• Andy Murray trouve sa couronne

    Novak Djokovic et Andy Murray US Open 2012

    Après quatre finales de Grand Chelem perdues, Andy Murray a enfin brisé la malédiction en remportant l'US Open. 76 ans après, la Grande Bretagne tient enfin un successeur à Fred Perry.

    On s'attendait à une réaction plus expansive, à une explosion plus en adéquation avec l'attente consentie, mais il n'en fut rien. Tout est resté à l'intérieur contri comme s'il avait du mal à croire à ce qui venait de se passer. Il finit par lâcher sa raquette et s'accroupit, l'air hagard, perdu, contraste saisissant avec le déchaînement et l'hystérie qui s'était emparés des travées du massif Arthur Ashe. Une émotion sincère et si forte que Murray ne parvenait à réellement exprimer.

    Andy MurrayMais qu'importe. Plus que la joie, c'est un soulagement et une fierté que l'Ecossais partageait, celui d'avoir enfin inscrit son nom au palmarès d'un Majeur. « Dans le vestiaire, je me disais: si je perds cette finale ce sera la cinquième (en Grand Chelem) et personne ne l'a jamais fait. Je ne voulais pas être cette personne. Je me suis prouvé que je pouvais gagner un Grand Chelem en tenant près de cinq heures contre un des gars les plus costauds de l'histoire physiquement. » confiait-il. Car ce succès, Andy Murray est allé le chercher avec toute la force, la hargne et la passion qu'il a en lui. Comme souvent ces dernières années, la finale a donné lieu à un marathon infernal poussant les deux hommes dans leurs limites les plus profondes. Mais cette fois, Djokovic le multi récidiviste dur au mal, déjà auteur d'un coup de 5h53 à l'Open d'Australie, n'a pas fait plier un adversaire porté par quelque chose de plus grand que le tennis, par cette appelle de l'éternité.

    « C'était épuisant »

    Il aura fallu 4h54 de jeu, soit la deuxième finale la plus longue de l'histoire de Flushing Meadows (le record de 4h55 est détenu par Willander et Lendl en 1988), de combat contre ce Serbe, imprenable sur dur depuis près de deux ans en GrandNovak Djokovic à terre Chelem, contre ce sentiment d'impuissance et contre ce refrain que l'histoire se plaisait à lui susurrer avec une certaine malignité. L'enfant de Dunblane se mettait le premier en évidence, profitant de l'évidente gêne de Djokovic dont la précision et le jeu était malmené par les bourrasques de vent qui balayait le court central comme la veille. Plus précis et variant le jeu avec une régularité diabolique, usant de ses slices pervers tout autant que d'un coup droit enfin à la hauteur de sa qualité de main, le nouveau n°3 mondial, il sait qu'il détrône Nadal depuis sa victoire face à Berdych en demi-finale, s'imposait au tie-break dans la première manche après 1h27 et cinq balles de set. Dans la seconde manche, il recommençait. Si les points défilèrent très vite pour le voir mener 4-0, on crut le perdre par la suite manquant l'occasion de mener 5-1 et voyant Dojokovic recoller au score. Le Serbe allait toutefois payer son irrégularité et devait de nouveau s'incliner 7-5 cette fois. « C'était épuisant mentalement car à cause des conditions (vent), il fallait être concentré sur chaque point, la balle n'était pas facile à contrôler. Il y avait ça et le fait que j'étais face à un joueur (Novak Djokovic) qui n'avait pas perdu un match sur cette surface en Grand Chelem depuis deux ans. » analysait Murray.

    L'élève rejoint le maître

    L'Ecossais avait raison. Car mené deux sets à zéro, Nole revêtait ses habits d'empereur despotique. Retrouvant l'aisance et Novak Djokovicla précision de l'an passé, il faisait entrer cette finale, sommet tactique, dans une autre sphère. Il tenait mieux l'échange et finissait enfin par faire céder un Murray admirable d'abnégation qui depuis le début du match imposait chaque fois ce coup de plus au n°2 mondial. Mais contrairement à ce smash qui avait finit dans le couloir et offert un break à Murray dans le deuxième set, il ne laissait plus passer ses occasions. Résultats : retour à deux sets partout.

    On croyait alors que le vent avait changé de sens et soufflait en faveur du natif de Belgrade. Pourtant, ce dernier allait céder, abandonner par ses jambes et ce physique qui l'avait porté au pinacle. A court de gaz, il laissait filer Murray vers ce sacre tant attendu et espéré. « Je suis content de m'en être sorti car si j'avais perdu ce match en menant de deux sets, ça aurait été dur à avaler. C'était un mélange d'émotions, j'ai pleuré un peu sur le court. J'ai été plusieurs fois dans la position de gagner (un Grand Chelem) et là, on se demande: Est-ce ça va finir par arriver? Quand ça arrive, c'est de la joie et du soulagement mélangés. » s'étendait le Kim Searschampion olympique.

    Dans le box britannique, sa fiancée Kim Sears ne tenait plus en place, investit comme à son habitude. L'absolu opposé de son coach, l'impassible Ivan Lendl qui pourrait aussi bien faire la même tête un jour d'enterrement. Sous les yeux de Sean Connery ou encore Sir Alex Fergusson, soit deux figures du gotha écoassais, Andy Murray terminait le travail (6-2).

    Comme Lendl, il remportait son premier tournoi Majeur au terme de sa cinquième tentative. Mais plus que ce soulagement, que cet accomplissement, l'Ecossais se délestait d'un poids insupportable et mettait un terme à 76 ans de disette britannique dans le tennis masculin et offrait enfin un successeur au mythique Fred Perry dont le premier titre avait également été à l'US Open en 1933, étrange mimétisme de l'histoire. En s'offrant les lumières de New-York, Andy Murray a gagné son ticket dans la cour des Grands. Après l'or olympique, il devient un acteur Majeur du tennis mondial. Le prince des Highlands a enfin une couronne et elle est magnifique.

    Christopher Buet


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