités mais fonctionne encore sur courant alternatif. Concernant le second, son activité n’a pas été aussi précise qu’à l’accoutumée. Résultat, une récupération bancale et des espaces pour les milieux finlandais.

    Une attaque revigoréeL'attaque rassure

    Paradoxalement, c’est l’attaque qui s’est le mieux comportée. Muette durant plus de 5 matches avant le voyage en Biélorussie (4-2), elle a dessiné un petit renouveau. D’accord l’animation laisse à désirer mais Ribéry et Giroud l’ont réveillée. Si le Bavarois est le déclencheur de chaque offensive ou presque, le buteur d’Arsenal apporte énergie et allant. Dos au but, il se bat fort et donne du cœur à l’ouvrage. Une implication qui a amené le second but face à la Finlande. Derrière, Loic Rémy a marqué des points. Au relais de Samir Nasri, celui qui ressemble de plus en plus dans son attitude à Thierry Henry a bien occupé son couloir, combiné avec Debuchy et percuté. Un joker qui pourrait bien briguer la place de titulaire à ce rythme. Ce statut, Benzema n’y a plus le droit et ça lui réussit. De nouveau remplaçant, l’attaquant madrilène a fait trembler les filets comme face à l’Australie. Et si finalement, la bonne formule était une équation avec un Benzema en sorti de banc ?

    A un mois des barrages, la France de Didier Deschamps cultive les paradoxes et on peine à l’identifier. Alors que son secteur défensif semblait sûr, c’est lui qui a failli contre la Finlande quand son attaque, longtemps atone, a compensé. Quel que soit l’adversaire que le tirage au sort réservera aux Bleus (Portugal, Croatie, Grèce ou Ukraine), ces derniers devront se montrer plus constants, plus compacts, plus organisés, plus précis et plus inspirés pour composter leur billet pour le Brésil. Les stades auriverde sont encore très loin.

    Christopher Buet


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