• Athlétisme (32/33)

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    C’est quoi ? Avec la lutte et le pentathlon, l’Athlétisme est l’incarnation même du sport olympique, le garant d’une tradition héritée des Jeux Antiques (où les trois figuraient) et l’incarnation parfaite de la devise olympique « Citius, Altius, Fortius » (Plus vite, plus haut, plus fort). Ce qui caractérise l’athlétisme, c’est avant tout son accessibilité. Courir, sauter, lancer sont des pratiques qui remontent à la nuit des temps et que l’homme a toujours a toujours fait. Si les hommes se sont toujours affrontés pour savoir qui couraient le plus vite, qui était le plus fort… les premières compétitions d’athlétisme remontent au VIIIème avant J-C sous la Grèce Antique ; il s’agit des agônes dont on connaît les vainqueurs depuis 774 avant J-C. Ces agônes sont, en fait, des Jeux organisées par chaque cité.

    L'athlétisme moderne se compose d'une variété de courses, de sauts, de lancers, de marches et d'épreuves combinées disputées ensemble, à l'occasion de meetings. Cette évolution a liue au XIXème siècle lorsque le sport et l'exercice sont intégrés au programme éducatifs des écoles et des collèges militaire. Les premières rencontres recensées ont lieu en 1840, dans le Shropshire en Angleterre. Ce n'est qu'au cours des années 1880 que les championnats spécifiques se multiplient aux USA, en Angleterre, en Europe et dans les autres pays développés.Au cours du XXème siècle, la pratique de l'athlétisme, restreinte aux Etats-Unis, à la Grande Bretagne, à la France et aux pays Scandinaves se mondialisent. Les premiers athlètes de couleurs émergent à cette époque. En 1932, Eddie Tolan deviendra le premier noir champion olympique du 100m, 4 ans avant Jessie Owens

    S'il fallait résumer l'athlétisme en compétition, il s'agit d'un panaché d'épreuves de courses, de lancers et de sauts. Ainsi, on retrouve des épreuves de vitesse dite de sprint allant du 100m au 400m en passant par le 110m haies ou le 200m, des épreuves de demi-fond (800m, 1 500m et 3 000m steeple) et des course de fond (5 000m et 10 000m, plus le marathon et la marche en grands championnats). Oublié la piste et les épreuves de saut se présentent ; parmi lesquelles : la perche, le saut en hauteur, le saut en longueur, le triple saut. Il éxiste également des épreuves de lancers avec le poids, le marteau et le javelot. On compte aussi des disciplines combinées avec l'heptathlon pour les femmes et le décathlon pour les hommes.

    Rétro 2008 : Et la Foudre frappa trois fois. Il est simple d’évoquer les Jeux Olympiques de Pékin en s’attardant sur l’éclosion d’un OVNI, d’un athlète hors norme qui a illuminé de sa classe une compétition 

    Usain Bolt

    d’athlétisme au demeurant toujours aussi riche. Car oui, s’il fallait ne retenir qu’une image de cette compétition et de ce Nid d’Oiseau, c’est bien cette ligne droite et ce geste irréel où du poing, un Jamaïquain aérien et comme seul au monde, se frappa le cœur en signe de victoire et de supériorité. Un geste fort à l’adresse d’un public soufflé et enamouré. En 9’’69, Usain Bolt venait de conquérir toue la planète athlétisme et le cœur des amoureux de sport. 9’’69, suspendu dans l’espace et le temps, 9’’69 pour l’éternité. Bolt n’était plus simplement Usain mais bien Lighthing. Mais l’histoire n’allait pas s’arrêter là. Trimballant sa décontraction inédite dans l’univers fermé du sprint masculin, il frappait plus fort encore en avalant le 200m en 19’’31, battant l’une des marques mondiales les plus mythiques de l’athlétisme. Pour un centième, il effaçait Michael Johnson. Un dernier record du monde et une dernière médaille d’or avec le relais 4x100m venait parachever des jeux olympiques parfaits. Une légende était née et venait de se découvrir un nouveau patron. Mais résumer Pékin à la seule performance du Jamaïcain ne serait pas juste et serait une insulte aux autres athlètes.

    Chez les hommes, la quinzaine olympique fut marquée par l’avènement de Kenenisa Bekele. Coureur à la foulée ample et à l’incroyable élégance, l’Ethiopien concrétisait sa domination sans partage sur le demi-fond mondial en devenant double champion olympique sur 5 000 et 10 000m. Deux chefs d’œuvre signés d’un tir 

    Isinbayeva triomphe à Pékin

    de fusil imaginaire exécuté par ses soins. Dans le mille, Bekele s’offrait un aller simple vers l’éternité. Autre fait marquant mais plus dur, la chute de Liu Xiang. Arrivé en héros, il allait déchirer le cœur de tout un peuple dans un simulacre pathétique de 110m haies. Blessé, il ne pourra concourir et quittera Pékin par la plus petite des portes.

    La compétition féminine réserva aussi son lot d’évènement, à commencer par la perche. Dans l’interminable nuit pékinoise, Elena Isinbayeva étira le suspense jusqu’à son extrême limite, malgré un titre acquis depuis déjà longtemps, et offrit un moment d’absolu aux spectateurs. Devant un Nid d’Oiseau suspendu à sa perche, elle s’envola à son dernier essai et franchit dans un cri d’allégresse et une explosion indescriptible 5.05m (nouveau record du monde). En larme, elle était une double championne olympique au panache exceptionnel. En sprint, Shelly-Ann Fraser et Veronica Campbell ont assis la domination jamaïcaine quand Tirunesh Dibaba étendait celle de l’Ethiopie sur le demi-fond, réalisant le doublé 5 000-10 000.

    La Star : Usain « Lighting » Bolt, toujours plus vite. A lui seul, il incarne l’une des maximes de la devise olympique. Difficile de dire quelque chose qui n’ait été encore dite sur le champion jamaïcain. Il n’aura fallu qu’un peu plus de 9’’ pour qu’Usain Bolt rentre dans les cœurs du monde entier et s’affiche en lettre d’or dans les livres d’histoire. 9’’, ce n’est rien mais tout à la fois. Une fraction de temps, une larme dans l’immense sablier que constitue l’espace temps mais une éternité dans le microcosme du sport.

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    Loin de Pékin, de la Chine et des Jeux Olympiques, Usain Bolt est né en Jamaïque en 1986. Enfant doué d’une grande taille et d’une belle vitesse, il se signale en sprint à l’âge de 14 ans en réalisant 22’’04 lors des championnats nationaux des lycées en 2001. Deux ans plus tard, il remportera le 200m des championnats du monde junior. L’apogée d’une carrière junior où il ne fut pas ménagé par les blessures. Il lui faudra de nombreuses années pour forger cette musculature qu’il exhibe aujourd’hui avec fierté, ses cuisses mais aussi son dos si souvent sollicité en raison de sa grande taille. C’est en 2007 que le géant de Kingston pointe son mètre quatre-vingt seize. 2008 marquera son entrée fracassante dans le grand monde du sprint. Outre son triplé historique à Pékin et ses trois records du monde, il bat son premier record mondial. Bolt change d’univers après Pékin, il devient la figure

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     de proue d’un athlétisme en quête de rachat et de nouvelles icônes après les affaires de dopage du sprint américain. L’année suivante finira d’asseoir sa légende avec un championnat du monde à Berlin fantastique où il rabote encore un peu plus sa marque sur 100m avant d’éblouir son monde sur 200m (19’’19). L’année 2010 sera celle de la décompression. Devenue une icône, Usain Bolt se déplace telle une star et suscite toutes les convoitises. Invincible, il va pourtant connaître en 2011, une année compliquée en raison de problèmes au départ. Ce départ qui lui fera défaut à Daegu où en finale il se rendra coupable d’un faux départ fatal. Il ne réalisera pas la passe de deux.

    Touché dans son orgueil, Bolt aura à cœur de rétablir sa vérité dans l’été londonien. Son objectif affiché : entrer dans la légende ! Cela passera par de nouveaux sacres et qui sait un nouveau triplé.

    La femme à suivre : Yelena Isinbayeva, la tsarine en terres royales. A Londres la plus grande perchiste de tous les temps tentera l’incroyable pari de réussir la passe de trois en décrochant après 

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    Athènes en 2004 et Pékin en 2008, une troisième médaille d’or à Londres. Si la capitale avait vu commencer le règne de la belle Russe aux yeux d’argent mais aux mains d’or et si Pékin n’avait été que l’éclatante confirmation d’une domination sans partage d’une discipline où dans un cri scintillant elle avait éclairé la nuit pékinoise d’un nouveau record du monde et d’une performance éblouissante au bout de la nuit et du suspense, Londres devra marquer l’apothéose olympique d’une carrière sensationnelle dont le jubilé se tiendra selon toute vraisemblance à Moscou à l’occasion des Mondiaux 2013. Avant cela, avant la nuit de sa carrière d’athlète, il y a le crépuscule rougeoyant et subjuguant d’une athlète qui a dépassé le stade de simple sportive pour s’offrir celui de légende vivante. Sur les bords de la Tamise, la tsarine se plairait à ravir l’or royal comme pour confirmer que la perche ne porte qu’un nom : celui de Yelena Isinbayeva.

    Le Français : Renaud Lavillenie, toujours plus haut. Après la débâcle de Pékin, il y a 4 ans (une seule médaille remportée en argent sur 3 000m steeple), Renaud Lavillenie porte sur ses épaules les espoirs d‘un titre qui fuit l’athlétisme français depuis 1996. Une pression d’autant plus importante que Teddy Tamgho, favori au triple saut, a déclaré forfait. Mais une pression que le Français accepte et se met lui-même. En tête des bilans depuis le début de la saison et champion du monde en salle en mars, il ne rêve que d’or.

    Une ambition qui caractérise bien l’homme né à Barbezier Saint-Hilaire. Malgré une petite taille qui aurait été rédhibitoire dans de nombreux cas, Renaud Lavillenie s’est accroché et a développé sa propre technique. Une technique unique en son genre et qui ne s’applique qu’à lui. « Son style n’est pas drôle, ce n’est pas ça, mais disons très différent. Comme il est plus petit, il a développé sa propre méthode, adaptée à ses qualités. Il y a dix ans, personne n’aurait cru possible d’aller aussi haut comme ça. On pensait qu’il fallait faire comme les russes ou les Français d’avant. Lui, ça tient en trois points : il va super vite, il décolle de très loin sans attendre que la perche plie et lui il met une torsion incroyable ! » analysait son rival allemand Bjorn Otto après le concours des mondiaux en salle d’Istanbul.

     

    Renaud Lavillenie

    Un retour au premier plan qui n’apparaissait pas si évident quand il avait accusé le coup après sa médaille de bronze à Daegu aux Mondiaux 2011 en extérieur. Un coup dur suivi d’une blessure qui aurait pu le marquer. En décembre à l’entraînement, le Français se cassait la main après avoir vu sa perche se briser dans ses mains. Mais Lavillenie est mue par une volonté féroce et par la perspective de l’or olympique. Ainsi après le sacre stambuliote, l’entraîneur du tricolore a assuré que ce titre ne représentait rien et que Renaud devait se focaliser sur les JO. « Ce titre n’en fait pas un favori pour les JO. Il a juste su parfaitement gérer son concours. Il ne faut pas se retourner. Cet été, il ne doit pas s’entraîner pour passer 5.90 mais 6.10m ! »

    Il faut savoir faire preuve d’ambition pour viser haut. L’ambition, Lavillenie et son coach n’en manque pas.

    Bon à savoir : Aux Jeux Olympiques, on compte près de 47 épreuves d’athlétisme. 2 000 athlètes sont également attendus en 2012, chaque nation n’ayant droit qu’à un maximum trois athlètes par épreuve pour le représenter.

    Le chiffre : 600. La plus vieille épreuve jamais disputée est celle dite de la course du stade qui était longue d’environ 192, 27 m, soit 600 fois la longueur du pied d’Héraclès.

    Légende : C’est la victoire de l’esprit sur le corps, celle de la détermination d’un homme. Contraint de vivre en fauteuil roulant durant sa jeunesse en raison d’une poliomyélite, l’Américain Ray Ewry s’est battu et a exercé ses jambes jusqu’à pouvoir marcher normalement et les a renforcer en effectuant des sauts. Comble du bonheur, il a remporté 10 médailles d’or aux jeux olympiques entre 1900 et 1908 dans les épreuves de saut en longueur, saut en hauteur et triple saut.

                  

    Christopher Buet


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